Posts Tagged ‘Roch Marc Christian Kaboré’

Burkina: rien ne va plus entre policiers et gendarmes au sein du GSPR chargé de la protection de Kaboré

août 11, 2017
Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré lors d’un sommet à Yamoussoukro le 29 juillet 2016. © AFP/Issouf Sanogo

La courant passe mal entre policiers et gendarmes affectés à la protection du président Roch Marc Christian Kaboré, au sein du Groupement de sécurité et de protection républicaine (GSPR).

Une situation que l’Union nationale de la police, (Unapol), qui a révélé l’affaire dans un communiqué lundi 6 août, qualifie de « prise d’otage de la présidence ». Et le syndicat de dénoncer de graves difficultés de collaboration entre policiers et gendarmes.

« Au GSPR, le climat délétère serait le fait d’un certain capitaine Taoko [Patron de la sécurité rapprochée] qui se serait senti vexé par un assistant de police, qui lui aurait tenu tête, dit le communiqué de l’Unapol. Le capitaine dira plus tard qu’il n’avait rien contre lui, mais en revanche qu’il entendait régler des comptes à la hiérarchie policière ». En représailles, dénonce encore le syndicat, le capitaine aurait instruit les gendarmes postés à la guérite d’interdire l’accès de la présidence aux policiers.

Silence des autorités

Contacté par Jeune Afrique, un responsable sécuritaire du GSPR assure toutefois que tout est mis en oeuvre pour ramener la cohésion au sein du corps créé en 2015 pour assurer la sécurité du président du Faso, sur les cendres du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), la garde prétorienne de l’ère Compaoré qui avait perpétré le coup d’État raté du général Gilbert Diendere en septembre 2015.

« Tout ce que je peux vous dire, c’est que des initiatives sont prises pour aplanir ce différend malencontreux. Cela vise à instaurer la cohésion entre les forces, y compris au niveau du commandement », déclare cette source. Qui précise : « Nous sommes mis à la disposition de la présidence du Faso par l’état-major général des armées qui va communiquer sur cet incident via la direction de la Communication de l’Armée.

Pour l’heure, ni la présidence du Faso, ni la hiérarchie militaire n’ont réagi à ces allégations.

Avec Jeunafrique.com

Burkina: l’ex-Premier ministre Isaac Zida rayé de l’armée pour désertion

décembre 30, 2016

 

L’ex-Premier ministre burkinabè Isaac Zida

Ouagadougou – L’ex-Premier ministre burkinabè Isaac Zida sera rayé des forces armées nationales pour désertion en temps de paix, a déclaré jeudi le président Roch Marc Christian Kaboré en annonçant également un prochain remaniement ministériel.

Cette réorganisation du gouvernement prévoit notamment qu’il cède son poste de ministre de la Défense et la nomination d’un ministre exclusivement en charge des questions sécuritaires, a annoncé le président Kaboré qui a déjà nommé mercredi un nouveau chef d’état-major général des armées.

M. Kaboré a également annoncé une réunion en janvier des dirigeants du Niger, du Mali et du Burkina pour gérer le contrôle de nos frontières face à la menace jihadiste qui a touché le Burkina en 2016.

Le général Zida n’est pas rentré (de son exil volontaire au Canada). Il sera passé en conseil de discipline et il sera rayé de l’effectif des forces armées nationales, c’est clair, a déclaré le président Kaboré, dans un long entretien à la télévision nationale marquant son premier anniversaire au pouvoir.

Le général Zida a rejoint en janvier sa famille au Canada à la fin de la transition (décembre 2015) muni d’une permission délivrée par M. Kaboré. Sa permission a expiré depuis le 15 février et le président Kaboré l’a sommé en vain publiquement à maintes reprises de regagner le Burkina Faso. M. Kaboré avait ordonné le lancement de procédures contre lui pour désertion en tant de paix.

Ancien numéro 2 du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’ex-garde prétorienne du président déchu Blaise Compaoré, Zida s’était emparé du pouvoir le 1er novembre 2014 au lendemain de la chute de M. Compaoré.

Après de fortes pressions des partis politiques, d’une partie de la société civile et de la communauté internationale, Zida avait cédé le pouvoir au bout de trois semaines à Michel Kafando, un diplomate à la retraite qui l’a aussitôt nommé Premier ministre. Le régime de transition a pris fin après l’élection de M. Kaboré le 29 novembre 2015.

Mais à quelques jours de la fin de la transition, M. Zida s’est fait nommé général de division en vertu d’une loi, retoquée depuis par le nouveau parlement mis en place avec l’arrivée au pouvoir de M. Kaboré.

En avril, un audit réalisé par l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption sur la gestion de la commande publique indique qu’au total 63,1 milliards de francs CFA (environ 96 millions d’euros), soit 55,33% du montant global des commandes publiques passées pendant la période de la transition ont été faites sur la base d’ententes directes et d’appels d’offres restreints en violation massive des textes.

Le rapport accuse nommément M. Zida, dix-huit membres de son gouvernement et des membres de leur famille de s’être fait attribuer des parcelles dans le quartier chic de Ouaga2000, dans le sud de la capitale. Il a depuis renoncé à ses terrains.

Romandie.com avec(©AFP / 30 décembre 2016 17h15)             

Burkina Faso : Après seulement 100 jours, Roch Marc Christian Kaboré déjà sous le feu de sévères critiques

avril 14, 2016

Roch Marc Christian Kaboré n’a pas eu droit à l’état de grâce souhaité. Seuls les Burkinabé pourront juger s’il s’agit d’une injustice ou non à son endroit. A peine a-t-il fait montre d’habiter, réellement, la fonction que les torrents de critiques ont commencé à pleuvoir sur sa tête. En fonction depuis une centaine de jours, à peine, Roch fait, pourtant, ce qu’il peut et ce qu’il devrait faire, entend-on dans son entourage.

C’est, encore, très difficile de savoir en quoi le Burkina d’aujourd’hui est différent de celui de Blaise Compaoré, mis à part, le changement de tête au palais de Kosyam. On a l’impression que l’administration a gardé les mêmes réflexes et le même style de fonctionnement, sauf que maintenant, le système reposerait, sur trois personnalités : le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, le président de l’Assemblée nationale, Salif Diallo et le ministre d’Etat de l’Administration territoriale, Simon Compaoré. Pour le chef de l’opposition, Zéphirin Diabré, président de l’UPC, qui assène ce coup de massue, c’est « faire du nouveau avec de l’ancien », autrement dit, du « nouveau-ancien ». Beaucoup d’autres ne sont pas loin de penser différemment.

Le MPP, le parti au pouvoir et majoritaire à l’Assemblée nationale, se serait-il arrogé tous les pouvoirs qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Pour une ancienne opposition au pouvoir CDP qui a lutté et obtenu le départ de Compaoré comme on sait, le partage du pouvoir à l’arrivée, fait place à beaucoup d’aigreur.

Roch a intérêt à vite trouver des solutions à ces mécontentements afin qu’ils ne grandissent pas au moment où il a besoin de tout le monde pour re-construire un Burkina Faso nouveau. Il ne peut pas se permettre d’entretenir un front à l’intérieur avec ses camarades d’hier, mécontents de lui, et s’occuper, efficacement, d’un autre front (double) à l’extérieur, à savoir, le terrorisme et le dossier « Côte d’Ivoire » (Soro) et Compaoré du nom de l’ancien président burkinabé détenteur d’une nationalité ivoirienne, pour lui permettre de ne pas comparaître devant la justice burkinabé. Une telle posture serait difficilement gérable.

Dans tous les cas, Roch est un homme nouveau : c’est comme cela qu’il a été perçu, lors de son voyage officiel, en France (notre photo), début avril. Sa présence à la tête du Faso apporte une véritable bouffée d’air frais à ce pays que plus d’un Européen trouve sympathique. Et ce n’est pas le nouveau président qui l’est moins.

Afriqueeducation.com

Valls qualifie d »’exemple pour l’Afrique » l’élection de Marc Christian Kaboré

février 20, 2016

 

cartevoeu

Le Premier ministre français, Manuel Valls, s’est réjoui, samedi à Ouagadougou, de la manière dont s’est déroulée l’élection au Burkina Faso sanctionné par la victoire Roch Marc Christian Kaboré, soulignant qu’un tel procédé était ‘’un exemple pour l’Afrique’’.
« L’élection du nouveau président avait été un exemple pour l’Afrique de l’Ouest et pour l’Afrique, c’est-à-dire l’élection préparée par une transition démocratique et par des élections libres qui n’ont pas donné lieu à des contestations », a déclaré Manuel Valls, au sortir d’une audience avec le président burkinabè.

Selon le locataire de Matignon, arrivé à Ougadougou pour une visite de quelques heures. « les défis du Burkina sont majeurs. Il y a le développement économique où beaucoup de retard a été pris ces derniers temps, de l’agriculture, de l’éducation et de la santé, d’eau et d’assainissement »

‘’Toutes ces questions, a-t-il souligné, attendent le gouvernement de ce pays avec malheureusement un préalable, la sécurité ».

Arrivé ce samedi aux environs de 9h à l’aéroport international de Ouagadougou, Valls a été accueilli par son homologue burkinabè, Paul Kaba Thiéba, accompagné du premier vice-président de l’Assemblée nationale burkinabè, Stanislas Sankara, du ministre de la Sécurité, Simon Compaoré, et du ministre des Affaires étrangères, Alpha Barry.

C’est la première fois que Valls effectue une visite officielle au Burkina Faso.

Apanews.net

 

Burkina Faso: premier gouvernement Kaboré qui sera aussi ministre de la Défense

janvier 13, 2016

Ouagadougou – Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, élu fin novembre, a formé mercredi un gouvernement de trente ministres dans lequel il assume les fonctions de ministre de la Défense, indique un décret publié mercredi matin à Ouagadougou.

Comme le président Blaise Compaoré, chassé en octobre 2014 par la rue après 27 ans au pouvoir, M. Kaboré a choisi de prendre le portefeuille de la Défense et des Anciens combattants.

La réforme de l’armée est une préoccupation dans un pays où l’armée joue un rôle politique prépondérant et dont l’histoire est constellée de coups d’Etat et de tentatives de putsch.

Sept des neuf chefs d’Etat que le pays a connu depuis son indépendance en 1960 étaient des militaires et M. Kaboré est le premier civil à être démocratiquement élu dans ce pays pauvre d’Afrique de l’Ouest.

Le gouvernement dirigé par le Premier ministre Paul Kaba Thiéba, un économiste qui a fait carrière à la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (Bcéao), compte sept femmes dont Hadizatou Rosine Coulibaly Sori, qui était une des favorites pour la Primature. Elle occupera le poste stratégique de ministre de l’Economie, des Finances et du Développement.

L’ancien maire de Ouagadougou pendant 17 ans, Simon Compaoré, est le numéro 2 du gouvernement comme ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité intérieure.

Ancien apparatchik du régime Compaoré comme M. Kaboré, Simon Compaoré est, avec le président de l’Assemblée Salif Diallo notamment, une des figures du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) de Blaise Compaoré (avec lequel il n’a pas de lien de parenté) qui avaient quitté le parti pour former le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP).

Avec le MPP, M. Kaboré a remporté l’élection présidentielle du 29 novembre et le MPP est la première force de l’Assemblée nationale élue le même jour.

Deux journalistes proches du parti présidentiel font partie du gouvernement. Alpha Barry, fondateur de la radio Oméga FM et ancien correspondant de Radio France internationale (RFI) au Burkina, devient ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Burkinabè de l’extérieur.

Rémi Fulgence Dandjinou, directeur général d’une nouvelle télévision privée d’information continue, est ministre de la Communication chargé des relations avec le Parlement.

Deux membres du gouvernement de la Transition mis en place après la chute de Compaoré restent dans l’équipe gouvernementale. Bessolé Réné Bagorro, ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat sous la Transition, devient garde des Sceaux, ministre de la Justice, des Droits humains et de la Promotion civique alors que le professeur Filiga Michel Sawadogo reste ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation.

Deux partis d’opposition, qui ont signé un accord de gouvernement avec le MPP, sont représentés.

L’Union pour la renaissance/parti sankariste (UNIR/PS, se réclamant de l’ancien président burkinabè Thomas Sankara) dont le candidat, Me Bénéwendé Stanislas Sankara, est arrivé quatrième au scrutin de novembre, a obtenu deux portefeuilles: l’Environnement, Economie verte et Changement climatique (Nestor Bassière) ainsi que les Ressources animales et Hydrauliques (Somanogo Koutou).

Tahirou Barry, troisième de l’élection présidentielle (3,09%), prend le ministère de la Culture et du Tourisme.

Outre la stabilisation démocratique du pays, le gouvernement doit faire face au chômage massif et endémique des jeunes (les moins de 30 ans représentent jusqu’à 70% de la population) et à la pauvreté dans un pays de plus de 17 millions d’habitants dont plus de 40% vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Romandie.com avec(©AFP / 13 janvier 2016 14h52)

Burkina: nouvelle date pour la présidentielle fixée au 29 novembre

octobre 13, 2015

Ouagadougou – Initialement prévue le 11 octobre mais reportée en raison du coup d’Etat manqué, l’élection présidentielle au Burkina Faso a été fixée au 29 novembre, ont annoncé mardi deux candidats.

La date du 29 novembre a été retenue par l’ensemble des acteurs politiques du Burkina Faso pour l’organisation des élections législatives et présidentielle, a affirmé Ablassé Ouedraogo, un des candidats à l’issue d’une concertation entre tous les acteurs de la transition au palais présidentiel.

Notre position de base était que les élections se déroulent le 15 novembre (…) La nouvelle date proposée est le 29 novembre, a confirmé Roch Marc Christian Kaboré, un des favoris du scrutin.

Le gouvernement devrait entériner la date mercredi en conseil des ministres.

Ces élections doivent mettre fin à la transition issue de l’insurrection populaire ayant chassé Blaise Compaoré après 27 ans au pouvoir.

Le 16 septembre, trois jours avant l’ouverture de la campagne, des militaires du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’ancienne garde prétorienne de Compaoré, avaient fait irruption au Conseil des ministres prenant le président et le gouvernement en otage avant de proclamer le putsch le 17 au matin.

Parmi leurs revendications figuraient notamment des élections inclusives, c’est à dire l’autorisation d’être candidat pour des personnalités ayant soutenu le projet de réforme constitutionnelle devant permettre à Compaoré de briguer un nouveau mandat.

L’ancien ministre des Affaires étrangères Djibrill Bassolé, dont la candidature à la présidentielle avait été invalidée par le Conseil Constitutionnel, a été inculpé d’attentat à la sûreté de l’Etat et de haute trahison quelques jours après l’échec du coup. Ses avocats ont toutefois nié à plusieurs reprises toute participation de M. Bassolé au putsch.

Quatorze candidats seront en lice pour la présidentielle.

Romandie.com avec(©AFP / 13 octobre 2015 21h10)

Burkina – Ablassé Ouédraogo : « J’ai toutes mes chances à la présidentielle d’octobre »

juin 8, 2015

Ablassé Ouédraogo, ancien chef de la diplomatie burkinabè de 1994 à 1999.
Ablassé Ouédraogo, ancien chef de la diplomatie burkinabè de 1994 à 1999. © Hippolyte Sama/Jeune Afrique

Ablassé Ouédraogo, ancien ministre burkinabè des Affaires étrangères, a été officiellement investi dimanche comme candidat de son parti Le Faso autrement à l’élection présidentielle. Sûr de ses atouts, il est convaincu qu’il peut créer la surprise face aux favoris annoncés : Roch Marc Christian Kaboré et Zéphirin Diabré.

Jeune Afrique : Pourquoi êtes-vous candidat à l’élection présidentielle burkinabè, prévue le 11 octobre prochain ?

Ablassé Ouédraogo : Je me porte candidat parce que je suis un Burkinabè avec plusieurs atouts pour mon pays. Je suis fils de paysan. Comme vous le savez, 80% de la population vit dans le monde rural. Je connais mieux que quiconque les difficultés et les réalités quotidiennes de ces personnes. Au niveau international, j’ai une expérience, des capacités et un réseau qui me permettent d’apporter un plus au processus de développement de mon pays. J’ai longtemps été fonctionnaires des Nations unies et connais toutes les facettes du financement du développement. À 62 ans, je suis considéré comme quelqu’un qui a fini sa carrière professionnelle. Le moment est venu pour moi de me consacrer à mon peuple et à mon pays.

Quelles sont vos chances d’accéder au palais de Kosyam ?

Il n’y a pas de candidat sortant et toutes les candidatures sont portées par de nouvelles personnalités qui se lancent dans la conquête du pouvoir. J’ai toutes mes chances de devancer, au soir du 11 octobre, mes concurrents à cette présidentielle. J’ai trois atouts principaux. Je suis Moagha du plateau central, et les Mossis sont une forte composante du Burkina Faso. Je suis aussi musulman, ce qui n’est pas rien dans un pays où 70% des gens le sont également. Enfin, comme je vous l’ai dit, j’ai un vaste réseau de relations utiles dans le cadre de la diplomatie de développement que nous souhaitons mettre en place.

Votre parti, Le Faso autrement, a-t-il les capacités de de faire face aux « grosses » machines partisanes de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) de Zéphirin Diabré ou du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) de Roch Marc Christian Kaboré ?

Bien qu’il soit un parti « jeune », Le Faso autrement est implanté dans les 45 provinces de notre pays, et dans plus de 300 communes sur 368. Nous sommes donc dans les mêmes dispositions que le MPP et l’UPC. Depuis 2012, nous menons une campagne de proximité pour faire connaître notre parti et le rendre accessible à tous. Nous avons encore du travail de consolidation à faire, mais Le Faso autrement est bel et bien connu et soutenu. Nous n’arrêtons pas de recevoir des demandes d’adhésion des quatre coins du Burkina Faso. Je n’ai aucune inquiétude quant à nos forces face aux partis concurrents.

Le pouvoir ne peut pas se conquérir tout seul au Burkina Faso.

Quels sont vos principaux adversaires pour la présidentielle ?

Difficile de le dire pour l’instant. Ce que nous savons, c’est qu’il y a aujourd’hui cinq candidats déclarés et investis par leurs partis. Il en manque évidemment plusieurs, comme Zéphirin Diabré de l’UPC, Roch Marc Christian Kaboré du MPP, et des candidats de l’ex-majorité qui ne sont pas encore annoncés. Il y aura aussi peut-être des candidatures à titre individuel.

En cas de second tour, avec qui seriez-vous prêt à faire alliance ?

Le pouvoir ne peut pas se conquérir tout seul au Burkina Faso. Il faut obligatoirement des alliances ou des regroupements et nous y travaillons. Les résultats du premier tour seront déterminants dans la composition des alliances pour le second tour. Mais nous sommes réalistes et savons très bien que la présidentielle aura lieu en deux tours.

Sur le plan idéologique, êtes-vous plus proches des sociaux-démocrates du MPP ou des libéraux de l’UPC ?

Je veux être l’homme de consensus qui incarne l’unanimité des Burkinabè, le rassembleur qui sait entendre et écouter pour répondre aux aspirations de tous. C’est d’ailleurs grâce à ces qualités que j’ai pu contribuer de façon positive à la gestion de la crise qu’a traversé notre pays en octobre 2014. Je ne me fais pas de soucis ni de complexes : tous les Burkinabè qui voudront travailler avec Ablassé Ouédroaogo, je les accueille à bras ouverts.

Soutenez-vous l’exclusion de certains candidats à l’élection présidentielle comme le prévoit la nouvelle loi électorale ?

Je voudrais que tout le monde comprenne que le Burkina Faso appartient à tous les Burkinabè. Il est inacceptable que quelqu’un soit ou se sente exclu. Maintenant, si vous parlez de la loi révisant le code électoral qui a été adoptée le 7 avril 2015 par le CNT, cette loi n’exclut aucun parti ni aucune personne. Elle vise des comportements ignobles [la tentative de modification constitutionnelle souhaitée par Blaise Compaoré, NDLR] qui méritent d’être sanctionnés. Chacun récolte ce qu’il sème. Certains ont pensé que Blaise Compaoré pouvait rester éternellement au pouvoir. La réaction du peuple a démontré le contraire. Que ceux qui se plaignent acceptent de se mettre un peu de côté, prennent le temps de réfléchir et attendent leur tour.

Si vous êtes élu président de la République, Blaise Compaoré pourrait-il revenir au Burkina Faso ?

Chaque chose en son temps. Laissez-moi prendre les clés du palais de Kosyam et vous me reposerez la question à ce moment. Je dis juste que tous les Burkinabè ont leur place dans leur pays. Mais naturellement, si des fautes ont été commises, la justice devra les prendre en compte.

Jeuneafrique.com par Benjamin Roger

Burkina Faso : opposants cherchent soutiens

juillet 17, 2014
Zéphirin Diabré, de l'Union pour le progrès et le changement (UPC). © Hippolite Sama pour J.A.

Zéphirin Diabré, de l’Union pour le progrès et le changement (UPC). © Hippolite Sama pour J.A.

Les principaux opposants au président burkinabè, Blaise Compaoré, peinent à mobiliser des soutiens financiers. Pas plus à l’extérieur du pays, qu’à l’intérieur.

De leur propre aveu, les opposants à Blaise Compaoré, dont les figures de proue sont Zéphirin Diabré, de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), et le trio de dissidents du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) au pouvoir, Roch Marc Christian Kaboré, Salif Diallo et Simon Compaoré, ne se sentent guère soutenus. Au Burkina, très rares sont les chefs d’entreprise désireux de financer leurs activités.

Et les chefs d’État de la sous-région ne se pressent pas non plus au portillon. L’Ivoirien Alassane Ouattara les a reçus et écoutés, mais n’a guère apprécié les déclarations virulentes des leaders du MPP à l’endroit de son ami « Blaise » – et il l’a fait savoir. Kaboré, Diallo et Compaoré misaient sur le soutien du Malien Ibrahim Boubacar Keïta, dont les relations avec Compaoré étaient notoirement mauvaises.

Las, les deux hommes se sont rabibochés lors de la visite du Burkinabè à Bamako et à Ségou, fin juin. Reste les anglophones de la région, le Ghanéen John Dramani Mahama et le Nigérian Goodluck Jonathan, moins prudents vis-à-vis de Blaise. Mais, pour l’heure, ils ont d’autres chats à fouetter.

Jeuneafrique.com

Burkina-Faso/Zéphirin Diabré : « La règle c’est deux mandats, et on s’en va »

juillet 7, 2014
Zéphirin Diabré, le 16 janvier 2014 à Ouagadougou. © Sophie Garcia/Jeune Afrique

Zéphirin Diabré, le 16 janvier 2014 à Ouagadougou. © Sophie Garcia/Jeune Afrique

Reconduit à la tête de son parti fin juin, Zéphirin Diabré, le chef de file de l’opposition au Burkina Faso, veut faire barrage au chef de l’État en 2015.

Il sent son tour venir et ne souhaite sans doute pas louper le train en marche. À l’âge de 54 ans, Zéphirin Diabré, leader de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) et chef de file de l’opposition politique, mène la fronde contre Blaise Compaoré, soupçonné de vouloir se maintenir au pouvoir après 2015. Pour Diabré, qui doit désormais composer avec le Mouvement pour le peuple et le progrès (MPP) de Roch Marc Christian Kaboré, un ancien proche du président entré en dissidence, le mot d’ordre est clair : pas de référendum pour modifier la Constitution et faire sauter la limitation du nombre de mandats. Et donc pas de candidature de « Blaise » en 2015.

Jeune afrique : Pourquoi vouloir à tout prix empêcher un éventuel référendum sur la modification de l’article 37 de la Constitution ?

Zéphirin Diabré : Une disposition constitutionnelle doit s’appliquer à tout le monde. Si nous ouvrons cette boîte de Pandore, nous n’en sortirons jamais. Chaque fois qu’un président sera en fin de mandat, il pourra reposer la question. Nous sommes attachés au principe républicain de limitation des mandats. La règle c’est deux mandats, et on s’en va.

Comment comptez-vous empêcher ce référendum ?

D’abord par la dissuasion. Il y a eu un consensus national sur la limitation des mandats présidentiels après la mort de Norbert Zongo [cette mesure a été adoptée en 2000 pour calmer les vives tensions qui ont suivi l’assassinat du journaliste, en 1998]. Depuis, aucune des parties prenantes ne l’a remis en cause, sauf Blaise Compaoré. Nous voulons dissuader nos adversaires de se lancer dans cette aventure inopportune, dangereuse et qui risque d’entraîner des troubles dans le pays.

N’avez-vous pas plutôt peur que le référendum donne raison à Blaise Compaoré ?

Non. Comme je vous l’ai dit, la question principale porte sur l’opportunité de ce référendum. Il y a beaucoup de sujets d’intérêt national sur lesquels nous pourrions faire des référendums, comme l’augmentation du salaire minimum par exemple. Là, la question n’est pas d’intérêt national mais concerne une seule personne sur seize millions de Burkinabè : Blaise Compaoré.

Craignez-vous des fraudes si ce référendum devait avoir lieu ?

Dans ce pays, il n’y a jamais eu d’élections sans fraudes. Mon parti est bien placé pour le savoir.

Jusqu’où irez-vous pour empêcher l’organisation d’une telle consultation ?

Nous sommes des démocrates et nous menons notre action dans un cadre légal. Les Burkinabè pourront estimer que ce n’est pas suffisant, mais ce n’est pas à nous qu’il faudra demander des comptes.

Vous avez tout de même une responsabilité importante…

Jusqu’à aujourd’hui, il n’y a eu ni désordre, ni casse, ni morts lors des manifestations de l’opposition. Nous faisons tout pour maintenir le calme. Mais cela ne veut pas dire que nous serons toujours à même de canaliser les gens. Il y a une impatience qui monte.

L’année dernière, vous vous êtes aussi opposé à la création d’un Sénat. Pourquoi ?

Je ne vois pas l’utilité d’une deuxième chambre dans notre système démocratique. La manière dont elle est conçue n’apporte rien en termes de diversité démographique. Les jeunes n’y sont pas, les femmes non plus… Elle est surtout destinée à des anciens du parti au pouvoir et coûte très cher : 6 milliards de F CFA [9 millions d’euros] chaque année pour engraisser une centaine de sénateurs.

Comment vous entendez-vous avec les nouveaux opposants du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) que sont Roch Marc Christian Kaboré, Simon Compaoré et Salif Diallo ?

D’abord, ces trois personnes représentent un parti sur les trente-six qui composent l’opposition. C’est vrai que, pour vous, le fait qu’ils viennent du parti au pouvoir en fait un sujet médiatique. Mais l’opposition existait avant qu’ils n’arrivent.

Ne vous font-ils pas un peu d’ombre ?

Comment voulez-vous qu’ils me fassent de l’ombre ? Ils sont venus se joindre à l’opposition. S’ils l’avaient voulu, ils auraient pu créer un autre front.

Roch Marc Christian Kaboré est-il un concurrent ou un allié ?

Je ne sais pas. Il faut lui demander. Nous sommes contents qu’il se joigne à nos positions après avoir été de l’autre côté de la barricade.

Roch Marc Christian Kaboré, Simon Compaoré et Salif Diallo sont-ils bien placés pour critiquer Blaise Compaoré après l’avoir servi pendant des lustres ?

Ce n’est pas à moi de juger mais à l’opinion de le faire. Nous menons un combat avec une plateforme politique. Quiconque dit clairement qu’il s’y rallie est le bienvenu. Si un proche de Blaise Compaoré déclare demain qu’il veut rejoindre l’opposition, nous sommes preneurs.

Vous êtes un Bissa dans un pays où les Mossis sont majoritaires et influents. Pensez-vous que votre origine ethnique soit un handicap ?

Je n’ai jamais réfléchi à la question.

Serez-vous candidat à la présidentielle ?

L’UPC aura un candidat. Mais ce qui est sûr, c’est que lorsque l’on fait de la politique et que l’on a créé un parti, c’est pour conquérir et exercer le pouvoir d’État. Je n’ai pas de complexe vis-à-vis de qui que ce soit, même si je n’ai jamais eu la vantardise de penser que j’étais le meilleur.

Si le président Blaise Compaoré ne se représente pas en 2015, assistera-t-on à une guerre des chefs au sein de l’opposition ?

Chaque parti sera libre de présenter son candidat. Vous ne pouvez pas demander à des gens de ne pas avoir d’ambitions et de ne pas les afficher. Toutefois, il faudra que nous trouvions un accord au sein de l’opposition.

Quel peut-être l’avenir de Blaise Compaoré s’il quitte la présidence ?

Il sera ancien chef d’État et bénéficiera des privilèges qui sont liés à cette fonction. Je ne pense pas qu’il encoure un risque particulier. Nous avons besoin de son expérience et de son savoir-faire pour les années à venir.
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Jeuneafrique.com propos recueillis à Ouagadougou, par Benjamin Roger

Burkina Faso : Compaoré en pleine zone de turbulences

mars 4, 2014

Le président burkinabè, Blaise Compaoré, est confronté à une fronde sans précédent. D’anciens cadres de son parti ont rejoint les rangs d’une opposition requinquée. En cause : sa volonté supposée de se maintenir après 2015, terme constitutionnel de son dernier mandat.

Un médiateur au pays du médiateur, cela ne s’invente pas. En l’espace de quelques semaines, le président burkinabè, qui, ces dernières années, a prodigué ses bons offices dans la quasi-totalité des pays de la sous-région traversant une crise politique, est passé de l’autre côté de la barrière. Aujourd’hui, c’est lui qui a besoin d’un arbitre pour régler « sa » crise. En l’occurrence, le seul de ses prédécesseurs encore en vie, l’éphémère président de la période présankariste, Jean-Baptiste Ouédraogo. Fin janvier, ce dernier est sorti de sa longue retraite politique pour tenter, avec trois dignitaires religieux, de renouer le dialogue entre une opposition de plus en plus forte et un président plus affaibli que jamais.

Tout est allé très vite. Il y a six mois, le Burkina était, aux yeux de la communauté internationale, un îlot de stabilité dans un océan d’incertitudes. Après la vague de manifestations de 2011, le climat social était apaisé. Seule l’université, éternel volcan en ébullition au Burkina, représentait un motif d’inquiétude pour le régime. Quant à l’armée, que le chef de l’État a lui-même reprise en main après les mutineries de 2011, elle semblait ne plus être une menace. Les élections municipales et législatives de décembre 2012 avaient confirmé la mainmise du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, au pouvoir) sur la vie politique, même si l’opposition en était sortie requinquée. Et les résultats économiques du pays sont cités en exemple.

Mais tout le monde savait que ce solide édifice – dont même les opposants les plus acharnés louent certaines vertus, notamment les avancées démocratiques – ne tenait qu’à un fil. Ou plutôt à une question : celui qui dirige le pays depuis plus de vingt-six ans va-t-il se représenter en 2015 ? En l’état, la Constitution le lui interdit, son article 37 limitant à deux le nombre de mandats présidentiels. Mais le 12 décembre, au lendemain de la fête nationale, Blaise Compaoré a brisé le silence qu’il s’imposait depuis des mois sur le sujet. En déclarant que « la Constitution n’interdit pas de modifier l’article 37 » et que, si les acteurs politiques ne s’accordaient pas sur cette question, il pourrait recourir au référendum, il a tombé le masque. Et ouvert la boîte de Pandore.

75 membres du bureau politique démissionnent avec fracas

* Article publié dans le Jeune Afrique N°2772 en kiosque du 23 février au 1er mars

Trois semaines plus tard, son parti implose. Le 4 janvier, 75 membres du bureau politique du CDP démissionnent avec fracas, dont 3 des principaux architectes qui, avec Compaoré, ont façonné son régime pendant deux décennies : Roch Marc Christian Kaboré, qui fut longtemps considéré comme son dauphin, dirigea le CDP pendant treize ans et présida l’Assemblée nationale pendant dix ans ; Salif Diallo, son ex-bras droit, qui connaît tous les secrets de Blaise ; et Simon Compaoré, l’une des figures les plus populaires du CDP, qui fut maire de Ouagadougou pendant dix-sept ans. Tous dénoncent la « caporalisation » du CDP et, surtout, la volonté du patron de rempiler en 2015. « Cela faisait des années qu’ils attendaient ce moment, dit un proche du président. Ils pensaient que leur tour était venu. »

Pour l’heure, personne ne connaît l’ampleur de ce qu’Ablassé Ouédraogo, ancien cadre du CDP passé à l’opposition il y a quelques années, a appelé « un séisme ». Les jours suivants, d’autres figures du CDP, dont le député Victor Tiendrébéogo, l’un des ministres les plus influents du Mogho Naba, le roi des Mossis, ont rejoint les rangs des démissionnaires au sein de leur nouveau parti, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Et les départs des cadres locaux se sont multipliés.

Des dizaines de milliers de Burkinabè pour dire non à la création du Sénat et à la modification de l’article 37

Compaoré a senti le vent du boulet lorsque, le 18 janvier, l’opposition et de nombreuses organisations de la société civile (lire pp. 80-82) ont rassemblé, dans les rues des principales villes du pays, des dizaines de milliers de Burkinabè pour dire non à la création du Sénat et à la modification de l’article 37 – de mémoire de suiveurs, du jamais vu depuis l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, en 1998. Ce jour-là à Ouagadougou, le très libéral Zéphirin Diabré, le chef de file de l’opposition, qui incarne le front du refus depuis les législatives de 2012, a marché main dans la main avec le nouvel opposant Roch Marc Christian Kaboré, le sankariste Bénéwendé Sankara et le socialiste Arba Diallo, pendant que les militants du Balai citoyen, peu amènes avec la classe politique, acclamaient Simon Compaoré. L’opposition se dit disposée à dialoguer avec le pouvoir, mais refuse tout compromis sur 2015. Pour elle, Compaoré doit partir. S’il ne le fait pas, « nous marcherons sur Kosyam », annoncent ses leaders. Rien ne dit que cette union de circonstance résistera au temps. Dans l’entourage du président, on pense qu’elle éclatera à l’approche des échéances électorales. Mais l’on admet que sa montée en puissance et la forte mobilisation de la société civile conjuguées aux démissions en masse au sein du CDP « sont de rudes coups ». Et que le président « sait que sa marge de manoeuvre est étroite ».

D’ores et déjà, la bataille d’influence a commencé. Kaboré and Co ont entrepris de séduire les chefs coutumiers et les Églises. Compaoré, lui, cajole les hommes d’affaires et, surtout, les soldats. Juliette Bonkoungou, une figure du CDP qui défend l’idée d’une « transition négociée », rappelle que l’armée est à la tête des systèmes de pouvoir depuis 1966 et que le risque est grand qu’elle décide de jouer les arbitres si le conflit persiste. Or de cet arbitre-là personne ne veut, ni Compaoré, ni ses adversaires, ni les pays voisins.

Jeuneafrique.com par Rémi CARAYOL, envoyé spécial