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RDC-Zambie: l’armée zambienne sommée de quitter le territoire congolais

juillet 27, 2020

 

L’échéance de la communauté de développement d’Afrique australe (Sadc) court jusqu’au 1er août 2020.

La récente descente sur le terrain des experts de la Sadc s’est avérée concluante pour la République démocratique du Congo dont le conflit frontalier avec la Zambie n’a cessé de faire couler beaucoup d’encre. Les réactions de satisfaction enregistrées notamment dans les provinces de l’ex-Katanga sont éloquentes quant aux attentes des politiques et des communautés directement concernées par l’occupation des localités de Kibanga et Kalubamba.

La réaction de la Sadc est consécutive au rapport de sa délégation envoyée dans la province du Tanganyika en date du 22 juillet après avoir été saisie par la RDC du litige frontalier qui l’opposait à la Zambie. Après examen du contentieux frontalier, la Sadc a décidé que les localités de Kibanga et de Kalubamba font partie de la RDC et a exigé le retrait des troupes zambiennes du territoire congolais.

Le gouvernement provincial du Tanganyika s’est réjoui de la tournure heureuse des événements et a rappelé l’harmonie qui a toujours caractérisée les relations entre la RDC et le Zambie. Le porte-parole du gouvernement provincial affirme, par ailleurs, ne pas comprendre les raisons de l’agression de l’armée zambienne. « Ce fut une véritable agression que notre pays a semblé minimiser car, depuis plusieurs décennies, la RDC et la Zambie vivent dans une parfaite harmonie coopérative », a-t-il déclaré.

Selon des sources concordantes, les armées de la RDC et de la Zambie s’étaient affrontées dans le village de Kibanga, dans le territoire de Moba, en mars dernier. Les militaires zambiens, appuyés par leur aviation, avaient même investi depuis le 15 mars ce village et y avaient hissé leur drapeau après avoir descendu celui de la RDC. Cependant, les autorités congolaises et zambiennes avaient opté pour une solution pacifique.

Avec Adiac-Congo par Jules Tambwe Itagali

L’armée rend hommage au soldat français tué au Mali lundi aux Invalides

juillet 26, 2020

Le décès du brigadier Tojohasina Razafintsalama porte à 43 le nombre de soldats français morts au combat dans les opérations «Serval» et «Barkhane».

Le soldat français d’origine malgache tué jeudi 23 juillet au Mali par un véhicule suicide recevra un dernier hommage lundi 27 juillet aux Invalides, à Paris, a indiqué l’armée de Terre.

«RDV demain à 16h30 sur le pont Alexandre III à Paris, ou virtuellement sur nos réseaux sociaux, pour saluer la mémoire du brigadier Tojohasina Razafintsalama», indique un tweet de l’état-major.

Le soldat, qui appartenait au 1er régiment de hussards parachutistes (RHP) de Tarbes, traversera le pont avant l’hommage aux Invalides. Une seconde cérémonie est prévue dans la semaine à Tarbes, où est basé le 1er RHP, à une date qui n’a pas encore été précisée.

Tojohasina Razafintsalama était né le 20 octobre 1994 à Mahazarivo, à Madagascar. Ce célibataire sans enfant s’était engagé avec le 1er RHP en 2018 et avait été envoyé au Mali le 14 juillet dernier.

«Neutralisation» de plusieurs dizaines de djihadistes

Son décès porte à 43 le nombre de soldats français morts au combat dans les opérations «Serval» (2013) et «Barkhane» (depuis 2014), selon l’état-major. Il intervient après celui, début mai, de deux légionnaires de la force française «Barkhane» au Sahel, qui compte quelque 5000 soldats. En novembre 2019, la France avait perdu 13 soldats dans un accident entre deux hélicoptères en opération au Mali.

Ces derniers mois, l’armée française et celles des pays du G5 Sahel ont multiplié les offensives dans la région, en particulier dans la zone dite des «trois frontières» entre Mali, Niger et Burkina Faso.

Elles ont revendiqué la «neutralisation» de plusieurs dizaines de djihadistes, dont en juin l’émir d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), l’Algérien Abdelmalek Droukdel, figure du djihadisme dans la région depuis 20 ans.

Par Le Figaro avec AFP

RDC-Réforme de l’armée : vive controverse autour du remaniement

juillet 23, 2020

Les dernières nominations opérées dans l’armée et dans la magistrature ont, comme il fallait s’y attendre, crispé davantage les rapports entre les deux partenaires de la coalition au pouvoir, à savoir le Front commun pour le Congo (FCC) et le Cap pour le changement (Cach). La tension est montée d’un cran dans les deux camps sur fond d’une controverse autour de la légalité desdites ordonnances présidentielles rendues publiques le 17 juillet.

 

Félix Tshisekedi et les hauts gradés des FARDC

Le débat juridique enfle dans l’opinion quant à sa portée légale et les arguments se déterminent curieusement selon les appartenances politiques. Ce qui est sûr, c’est que Félix Tshisekedi a frappé fort jusqu’à coiffer au poteau ses partenaires du FCC plutôt surpris par sa détermination à faire bouger les lignes. Son engagement à professionnaliser l’armée s’est traduit par des changements notables à la tête de quelques commandements militaires au grand dam de la « Kabilie » dont certains officiers aux ordres se sont vu délester de leurs postes à l’image du célébrissime John Numbi.

Tout ceci n’était pas du goût du FCC qui a vite enfourché la trompette de la contestation. C’est non sans raison que Sylvestre Ilunkamba a piqué une sainte colère estimant avoir été floué dans un dossier dont il ne maîtrisait ni les tenants, ni les aboutissants. En déclarant à partir de la capitale cuprifère où il était en mission officielle n’être pas au courant de ces nominations prises à son insu et sans son contreseing, le Premier ministre a, du coup, jeté l’opprobre sur « son » gouvernement en mettant à nu son dysfonctionnement. En tant que Premier collaborateur du chef de l’Etat tenu par des devoirs de réserve, l’homme aurait du recourir à d’autres canaux que les médias pour manifester sa désapprobation, fait-on observer. Qu’il ait appris comme « monsieur tout le monde » lesdites nominations, cela dépasse tout entendement et suscite bien d’interrogations sur les ressorts de celui qui est censé être informé, en temps réel, de toutes les tractations impliquant son institution.

Pour de nombreux analystes, les arguments qu’évoque le Premier ministre pour récuser les ordonnances présidentielles, notamment le caractère particulier du contreseing qui relèverait, d’après lui, de sa « compétence exclusive » attachée à sa qualité de Premier ministre, ne tiennent pas la route. D’aucuns estiment que le vice-Premier ministre (VPM) de l’Intérieur, Sécurité et Affaires coutumières, Gilbert Kankonde, était bien dans son rôle en tant que ministre préséant en contresignant ces ordonnances, d’autant plus qu’il  assurait l’intérim de son titulaire en déplacement. De la sorte, argue-t-on, il avait les pleins pouvoirs d’agir conformément à cette qualité circonstancielle qui ne pouvait se limiter, sauf mauvaise foi, à l’expédition des affaires courantes, ou encore à la seule réception des courriers adressés au Premier ministre. En tant qu’intérimaire, le VPM Gilbert Kakonde est resté dans les limites de ses prérogatives sans empiéter sur celles du Premier ministre. Il n’a pas posé un acte de disposition engageant l’institution, ni nommé ou investi une quelconque personne, auquel cas il ferait ombrage à son titulaire, soutiennent non sans raison ses défenseurs.

De nombreux juristes interrogés à ce sujet s’étonnent de l’agitation qui s’observe, particulièrement dans le camp du FCC, autour du contreseing qui n’a pour valeur juridique que d’authentifier la signature précédente et d’endosser éventuellement la responsabilité et l’exécution de l’acte posé. Sous le sceau de l’anonymat, un praticien de droit lève l’équivoque en ces termes : « Le contre signataire n’est pas co-auteur de l’acte contresigné. La présence sur un acte même d’un contreseing qui n’était pas requis n’affecte pas la légalité de cet acte ». Autrement dit, le contreseing d’un VPM qui assume l’intérim du Premier ministre en toute légalité ne viole aucune disposition ni légale, ni constitutionnelle. Autant dire que l’alinéa 2 de l’article 90 de la Constitution a été bel et bien respecté. C’est ici le lieu de rappeler que des cas de jurisprudence sous la gestion de Joseph Kabila existent. Les VPM She Okitundu et José Makila ont eu, sous leurs mandats, à contresigner des ordonnances présidentielles alors qu’ils assumaient l’intérim du Premier ministre Bruno Tshibala, sans que cela n’émeuve personne.

Le contreseing n’étant, en somme, qu’une simple formalité, la polémique actuelle ne se justifie donc pas. A moins que le FCC ait un autre agenda politique. Si non, la meilleure des choses, pour cette plate-forme politique, serait de saisir le Conseil d’Etat pour abus de pouvoir, ou encore la Cour constitutionnelle pour inconstitutionnalité.

 

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

RDC : sous pression des États-Unis, Félix Tshisekedi procède à un prudent remaniement dans l’armée

juillet 19, 2020

Le président congolais Félix Tshisekedi préside le Conseil des ministres, en juin 2020.

Le président congolais Félix Tshisekedi préside le Conseil des ministres, en juin 2020. © Présidence RDC

 

Le chef de l’État congolais, Félix Tshisekedi, a procédé à un large mais prudent remaniement au sein de l’armée. Alors que le très controversé général John Numbi a été mis à l’écart, d’autres officiers sous sanctions ont été replacés à des postes de choix.

L’information la plus significative ressortant des nombreux changements opérés par le président congolais dans l’appareil militaire est la mise à l’écart du général John Numbi. Jusque-là inspecteur général des FARDC, les forces armées congolaises, ce très proche de Joseph Kabila avait été placé sous sanctions américaines et européennes depuis 2016. Son absence à la récente réunion du haut commandement élargi de l’armée, le 11 juillet, avait alimenté les rumeurs qui circulaient depuis quelques semaines dans certains milieux diplomatiques.

Numbi est notamment suspecté d’avoir joué un rôle dans l’assassinat, en juin 2010, du défenseur des droits de l’homme Floribert Chebeya, l’ancien président de l’ONG La Voix des sans voix, ainsi que de son chauffeur Fidèle Bazana. À la suite de ce scandale qui avait pris une ampleur internationale, il avait été démis de ses fonctions de chef de la police, avant de revenir dans la lumière en 2017, décoré de l’Ordre des héros nationaux Kabila-Lumumba.

Régulièrement soupçonné d’entretenir l’insécurité dans l’ex-Katanga, province dont il est originaire, il a été remplacé au poste d’inspecteur général des Forces armées de la République démocratique du Congo par Gabriel Amisi, dit « Tango Four », un autre officier sous sanctions américaines et européennes pour « entraves au processus électoral en RDC et violations des droits de l’homme ».

Chaises musicales

Lui aussi collaborateur de longue date de l’ancien président, il était jusqu’à présent chef-d’état major adjoint en charge des renseignements. Sa nouvelle fonction le tiendra donc écarté de la gestion des opérations militaires, mais « Tango Four » a néanmoins été promu au grade de « général d’armée ».

Pour le seconder à l’inspection générale des FARDC, Gabriel Amisi pourra compter sur un autre nom bien connu de l’appareil sécuritaire congolais : le général Charles Akili, dit « Mundos », commandant de la 33e région militaire (Sud-Kivu et Maniema), également sous sanctions et cité dans plusieurs rapports du groupe d’experts de l’ONU pour son rôle présumé dans l’insécurité qui règne dans la région de Beni. Lui aussi sera tenu éloigné des opérations sur le terrain.

Parmi les autres mouvements significatifs, la nomination de Jean-Claude Yav, ex-chef de la maison militaire, au poste de chef d’état-major adjoint aux côtés de Célestin Mbala, qui est lui maintenu à son poste de chef d’état major général, est à souligner. Comme celle du général Fall Sikabwe Asinda, soupçonné de graves violations des droits de l’homme, à la fonction de chef d’état-major de l’armée de terre. Au mois de mars, ce dernier était passé en conseil de discipline pour des suspicions de détournement de primes. Sur le terrain également, le général Philémon Yav, surnommé le Tigre, quitte le Katanga pour le Nord-Est et les Kivus.

Félix Tshisekedi a par ailleurs nommé le général Franck Ntumba comme nouveau chef de la maison militaire du chef de l’état, tandis que dans les renseignements militaires, c’est le général Michel Mandiangu qui prendra la place de Delphin Kahimbi, décédé en février dans des circonstances troubles.

L’ombre de Joseph Kabila

Attendu depuis plusieurs mois, le chambardement opéré par Félix Tshisekedi avait été retardé par la pandémie de coronavirus, mais aussi par le besoin d’affiner le choix des profils et de conserver un certain équilibre dans un secteur réputé pour être toujours sous l’influence de son partenaire de coalition, Joseph Kabila.

Ce remaniement consacre une certaine continuité dans l’appareil militaire, malgré de nombreux changements de postes. L’ombre de Joseph Kabila est toujours visible, au regard des fonctions attribuées à plusieurs généraux qui lui sont réputés fidèles.

La mise à l’écart de John Numbi a toutefois été saluée par les autorités américaines, qui ont sous-entendu à plusieurs reprises qu’ils soutenaient le départ des nombreux officiers sous sanctions encore en poste, afin de faciliter leur coopération avec la nouvelle administration.

Cette réorganisation vient également sanctionner la dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est. Cette nouvelle mise en place, qui affecte les zones de défense, les régions militaires, les grandes unités, les bases et écoles militaires, de même que le ministère de la Défense, où un secrétaire général a été désigné, suffira-t-elle à impulser une nouvelle gouvernance en matière de défense nationale ? C’est en tout cas l’un des grands enjeux de ce remaniement.

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa

 

Premier affrontement militaire meurtrier entre l’Inde et la Chine en 45 ans

juin 16, 2020

Au moins vingt soldats indiens ont péri dans une confrontation avec l’armée chinoise dans la nuit de lundi à mardi sur la frontière disputée au Ladakh, dans le nord de l’Inde.

Vingt soldats indiens ont péri dans une confrontation avec l’armée chinoise dans la nuit de lundi à mardi sur la frontière disputée au Ladakh, dans le nord de l’Inde, premier accrochage militaire meurtrier en 45 ans entre les deux géants asiatiques. L’armée indienne a d’abord annoncé mardi la mort d’un officier et de deux soldats, évoquant des morts «des deux côtés». En soirée, elle a fait état de 17 autres «grièvement blessés au champ d’honneur» qui avaient «succombé à leurs blessures». La Chine a de son côté évoqué des «morts et blessés», sans toutefois préciser dans quel camp, et accusé l’Inde d’être responsable de l’incident. Un militaire indien basé dans la région a assuré à l’AFP qu’il n’y avait pas eu d’échange de tirs. «Aucune arme à feu n’a été utilisée. Il y a eu de violents corps-à-corps», a déclaré cette source, qui a requis l’anonymat car elle n’est pas autorisée à parler à la presse.

Le ministère indien des Affaires étrangères a répliqué par la voix de son porte-parole Anurag Srivastava, attribuant la responsabilité de l’affrontement à la Chine à travers «une tentative de changer unilatéralement le statu quo» à la frontière. Des troupes des deux puissances nucléaires se sont engagées depuis début mai dans plusieurs face-à-face tendus le long de leur frontière commune, principalement au Ladakh, et ont acheminé des milliers de soldats en renforts. Une crise que les parties affirment cependant vouloir résoudre par la voie diplomatique.

À la suite de pourparlers entre des généraux des deux armées il y a une dizaine de jours, un processus de désengagement militaire avait été enclenché dans certaines des zones disputées de la région en haute altitude du Ladakh. «Durant le processus de désescalade en cours dans la vallée de Galwan, une confrontation violente s’est produite la nuit dernière et a fait des victimes des deux côtés», a déclaré mardi un porte-parole de l’armée indienne. Pour sa part, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a accusé les troupes indiennes d’avoir «franchi la frontière à deux reprises, avant de se livrer à des activités illégales et de provoquer et d’attaquer des soldats chinois, avec pour résultat une grave confrontation physique».

L’Onu appelle à la retenue

Un porte-parole de l’armée chinoise, Zhang Shuili, a ajouté dans un communiqué publié par le ministère de la Défense que l’incident a entraîné des «morts et blessés». Il n’a précisé ni leur nombre ni leur nationalité. La dernière altercation meurtrière entre militaires indiens et chinois datait de 1975, lorsque quatre soldats indiens avaient perdu la vie en Arunachal Pradesh (est). Aucune balle n’a été tirée au-dessus de la frontière indo-chinoise depuis. Des haut gradés des deux bords s’entretiennent actuellement sur place pour désamorcer la situation, selon le communiqué de l’armée indienne.

Les États-Unis ont dit mardi espérer que l’Inde et la Chine parviennent à régler pacifiquement leurs différends. «L’Inde et la Chine ont toutes les deux exprimé leur volonté d’un apaisement, et nous soutenons une solution pacifique à la situation actuelle», a déclaré un porte-parole du département d’Etat américain. À New York, une porte-parole de l’Onu a fait part de la préoccupation de l’Organisation. «Nous exhortons les deux parties à observer le maximum de retenue», a déclaré aux médias Eri Kaneko, en se félicitant des informations faisant état d’un engagement des deux pays à calmer la situation. Début mai, des affrontements à coups de poing, pierres et bâtons avaient notamment opposé des militaires des deux pays dans la région du Sikkim (est de l’Inde), faisant plusieurs blessés. Les troupes chinoises avaient aussi avancé dans des zones considérées par l’Inde comme situées sur son territoire au Ladakh, poussant New Delhi à dépêcher des renforts dans la région.

Si la situation «n’est pas correctement gérée, cela pourrait dégénérer en quelque chose de beaucoup plus gros que ce que nous imaginions au départ», a déclaré à l’AFP Harsh V Pant, analyste à l’Observer Research Foundation de New Delhi. «La Chine, avec ses meilleures infrastructures, ses capacités militaires supérieures, pense peut-être que c’est le moment de pousser l’Inde, pour voir jusqu’où ira l’Inde», a-t-il avancé. Les deux pays ont plusieurs litiges territoriaux de longue date, dans les secteurs du Ladakh et de l’Arunachal Pradesh.

Les confrontations dans des zones montagneuses entre armées indienne et chinoise sont devenues plus fréquentes ces dernières années, ce que l’administration Trump interprète comme le signe d’une agressivité chinoise croissante en Asie. En 2017, soldats indiens et chinois ont passé plus de deux mois à se faire face sur un plateau himalayen stratégique dans la région du Bhoutan. Des pourparlers avaient mené à un désengagement militaire des deux parties. Le dernier conflit ouvert entre les deux nations les plus peuplées de la planète remonte à la guerre éclair de 1962, qui avait vu les troupes indiennes rapidement défaites par l’armée chinoise.

Par Le Figaro avec AFP

Canada: L’armée décrit l’horreur dans les CHSLD en Ontario

mai 27, 2020

«C’est le rapport le plus dur que j’ai lu de toute ma vie», a déclaré le premier ministre ontarien, Doug Ford.

© Nathan Denette La Presse canadienne «C’est le rapport le plus dur que j’ai lu de toute ma vie», a déclaré le premier ministre ontarien, Doug Ford.
Agressivité du personnel soignant, médicaments périmés, présence de coquerelles : le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a dévoilé mardi après-midi un rapport accablant des Forces armées canadiennes sur les cinq résidences ontariennes pour aînés où des soldats ont été déployés.« C’est le rapport le plus dur que j’ai lu de toute ma vie », a déclaré Doug Ford en point de presse, qualifiant les informations contenues dans le rapport d’« horribles » et de « choquantes ». Le premier ministre canadien Justin Trudeau a, quant à lui, parlé d’un rapport « extrêmement dérangeant ».

« J’ai eu de la tristesse, j’ai été choqué, j’ai été déçu, j’ai été fâché, a-t-il mentionné. Je pense qu’on voit une situation qui évidemment est une réalité liée actuellement à la COVID, mais qui est là depuis longtemps et que nous devons entreprendre en tant que pays à améliorer. »

L’armée a également préparé un rapport sur son déploiement dans 25 CHSLD du Québec, qui a été expédié au gouvernement provincial mardi en fin de journée. On ignore si les constats des soldats canadiens y ont été aussi dramatiques qu’en Ontario. Mais une source fédérale a confié au Devoir que les conclusions n’étaient pas reluisantes. Une autre personne a expliqué que le fait que le rapport ait été préparé en cours de mission, plutôt qu’après la fin du déploiement des Forces armées, suggère qu’il y avait un « enjeu sanitaire ».

Depuis plusieurs semaines, les témoignages faisant état d’une qualité de soins déficiente, de patients laissés à eux-mêmes et de conditions hygiéniques déplorables dans certains CHSLD et résidences pour aînés du Québec se bousculent dans les médias. Le bureau du coroner a en outre ouvert une enquête sur la mort suspecte de 51 résidents de la résidence Herron dans l’ouest de l’île de Montréal.

Des résidences en crise

En point de presse, le premier ministre Doug Ford a plaidé pour que « cette tragédie serve de prise de conscience [wake-up call] pour tout le pays ». La crise de la COVID a mis au jour les failles profondes du réseau de soins de longue durée qui a été négligé pendant des années, a-t-il argué. La voix nouée par l’émotion, le premier ministre Ford a assuré qu’il allait « remuer ciel et terre pour réparer ce système, peu importe ce qu’il faudra et combien ça coûtera ».Le rapport de l’armée dresse point par point les défaillances notées dans les cinq résidences de la région de Toronto qui étaient « en situation de crise » lorsque l’armée est arrivée en renfort. Des soldats ont rapporté avoir été témoins de patients criant à l’aide parfois pendant deux heures avant d’obtenir du soutien ou encore de résidents s’étant étouffés après avoir été nourris ou abreuvés sans que leur tête ait été adéquatement soulevée. Certains aînés n’avaient pas pris de bains depuis des semaines et plusieurs avaient des escarres. D’autres étaient en détresse après avoir été coupés de contacts avec leur famille sans pour autant bénéficier d’un soutien psychologique. Certains résidents ne recevaient pas trois repas par jour.

L’armée rapporte également de nombreuses défaillances dans la prévention et le contrôle des infections : des patients ayant contracté la COVID-19 circulaient à leur guise dans la résidence, du personnel passait des zones chaudes aux zones froides et du matériel médical souillé était utilisé.

Multiples enquêtes
« Il est choquant que cela puisse se produire ici au Canada », a regretté le premier ministre Ford, ajoutant que la lecture du rapport l’avait hantée une partie de la nuit. « Il y aura justice pour ces résidents et leur famille », a-t-il dit.Déjà, le gouvernement ontarien a ouvert une enquête pour faire la lumière sur les allégations rapportées par l’armée. Le Bureau du coroner en chef enquête sur un décès. Et la Direction de l’inspection du ministère des Soins de longue durée va enquêter sur certains incidents graves rapportés par l’armée.

Queen’s Park avait en outre déjà annoncé le lancement en septembre d’une commission indépendante sur le système de soins de longue durée. « Nous avons besoin de réponses », a dit Doug Ford.

Les cinq centres de soins de longue durée visés par le rapport de l’armée sont : Eatonville Care Centre à Etobicoke, Hawthorne Place Care Centre à North York, Orchard Villa à Pickering, Altamount Care Community à Scarborough et Holland Christian Homes’Grace Manor à Brampton.

À Ottawa, le premier ministre Justin Trudeau a réitéré plusieurs fois qu’il fallait que les choses changent et qu’Ottawa aiderait les provinces. « Le gouvernement fédéral sera là pour appuyer les provinces dans le travail qu’elles devront faire », a-t-il mentionné.

Le rapport sur les abus constatés dans les résidences pour aînés en Ontario est daté du 14 mai. Les bureaux des ministres de la Sécurité publique et de la Défense, Bill Blair et Harjit Sajjan, affirment en avoir obtenu copie seulement le 22 mai. Le gouvernement ontarien a été alerté cette fin de semaine.

Prolongement de la mission
Les gouvernement québécois et ontarien ont par ailleurs demandé à Ottawa de prolonger le déploiement de soldats dans leurs résidences de soins de longue durée. Le premier ministre ontarien Doug Ford a indiqué souhaiter que l’armée prête main-forte 30 jours de plus en Ontario, au-delà de la date prévue de la fin de la mission le 12 juin.Justin Trudeau a indiqué que les gouvernements discuteraient de cette demande. « Mais bien sûr, nous allons être là pour aider », a-t-il assuré.

Le Devoir et La Presse canadienne par Marie Vastel avec Hélène Buzzetti

L’armée décrète un couvre-feu à Bagdad de minuit à six heures du matin

octobre 28, 2019

 

L’armée irakienne a décrété lundi 28 octobre un couvre-feu de minuit à six heures du matin à Bagdad, où des milliers de manifestants occupent depuis jeudi soir la place Tahrir pour réclamer «la chute du régime».

Ce couvre-feu est instauré «jusqu’à nouvel ordre», précise l’armée dans un communiqué alors que depuis dimanche, étudiants et écoliers sont venus grossir les rangs de la contestation, lancée le 1er octobre et qui a été marquée par plus de 200 morts.

Le Figaro.fr avec AFP

L’armée sud-coréenne dénonce le tir de deux «projectiles» nord-coréens

juillet 24, 2019

 

Les États-Unis ont confirmé qu’un engin de courte portée a été tiré mercredi.

La Corée du Nord a tiré «deux projectiles non-identifiés», a annoncé jeudi (heure locale) l’état-major des armées sud-coréennes, cité par l’agence de presse de Corée du Sud Yonhap.

Les Etats-Unis ont confirmé mercredi le tir d’un engin de courte portée. « Je peux confirmer qu’il était de courte portée », a indiqué à l’AFP un responsable américain, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat. Il n’a pas indiqué quand le tir avait été effectué.

Il s’agit du premier test d’arme depuis la rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un à la frontière entre les deux Corées.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Niger : attaque meurtrière contre l’armée à la frontière malienne

mai 16, 2019

Des soldats de l’armée nigérienne, le 7 mars 2015. © Jerome Delay/AP/SIPA

 

Vingt-huit soldats ont été tués mardi dans la région de Tillabéri, dans l’ouest du pays. Les autorités nigériennes évoquent une attaque « complexe » menée par des assaillants « lourdement armés ».

« Le 14 mai vers 08 h 00 locales (07 h 00 GMT) dans la zone nord de Mangaïzé, une colonne militaire des forces armées nigériennes en mouvement a été prise à partie par des terroristes lourdement armés dans une attaque complexe à base d’engin explosifs improvisés », selon un communiqué du ministère nigérien de la Défense lu à la radio mercredi soir.

Le bilan initialement établi à 17 tués et 11 portés disparus a été réévalué à 28 morts dans la soirée. « Des renforts ont été déployés dans le secteur pour poursuivre et neutraliser les assaillants qui se sont exfiltrés vers le Nord », à la frontière malienne. « Des opérations de ratissage se poursuivent dans la zone avec l’appui des partenaires », ont ajouté les autorités.

Auparavant, une source sécuritaire avait indiqué que « l’embuscade » était l’oeuvre d’un « groupe terroriste composé de centaines d’hommes lourdement armés venus du Nord », situant l’attaque en soirée et non dans la matinée.

Attaque repoussée

« Un véhicule (des militaires nigériens) a d’abord sauté sur un engin explosif, et puis une fusillade s’est déclenchée », selon une source sécuritaire. Selon cette même source, « la patrouille traquait les terroristes qui ont attaqué lundi la prison de haute sécurité de Koutoukalé », à 50 km au nord de Niamey.

Lundi, les forces de sécurité ont perdu un homme en repoussant une « attaque terroriste contre la prison de haute sécurité de Koutoukalé », l’établissement pénitentiaire le mieux gardé du Niger, où sont détenus de nombreux jihadistes.

Les assaillants, qui avaient notamment utilisé une voiture de Médecins sans frontières (MSF) volée dans un camp de réfugiés à la frontière malienne, avaient fui vers cette même frontière du Nord.

La France, très active dans la région dans le cadre de l’opération anti-jihadiste Barkhane, a indiqué ne pas « avoir été associée » aux opérations. Les Etats-Unis disposent également d’une base au Niger.

État islamique dans le grand Sahara

En 2017, une attaque perpétrée dans cette zone contre des soldats américains et nigériens avait été revendiquée par le groupe État islamique dans le grand Sahara (EIGS). Le 4 octobre 2017, quatre soldats américains et cinq militaires nigériens avaient été tués par des jihadistes venus à bord d’une dizaine de véhicules et d’une vingtaine de motos à hauteur de Tongo Tongo, situé à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec le Mali.

Le Pentagone avait expliqué que le but de l’opération américano-nigérienne était de capturer un chef jihadiste, Doundoun Cheffou, soupçonné d’être impliqué dans l’enlèvement de l’humanitaire américain Jeffery Woodke.

Jeuneafrique.com avec AFP

Venezuela: un général appelle l’armée à se soulever contre Maduro

mai 13, 2019

 

Un général vénézuélien considéré comme proche du pouvoir a appelé les forces armées de son pays à se soulever contre le gouvernement de Nicolas Maduro dans une vidéo diffusée sur internet. «Le temps est venu de nous soulever, de lutter (…), il est temps que les forces armées nationales prennent conscience» de la situation, a déclaré Ramon Rangel, qui se présente comme général de division de l’armée de l’air vénézuélienne, dans une vidéo postée dimanche sur YouTube.

Une source proche de l’armée a expliqué ce lundi à l’AFP que cet officier «n’était plus actif depuis plusieurs années» et gérait «une entreprise vénézuélienne d’Etat à Cuba». Habillé en costume noir et cravate bleue, le général Rangel, explique lui-même avoir vécu durant «plus de six ans à Cuba», ce qui lui a permis de «palper la réalité du peuple cubain (…) soumis à une dictature castro-communiste depuis plus de soixante ans».

S’exprimant depuis un lieu non identifié, il appelle à l’«union militaire» pour «changer de système politique» au Venezuela et «sortir du joug du castro-communiste», en référence à l’influence supposée du gouvernement cubain à Caracas qu’il dénonce également. Ramon Rangel, considéré jusqu’ici comme un militaire proche du pouvoir chaviste, avait participé le 27 novembre 1992 à une tentative de coup d’Etat au côté d’Hugo Chavez contre le président de l’époque Carlos Andrés Pérez (1989-1993).

La déclaration de Rangel intervient quelques jours après le soulèvement militaire manqué du 30 avril auquel avait appelé Juan Guaido, le chef de l’opposition vénézuélienne reconnu président par intérim par plus d’une cinquantaine de pays. Guaido appelle régulièrement les militaires à tourner le dos à Nicolas Maduro. Rangel, qui ne fait pas référence à Guaido dans on message, est un des militaires de plus haut rang à se prononcer contre le président socialiste.

Le 2 février, le général de division Francisco Yanez, également de l’armée de l’air, avait annoncé qu’il ne reconnaissait plus l’autorité de Nicolas Maduro, devenant le premier militaire de rang élevé à prêter allégeance à Juan Guaido. Selon la spécialiste des questions militaires et présidente de l’ONG Control Ciudadano Rocio San Miguel, la déclaration de Rangel est «très importante», car elle montre que «le chavisme militaire est en rupture avec Maduro», a-t-elle écrit sur Twitter. En réaction, le commandant de l’armée de l’air vénézuélienne, le général Pedro Alberto Juliac a publié sur Twitter une photo en noir et blanc de Rangel barrée de la mention «traître au peuple et à la révolution».

Par Le Figaro.fr avec AFP