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L’armée russe contrôle « environ 20 % » de l’Ukraine, admet Zelensky

juin 2, 2022
Deux jeunes garçons ukrainiens jouent aux soldats portant un casque et un fusil.

Deux garçons ukrainiens – Andrii, 12 ans, et Valentyn, 6 ans – s’imaginent en combattants ukrainiens à un point de contrôle de fortune dans leur village de Stoyanka, en banlieue de Kiev. Photo: Getty Images/Christopher Furlong

À la veille du 100e jour du début de la guerre, l’armée russe contrôle « environ 20 % » du territoire ukrainien, a annoncé jeudi le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors d’un discours devant le Parlement du Luxembourg.

La superficie occupée fait presque 125 000 kilomètres carrés , a-t-il dit, un territoire beaucoup plus grand que les territoires combinés du Benelux, constitué par la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg.

Au terme de la guerre de 2014, qui s’est soldée par la perte de la Crimée et d’une partie des territoires des régions de Donetsk et Louhansk, l’Ukraine avait été amputée de 43 000 km carrés, a-t-il observé.

À l’heure actuelle, la ligne de front, qui s’étend de Kharkiv à Mykolaïv, en passant par les régions de Louhansk, Donetsk, Zaporijia et Kherson, s’étend sur plus de 1000 kilomètres, a estimé M. Zelensky.

Selon lui, les troupes russes ont placé des mines sur des territoires totalisant 300 000 kilomètres carrés et ont réussi à entrer dans 3620 villes et villages du pays, dont 1017 ont été libérées par l’armée ukrainienne.

« Pourquoi nous battons-nous? Pour ce que nous sommes. Et pour rester ce que nous sommes : libres, indépendants, ouverts et unis avec tous les Européens. »— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine

Le président ukrainien a affirmé que 30 000 soldats russes ont été tués depuis le début de l’invasion, un chiffre invérifiable, mais nettement plus élevé que celui avancé par les services de renseignement occidentaux.Un enfant se balance devant un immeuble éventré et en partie calciné.

Un enfant se balance devant un immeuble détruit par une frappe russe en banlieue de Kiev. Photo : Getty Images/Pierre Crom

M. Zelensky a estimé qu’au moins des dizaines de milliers de civils ukrainiens ont été tués dans l’offensive russe, mais est demeuré muet sur les pertes subies par son armée.

Dans une entrevue accordée mercredi au réseau américain Newsmax, le président ukrainien avait cependant avancé qu’entre 60 et 100 combattants ukrainiens sont tués chaque jour et qu’environ 500 autres sont blessés.

Il a aussi rappelé que 17 millions d’Ukrainiens ont été chassés de leur domicile depuis le début du conflit, dont 5 millions, essentiellement des femmes et des enfants, ont quitté le pays.

Plus d’armes, implore Zelensky

Fidèle à son habitude, M. Zelensky a plaidé devant le Parlement luxembourgeois pour que les pays occidentaux envoient plus d’armes à l’Ukraine, et pour qu’ils continuent d’imposer plus de sanctions à la Russie.

Il demande notamment aux Européens de ne pas se contenter de geler des avoirs russes, mais de les confisquer au profit de la reconstruction de l’Ukraine.

« Nous devons trouver un moyen juridique de les confisquer pour compenser les dommages que la Russie a faits aux victimes de la guerre. Ce sera juste, et instructif pour l’agresseur.  »— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine

Le discours du président Zelensky a été prononcé alors que l’armée russe continue de resserrer son étau sur Sievierodonetsk, dernier pré carré ukrainien dans la région de Louhansk, avec sa ville jumelle de Lyssytchansk.

La ville est désormais « occupée à 80 % » par les forces russes et des combats de rue y font toujours rage, a indiqué le gouverneur de la région, Serguiï Gaïdaï, dans un message publié sur Telegram.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, les forces russes ont aussi bombardé plusieurs lignes de chemin de fer dans la région de Lviv, dans l’ouest, où arrivent notamment les armes livrées à l’Ukraine par les pays occidentaux.

Les combats et bombardements se poursuivent également dans la région de Kherson, en partie conquise par les Russes, mais où les Ukrainiens ont lancé une contre-offensive en fin de semaine.

Radio-Canada par François Messier avec les informations de Agence France-Presse

Russie: Moscou compte abolir l’âge limite pour s’engager dans l’armée

mai 24, 2022
Un soldat en treillis militaire au milieu d'un espace public.

Un soldat russe en patrouille dans la ville de Kherson, dans le sud de l’Ukraine, une des rares villes ukrainiennes d’envergure conquises par l’armée russe, le 20 mai 2022. Photo : La Presse Canadienne/AP

Aux prises avec une résistance acharnée de l’armée ukrainienne dans le Donbass, Moscou se prépare à élargir les rangs de son armée en y acceptant pour la première fois des citoyens de plus de 40 ans.

C’est ce qui ressort d’un projet de loi inscrit dont la teneur a été dévoilée lors de la publication de l’ordre du jour de mercredi de la Douma, le Parlement russe, qui est contrôlé par le président Russie unie du président Vladimir Poutine.

Le but du projet de loi est d’éliminer la limite d’âge pour les citoyens en âge de travailler […], à laquelle ils ont le droit de conclure le premier contrat de service militaire, indique une note explicative accompagnant le texte législatif.

Selon cette note, seuls les citoyens âgés de 18 à 40 ans sont actuellement autorisés à conclure un premier contrat avec l’armée. Pour les citoyens étrangers, la fenêtre est de 18 à 30 ans.

Or, pour l’utilisation d’armes de haute précision, le fonctionnement d’armes et d’équipements militaires, des spécialistes hautement professionnels sont nécessaires, donc plus âgés.

La nouvelle loi aiderait donc à attirer des spécialistes dans des domaines populaires, principalement liés aux civils (soutien médical, ingénierie, maintenance, exploitation, communications, etc.) pour le service militaire sous contrat, indique la note.

De lourdes pertes pour l’armée russe

Si elle se refuse à donner des chiffres précis, la Russie admet tout de même avoir subi des pertes importantes depuis que le Kremlin a lancé son offensive en Ukraine, le 24 février. Kiev affirme avoir tué plus de 29 200 soldats, un chiffre invérifiable.

Le renseignement militaire britannique a pour sa part avancé lundi que les pertes des forces russes après les trois premiers mois du conflit sont aussi importantes que celles subies pendant la guerre de neuf ans menée par l’Union soviétique en Afghanistan.

Selon des estimations, ce conflit pourrait avoir fait 15 000 victimes dans les rangs de l’armée soviétique.

L’Institute for the Study of War a rapporté lundi soir qu’une association d’anciens combattants russes pressait le Kremlin de déclarer une mobilisation générale dans les régions voisines des pays membres de l’OTAN et de l’Ukraine.

Selon ce groupe de réflexion, basé à Washington, l’Assemblée panrusse des officiers plaide en outre pour que le service militaire obligatoire passe d’un an à deux ans, et que la peine de mort soit imposée aux déserteurs.

Le groupe d’anciens combattants demande au président Poutine de reconnaître que la Russie ne cherche pas qu’à dénazifier l’Ukraine, mais qu’elle déclare une guerre pour récupérer des territoires historiques de la Russie.

Un conflit qui s’annonce long

Le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, et le secrétaire du puissant Conseil de sécurité de Russie ont tous deux laissé entendre mardi que Moscou va devoir combattre longtemps en Ukraine pour atteindre les objectifs de son intervention.

Nous continuons l’opération militaire spéciale jusqu’à la réalisation de tous les objectifs, peu importe l’énorme aide occidentale au régime de Kiev et la pression sans précédent des sanctions, a dit le ministre Choïgou, lors d’une visioconférence avec des homologues de l’ex-URSSUnion des républiques socialistes soviétiques partiellement retransmise à la télévision.

Selon lui, les efforts russes pour éviter de faire des victimes civiles ralentissent, bien sûr, le tempo de l’offensive, mais cela est délibéré. Selon le plus récent bilan de l’ONUOrganisation des Nations unies, la guerre a coûté la vie à plus de 3900 civils, un chiffre sous-estimé. Selon Kiev, le seul siège de Marioupol pourrait avoir fait plus de 20 000 victimes.

Un peu plus tôt, dans une rare entrevue accordée au journal russe Argoumenty i Fakty, le secrétaire du Conseil de sécurité, Nikolaï Patrouchev, a signifié que les opérations militaires dureraient le temps qu’il faudra.

Nous ne courons pas après les délais, a-t-il dit, relevant que les objectifs fixés par le président [Vladimir Poutine] seront remplisIl ne peut en être autrement, la vérité est de notre côté, a-t-il ajouté.

Moscou attend le plan de paix italien

La Russie n’a pas encore pris connaissance du plan de paix pour l’Ukraine évoqué par l’Italie, mais elle espère le recevoir par voie diplomatique, a déclaré mardi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Le ministre italien des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, a présenté les grandes lignes de ce plan la semaine dernière et a dit en avoir discuté avec le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, pendant une visite à New York.

« Nous n’avons pas encore vu (le plan). Nous espérons qu’il va nous être transmis par voie diplomatique et que nous pourrons en prendre connaissance. »— Une citation de  Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin

Luigi Di Maio a suggéré vendredi pendant une conférence de presse que des organisations internationales comme l’ONUOrganisation des Nations unies, l’Union européenne et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe interviennent en tant que facilitateurs pour permettre, dans un premier temps, la mise en œuvre de cessez-le-feu locaux en Ukraine.

Outre Antonio Guterres, le chef de la diplomatie italienne a indiqué avoir présenté les grandes lignes de ce plan à des représentants des pays membres du G7.

L’ancien président russe Dimitri Medvedev, aujourd’hui vice-président du Conseil de sécurité russe, a réservé un accueil glacial à cette initiative et à toute autre proposition qui pourrait émaner des pays occidentaux.

Il semble que [le plan] n’ait pas été élaboré par des diplomates, mais par de petits politologues qui ont lu beaucoup de journaux provinciaux et ne se basent que sur les mensonges ukrainiens, a-t-il écrit sur son compte Telegram.

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

L’armée russe se lance à l’assaut de l’usine d’Azovstal

mai 3, 2022

Plus d’une centaine de civils évacués des bunkers de l’usine en fin de semaine sont arrivés mardi à Zaporijia.

Des gens marchent à côté de leur vélo sur une route menant à une usine d'où s'échappe de la fumée.

Des résidents passent sur une route menant à l’usine d’Azovstal, d’où s’échappe de la fumée, le 2 mai. Les autorités ukrainiennes ont affirmé lundi que les bombardements russes sur le complexe ont repris après l’évacuation d’un certain nombre de civils. Photo: Reuters/Alexander Ermochenko

L’armée russe relance mardi son offensive sur le gigantesque complexe industriel d’Azovstal, où sont retranchés les derniers défenseurs de la ville portuaire de Marioupol et des civils.

L’offensive a été confirmée par un porte-parole du ministère russe de la Défense, Vadim Astafiev, qui a accusé les combattants ukrainiens d’avoir profité du cessez-le-feu de la fin de semaine pour installer de nouvelles positions de tir.

Un cessez-le-feu a été déclaré, des civils devaient être évacués du territoire d’Azovstal. [Le régiment Azov] et des militaires ukrainiens postés dans l’usine en ont profité, a-t-il indiqué dans une allocution vidéo diffusée par les agences russes.

Ils sont sortis du sous-sol, ont pris des positions de tir sur le territoire et dans les bâtiments de l’usine, a-t-il ajouté. Maintenant, des unités de l’armée russe et de la République populaire de Donetsk, utilisant de l’artillerie et des avions, commencent à détruire ces positions de tir.

L’offensive russe a été confirmée par Sviatoslav Palamar, commandant adjoint du régiment Azov, au site d’informations Ukraïnska PravdaNous avons été bombardés toute la nuit […], deux femmes ont été tuées et maintenant un assaut d’Azovstal est en cours, a-t-il dit.

« Un puissant assaut sur le territoire d’Azovstal est en cours actuellement, avec le soutien de véhicules blindés, de chars, avec des tentatives de débarquement de troupes, avec l’aide de bateaux et d’un grand nombre d’éléments d’infanterie. »— Une citation de  Sviatoslav Palamar, commandant adjoint du régiment Azov, dans un message vidéo sur Telegram

Il a appelé le président ukrainien Volodymyr Zelensky à une action forte, car la situation est très difficile.Gros plan de Sviatoslav Palamar.

L’assaut russe sur Azovstal est « puissant », affirme le commandant adjoint du régiment Azov, Sviatoslav Palamar, dans une vidéo publiée sur Telegram. Photo: Reuters/Régiment Azov

Plus tôt en matinée, le maire légitime de Marioupol, Vadym Boïchenko, avait annoncé que plus de 200 civils étaient toujours terrés dans les bunkers d’Azovstal. Il n’a pas précisé combien il restait de combattants, mais la présidence ukrainienne a récemment évalué leur nombre à 2000.

Les rares témoignages livrés par les derniers résistants ukrainiens font état de conditions de vie exécrables dans l’important réseau souterrain de l’usine, avec des pénuries d’eau, de nourriture et de médicaments pour des centaines de blessés. Ces informations ne peuvent être vérifiées de source indépendante.

Le 21 avril, le président russe Vladimir Poutine avait publiquement ordonné aux troupes russes de ne pas lancer un assaut sur le complexe d’Azovstal, en disant vouloir protéger la vie des militaires russes. Il avait plutôt annoncé le siège des derniers combattants. L’usine a néanmoins été bombardée à plusieurs reprises depuis.Image satellitaire d'un complexe industriel près de la mer.

Cette image satellitaire fournie par la firme américaine Maxar Technologies montre le complexe industriel d’Azovstal, à Marioupol, en date du 9 avril. Photo: Reuters/Maxar Technologies

Selon l’Élysée, le président français Emmanuel Macron a appelé mardi le maître du Kremlin à permettre la poursuite des évacuations d’Azovstal lors d’un appel téléphonique entre les deux dirigeants. Cela doit se faire en coordination avec les acteurs humanitaires et en laissant le choix aux évacués de leur destination, conformément au droit international humanitaire, a précisé la présidence française.

Des évacués d’Azovstal arrivent à Zaporijia

Un convoi transportant plus de 100 personnesévacuées des abris antibombes d’Azovstal en fin de semaine sont arrivés sains et saufs mardi après-midi à Zaporijia, a par ailleurs confirmé sur Twitter le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Des employés de l’organisation et de l’ONUOrganisation des Nations unies escortaient ce convoi, composé de cinq autobus, selon des journalistes de l’AFPAgence France-Presse.

Des images transmises par des réseaux de télévision depuis un stationnement transformé en centre d’accueil ont montré des femmes, souvent âgées, descendre des autobus. Certaines ont été accueillies par des proches, qui les étreignaient.Un homme a la main gauche sur l'épaule d'une femme et serre de la main gauche le bras d'un bébé qu'elle tient sur son ventre.

Un homme accueille Anna Zaitseva et son fils de six mois, Svyatoslav, à leur arrivée à Zaporijia mardi après-midi. Photo: Getty Images/AFP/Dimitar Dilkoff

Dans une rencontre par Zoom avec des journalistes, le chef de la délégation du CICRComité international de la Croix-Rouge en Ukraine, Pascal Hundt, a regretté que d’autres résidents de Marioupol n’aient pu être évacués. Nous aurions espéré que beaucoup plus de personnes puissent se joindre au convoi et sortir de l’enfer, a-t-il dit, évoquant des sentiments partagés.

Selon la vice-première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk, le convoi transportait 156 personnes. Un peu plus tôt, la coordinatrice humanitaire les Nations unies pour l’Ukraine, Osnat Lubrani, avait annoncé l’évacuation de 101 personnes de l’usine d’Azovstal.

Mme Lubrani a précisé par la suite que 58 personnes se sont jointes au convoi à Mangouch, en banlieue de Marioupol, et que 127 personnes ont été accompagnées jusqu’à Zaporijia. Selon elle, des personnes évacuées ont décidé de ne pas se rendre jusqu’à Zaporijia.

« Les personnes avec qui j’ai voyagé m’ont raconté des histoires déchirantes sur l’enfer qu’elles ont vécu. Je pense aux personnes qui restent piégées. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour les aider. »— Une citation de  Osnat Lubrani, coordinatrice humanitaires les Nations unies pour l’Ukraine, sur Twitter

Le CICRComité international de la Croix-Rouge a confirmé que certaines des personnes évacuées étaient blessées.

À Zaporijia, les hôpitaux étaient prêts à accueillir ceux qui ont réussi à s’extirper de cet enfer, avait préalablement raconté la Dre Dorit Nizan, qui coordonne les efforts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Ukraine.

« Nous sommes prêts pour des brûlures, des fractures, des plaies, ainsi que pour des diarrhées et des infections respiratoires. Nous sommes aussi prêts pour des femmes enceintes, des enfants souffrant de malnutrition. Nous sommes tous ici et le système est bien préparé.  »— Une citation de  La Dre Dorit Nizan, coordonnatrice de l’Organisation mondiale de la santé en Ukraine

Selon elle, quelques résidents de Marioupol ont récemment réussi à atteindre Zaporijia par leurs propres moyens. Si certains souffraient de blessures mineures, l’enjeu majeur demeure la santé mentale, a-t-elle dit. Plusieurs ont pleuré à leur arrivée quand ils ont été accueillis par des membres de leur famille. C’était très émouvant.

Nouvelles frappes russes à Odessa et dans le Donbass

Le ministère russe de la Défense a aussi annoncé mardi que des missiles de haute précision avaient frappé un centre logistique situé sur un aérodrome militaire près d’Odessa, dans le sud de l’Ukraine.

Des hangars contenant des drones Bayraktar TB2 ainsi que des missiles, armes et munitions fournis par les États-Unis et des pays européens ont été détruits, a-t-il fait savoir dans un communiqué.

L’armée ukrainienne a soutenu lundi que ces drones, de conception turque, lui ont permis de détruire deux patrouilleurs russes de classe Raptor près de l’île aux Serpents, en mer Noire.

Le conseil municipal d’Odessa avait quant à lui rapporté lundi qu’un missile s’était abattu sur un immeuble de la ville abritant cinq personnes, tuant un adolescent.

Selon Kiev, la Russie a également frappé lundi un pont routier et ferroviaire stratégique à l’ouest d’Odessa, dont la destruction couperait une voie d’approvisionnement en armes et autres marchandises en provenance de la Roumanie.

Dans la région de Donestk, au moins 16 personnes ont été tuées par des attaques russes, selon des messages diffusés sur Telegram par le gouverneur local, Pavlo Kyrylenko.

Au moins dix morts, 15 blessés : les conséquences du bombardement de l’usine de coke d’Avdiïvka par l’occupant russe, a-t-il annoncé dans le plus récent message, en prévenant que le bilan risquait de monter.

« Les Russes savaient exactement ce qu’ils visaient. Les travailleurs venaient de finir leur quart de travail et attendaient […] un autobus pour les ramener à la maison.  »— Une citation de  Pavlo Kyrylenko, gouverneur de Donetsk

Il avait plus tôt annoncé trois morts dans un bombardement aérien à Vouhledar et trois autres après des tirs d’artillerie à Lyman.

Ces bilans ne peuvent être vérifiés de source indépendante.

Ces trois municipalités font partie des régions de Donestk, dans le Donbass, qui sont situées sur la ligne de front, et où l’arme russe tente de prendre les combattants ukrainiens en étau, sans grand succès jusqu’ici.

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

L’Ukraine dit avoir repris trois localités près de Kharkiv

avril 23, 2022
Des passants autour d'un trou profond au sol causé par un bombardement.

Trace visible des bombardements, vendredi, banlieue nord de Kharkiv. Photo: Getty Images/AFP/Sergey Bobok

L’Ukraine soutient avoir repris Bezrouki, Slatine et Proudïanka, trois localités situées près de Kharkiv, dans l’est, samedi. Deuxième plus grande ville du pays, Kharkiv est régulièrement frappée par l’artillerie russe.

Nos forces armées ukrainiennes ont réussi une contre-offensive lancée hier matin. Après de longs combats acharnés, nos unités ont délogé les troupes russes de Bezrouki, Slatine et Proudïanka, a déclaré sur Telegram Oleg Synegoubov, gouverneur de la région de Kharkiv.

Proudïanka, le village le plus au nord, se trouve à une quinzaine de kilomètres seulement de la frontière russe.

M. Synegoubov a également précisé que deux personnes avaient perdu la vie et que 19 autres avaient été blessés par les bombardements russes dans la région de Kharkiv au cours des dernières 24 heures.

Selon le porte-parole du ministère de la Défense ukrainien, Kharkiv reste partiellement bloquée par les forces russes, notamment présentes au nord-ouest et qui renforcent leurs positions au sud de la ville.

Selon la même source, les Russes ont poursuivi leurs offensives dans les districts d’Izioum et de Barvinkove pour prendre le contrôle du réseau ferré. Dans cette zone frontalière entre les régions de Kharkiv, de Donetsk et de Louhansk, l’armée russe tente d’encercler les positions fortifiées de l’armée ukrainienne dans le Donbass afin de prendre le contrôle total.La façade d'un édifice résidentiel est réduite en morceaux : les décombres jonchent le sol.

Un quartier résidentiel de la banlieue de Kharkiv a été lourdement touché par les bombardements vendredi. Photo: Getty Images/AFP/Sergey Bobok

Selon le conseiller de la présidence ukrainienne Oleksiy Arestovytch, les Russes mènent des opérations offensives et de reconnaissance pour tenter de trouver des points faibles dans la défense ukrainienne.

Non loin de la frontière, les villes de la région de Louhansk toujours contrôlées par les Ukrainiens sont pilonnées de plus en plus intensément, a affirmé le gouverneur de la région samedi au petit matin.

Les forces ukrainiennes ont quitté certains emplacements qu’elles contrôlaient, mais seulement pour se regrouper, a ajouté Serhiy Haidai.

Frappe mortelle à Odessa

Une frappe aérienne russe a tué 5 personnes et en a blessé 18 autres samedi à Odessa, dans le sud du pays, selon le chef de cabinet de la présidence ukrainienne. « Ce ne sont que ceux qu’on a réussi à retrouver [à ce stade-ci]. Selon toute vraisemblance, le bilan sera plus lourd », a indiqué AndriI Yermak sur Telegram, précisant qu’« un bébé de 3 mois » faisait partie des victimes.

Les forces russes ont tiré une série de missiles depuis des bombardiers Tu-95 au-dessus de la mer Caspienne; deux missiles ont atteint une installation militaire et deux autres, des bâtiments résidentiels de la ville portuaire, selon l’armée de l’air. Le système de défense antiaérienne en a détruit deux autres qui se dirigeaient vers la ville.

Le seul objectif des frappes de missiles russes contre Odessa, c’est la terreur, a accusé sur Twitter le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba en appelant à dresser un mur entre la civilisation et les barbares qui attaquent des villes pacifiques avec des missiles.

Par ailleurs, le premier ministre britannique Boris Johnson a discuté avec le président ukrainien d’une nouvelle phase d’aide militaire, a indiqué samedi le chef adjoint du Bureau du président ukrainien, Andryi Sybiga. Il a entre autres été question d’approvisionnement en armes lourdes et d’une aide financière additionnelle, selon lui.

Échec de la tentative d’évacuation des civils à Marioupol

Une nouvelle tentative d’évacuation de civils de Marioupol (en grande partie contrôlé par l’armée russe) vers la ville de Zaporijjia – à quelque 200 km au nord-ouest – a échoué, a indiqué samedi un adjoint au maire de Marioupol sur son compte Telegram.

Environ 200 résidents qui avaient commencé à se rassembler pour être évacués ont été dispersés par l’armée russe, souligne Petro Andriouchtchenko. Certains auraient été ensuite forcés de monter dans des autocars qui se dirigeaient vers une localité occupée par les Russes, à 80 km au nord. Une fois encore les Russes ont perturbé une évacuation, a déploré l’adjoint au maire.

Aujourd’hui, nous essayons à nouveau d’évacuer les femmes, les enfants et les personnes âgées, avait indiqué plus tôt sur Facebook la vice-première ministre ukrainienne, Iryna Verechtchouk.

Mme Verechtchouk avait toutefois incité à la prudence, car, disait-elle, les forces russes pourraient vouloir organiser un autre couloir d’évacuation en parallèle, vers la Russie cette fois. Ne succombez pas à la tromperie et la provocation, avait-elle lancé.

La dernière évacuation réussie vers Zaporijjia remonte à jeudi, quand, après plusieurs jours sans évacuation possible, trois autocars d’évacués de Marioupol avaient pu se rendre à destination.Un char d'assaut endommagé traîne parmi les décombres dans une rue.

Des civils sont toujours à Marioupol, même si la ville est détruite par endroit et continue d’être bombardée. Photo: Reuters/Alexander Ermochenko

Blinken en visite à Kiev dimanche

Kiev abandonnera les négociations avec Moscou si ses militaires, retranchés dans le vaste complexe métallurgique d’Azovstal à Marioupol, dans le sud-est de l’Ukraine, sont tués par l’armée russe, a réitéré samedi le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Si nos hommes sont tués à Marioupol et si des pseudo-referendums sont organisés dans la région de Kherson, alors l’Ukraine se retirera de tout processus de négociation, a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse organisée dans une station de métro sur la place centrale de Kiev.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken se rendra à Kiev dimanche, a par ailleurs annoncé le président Zelensky. Des officiels américains viendront chez nous : je rencontrerai le secrétaire à la Défense [Lloyd Austin] et Antony Blinken, a-t-il déclaré.

Ce sera la première visite officielle de représentants du gouvernement américain en Ukraine depuis le 24 février.

Fêter la Pâque en ligne

Les autorités ukrainiennes invitent les fidèles à éviter les grands rassemblements habituels du week-end de la Pâque orthodoxe et à suivre plutôt en ligne les services religieux.

Vendredi soir, en vue de la Pâque, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait réclamé une pause humanitaire pour évacuer les civils des villes ukrainiennes envahies par les Russes, à commencer par Marioupol, assiégée et pilonnée par l’armée russe depuis le début mars. En réponse à cet appel, le patriarche orthodoxe russe Kirill a réagi en invitant les fidèles à prier pour une paix durable, sans évoquer l’idée d’une trêve pour le week-end pascal des chrétiens orthodoxes.

Plus tôt, l’Église orthodoxe ukrainienne s’était dite prête à organiser une procession pascale vers l’usine d’Azovstal, à Marioupol, pour apporter une aide d’urgence et évacuer les civils ainsi que les militaires blessés. L’Église ukrainienne relève du patriarcat de Moscou, mais elle a pris ses distances d’avec le patriarche russe Kirill, un allié connu de Vladimir Poutine.

Marioupol, port stratégique de la mer d’Azov, est désormais contrôlé en grande partie par l’armée russe, mais l’armée ukrainienne n’a pas encore abdiqué; ses derniers combattants, appartenant notamment au bataillon Azov, sont retranchés dans l’immense complexe métallurgique d’Azovstal.

Ils demandent depuis plusieurs jours à ce que les femmes et les enfants, qui seraient des centaines avec eux, réfugiés dans les souterrains de ce complexe, puissent être évacués avec des garanties de sécurité.

Une nouvelle vidéo mise en ligne samedi sur YouTube par le bataillon Azov montre des dizaines de femmes et des enfants chaudement habillés dans un dortoir de fortune dans un souterrain d’Avozstal.

Une femme explique notamment à la caméra vivre dans ce souterrain depuis début mars. Une autre, un bébé dans les bras, affirme s’être réfugiée là parce que son mari travaillait dans l’aciérie. Plusieurs enfants filmés disent qu’ils voudraient pouvoir rentrer à la maison.

La date de la vidéo n’a pas pu être immédiatement vérifiée, mais deux femmes interrogées mentionnent que la date du jour est le 21 avril.

Le conseiller de la présidence ukrainienne Oleksiï Arestovytch soutient sur Telegram que les Russes ont repris les frappes aériennes sur le complexe samedi. Ils tentent des opérations d’assaut, mais nos défenseurs, malgré leur situation difficile, mènent des contre-opérations, a-t-il déclaré. Ces informations n’ont toutefois pas pu être vérifiées.

Le président russe, Vladimir Poutine, avait affirmé jeudi que les forces russes ne tenteraient pas d’assaut final sur Azovstal.

L’invasion en Ukraine, un début, selon Zelensky

Vendredi, Moscou a annoncé qu’un couloir terrestre vers la Crimée serait assuré si elle contrôlait le sud de l’Ukraine et la région du Donbass.

Le contrôle du sud de l’Ukraine, c’est également un couloir vers la Transnistrie, où l’on observe également des cas d’oppression de la population russophone, a affirmé un haut responsable militaire russe, le général Roustam Minnekaïev.

La Moldavie a convoqué l’ambassadeur de Russie pour protester contre ces déclarations concernant la région séparatiste moldave. Celles-ci sont jugées contradictoires avec le soutien de la Russie à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du pays, selon la Moldavie.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a estimé vendredi soir que les propos russes ne faisaient que confirmer ce [qu’il a] dit à plusieurs reprises : l’invasion russe de l’Ukraine était censée n’être que le début, et ensuite, ils veulent capturer d’autres pays.

Tous les peuples qui, comme nous, croient en la victoire de la vie sur la mort doivent se battre avec nous, a poursuivi M. Zelensky. Celui-ci a accusé la Russie d’avoir apporté la mort en Ukraine.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

Ukraine: « Le massacre de Boutcha était délibéré », dit Kiev

avril 3, 2022

C’est en reprenant la ville de Boutcha après le départ des troupes russes que les soldats ukrainiens ont découvert plusieurs cadavres dans les rues. Photo: Reuters/Zohra Bensemra

Au 39e jour de l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe, le ministre ukrainien des Affaires étrangères a accusé la Russie de « massacre délibéré » après la découverte de plusieurs cadavres à Boutcha, une ville située au nord-ouest de la capitale, Kiev, juste après le retrait des troupes russes. Plus de 400 habitants y auraient été tués par les forces d’occupation, d’après les autorités ukrainiennes.

En se repliant, les Russes laissent derrière eux un désastre total et de nombreux dangers, a déclaré le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

Les corps de 410 civils ont été retrouvés dans les territoires récemment libérés près de Kiev, a indiqué la procureure générale d’Ukraine Iryna Venediktova. Les experts médico-légaux en ont déjà examiné 140, a-t-elle précisé.

S’exprimant plus tôt sur Twitter, le conseiller présidentiel Mykhaïlo Podoliak a décrit l’horreur :

« [Nous avons découvert] les corps d’hommes et de femmes tués les mains liées. Les pires crimes du nazisme sont de retour en Europe. Ceci a été fait délibérément par la Russie. »— Une citation de  Mykhaïlo Podoliak, conseiller de la présidence ukrainienne

Les corps de 57 personnes ont été retrouvés dans une fosse commune à Boutcha, a déclaré dimanche Serhii Kaplytchny, chef des secours locaux.

Des cadavres gisent dans une rue de Boutcha, au nord-ouest de Kiev, après le retrait des forces russes. Photo : Getty Images/Ronaldo Schemidt

Les journalistes de l’Agence France-PresseAFP qui se sont rendus sur place ont pu constater qu’une dizaine de cadavres étaient visibles, certains étant partiellement inhumés.

L’Agence France-PresseAFP a indiqué avoir vu la veille les corps sans vie d’au moins vingt hommes qui portaient des vêtements civils dans une rue de Boutcha. Un des hommes avait les mains liées et les cadavres étaient éparpillés sur plusieurs centaines de mètres.

On ne pouvait pas déterminer la cause de leur mort dans l’immédiat, mais une personne présentait une profonde blessure à la tête.

Tous ces gens ont été fusillés. Ils [les Russes] les ont tués d’une balle dans la nuque, a affirmé à l’Agence France-PresseAFP le maire de Boutcha, Anatoly Fedorouk.

Le maire a aussi fait état de 280 personnes déjà enterrées dans des fosses communes, car il était impossible de le faire dans les trois cimetières de la municipalité.

Un homme à la recherche de nourriture à Boutcha, le 2 avril 2022. Photo: Getty Images/Ronaldo Schemidt

Aux yeux du ministre ukrainien des Affaires étrangères, Moscou doit payer pour ce massacre délibéré.

« Les Russes veulent éliminer autant d’Ukrainiens qu’ils le peuvent. Nous devons les arrêter et les expulser du pays. J’exige de nouvelles sanctions dévastatrices du G7 immédiatement. »— Une citation de  Dmytro Kouleba, ministre ukrainien des Affaires étrangères

Moscou dément toute responsabilité

Par la voix de son ministère de la Défense, la Russie a réagi rejetant ces accusations.

« Pendant la période au cours de laquelle cette localité était sous le contrôle des forces armées russes, pas un seul résident local n’a souffert d’actions violentes. »— Une citation de  Extrait du communiqué du ministère russe de la Défense

Moscou a ajouté que son armée avait distribué 452 tonnes d’aide humanitaire aux civils dans ce secteur.

Le ministère a ajouté que tous les habitants avaient eu la possibilité de quitter librement la localité vers le nord, alors que les banlieues sud de la ville étaient la cible de tirs des troupes ukrainiennes 24 heures sur 24.

Pour ce qui est des images de cadavres dans les rues de la ville, c’est une nouvelle production du régime de Kiev pour les médias occidentaux, poursuit le communiqué du ministère de la Défense.

Il a assuré que toutes les unités militaires russes s’étaient retirées de Boutcha le 30 mars, au lendemain de l’annonce par la Russie qu’elle allait réduire de façon significative son activité dans le nord de l’Ukraine.

Vague d’indignation en Occident

Les États-Unis et l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN ont exprimé dimanche leur horreur devant les récits d’atrocités imputées aux forces russes.

Ces images sont un coup de poing à l’estomac, a réagi le secrétaire d’État américain Antony Blinken sur la chaîne CNN en rappelant avoir prévenu avant l’agression de la Russie que ce pays risquait de commettre des atrocités.

Deux personnes poussent leur vélo en traversant une rue où gisent plusieurs cadavres à Boutcha, au nord-ouest de Kiev. Photo : Getty Images/Ronaldo Schemidt

Le secrétaire général de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN, Jens Stoltenberg, a pour sa part dit estimer que les violences de Boutcha étaient horribles et a dénoncé une brutalité inédite en Europe depuis des décennies.

Il est absolument inacceptable que des civils soient pris pour cibles et tués, et cela souligne l’urgence de mettre fin à cette guerre, a-t-il affirmé sur la même chaîne.

Évoquant des actes révoltants commis par l’armée russe contre des civils en Ukraine, la cheffe de la diplomatie britannique, Liz Truss, a réclamé une enquête pour crimes de guerre.

« Les attaques acharnées contre des civils innocents durant l’invasion illégale et injustifiée de l’Ukraine par la Russie doivent faire l’objet d’une enquête pour crimes de guerre. »— Une citation de  Liz Truss, ministre britannique des Affaires étrangères

Nous devons faire toute la lumière sur ces crimes commis par l’armée russe, a déclaré de son côté le chancelier allemand Olaf Scholz.

Les auteurs de ces crimes et leurs commanditaires doivent rendre des comptes, a-t-il dit, réclamant notamment que des organisations internationales aient accès à la région pour documenter ces atrocités.

Le chef du gouvernement italien Mario Draghi pense lui aussi que la Russie doit payer. Les autorités russes doivent cesser immédiatement les hostilités, mettre fin aux violences contre les civils et devront rendre des comptes, a-t-il ajouté.

Les autorités russes devront répondre de ces crimes, a quant à lui déclaré le président français Emmanuel Macron.

Se disant choqué, le président du Conseil européen, Charles Michel, a lui aussi accusé l’armée russe d’avoir commis des atrocités dans la région libérée de Kiev. Il a également réclamé davantage de sanctions à l’encontre de Moscou.

L’Union européenneUE aide l’Ukraine et des ONG à rassembler les preuves nécessaires pour intenter des poursuites devant les cours internationales, a précisé le président du Conseil européen.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse, Reuters et CNN

Le dégel printanier, un spectre qui guette l’armée russe en Ukraine

mars 9, 2022
 Des chars russes.

Des blindés russes à la frontière ukrainienne. Photo : Radio-Canada/Alexey Sergeev

Le facteur climatique pourrait jouer un rôle décisif dans l’invasion russe de l’Ukraine, avec l’arrivée attendue de la « raspoutitsa » , phénomène saisonnier qui voit la terre ferme se muer en boue collante redoutable pour les véhicules militaires, selon des spécialistes.

Ce terme russe, qui signifie le temps des mauvaises routes, est une réalité bien connue en Ukraine, en Russie et au Bélarus, où le radoucissement des températures et la fonte des neiges au printemps, tout comme les fortes pluies de l’automne, se traduisent par plusieurs semaines de gadoue, deux fois par an.

Avant même que la raspoutitsa n’ait commencé, les images de chars et de véhicules militaires russes embourbés en Ukraine pullulent sur les réseaux sociaux.

Il y a déjà eu beaucoup de situations dans lesquelles des chars russes et d’autres véhicules sont passés par les champs et ont été bloqués. Les soldats ont été obligés de les abandonner et de continuer à pied, affirme à l’AFP l’analyste militaire ukrainien Mykola Beleskov.

Ce problème existe, et il va s’aggraver, ajoute-t-il, au sujet de l’arrivée de cette débâcle des fameuses terres noires, ou tchernozioms, qui ont fait la richesse agricole de l’Ukraine et des régions voisines entre le Don et la Volga.

L’expérience de Napoléon et d’Hitler

Les troupes de Napoléon en ont fait la pénible expérience, retardées lors de leur retraite de Russie fin 1812 au point d’être rattrapées par les rigueurs de l’hiver.

Sur le front Est pendant la Deuxième Guerre mondiale, si les grandes opérations mécanisées étaient presque complètement arrêtées pendant les grandes pluies d’automne ou lors des dégels du printemps à cause de la célèbre raspoutitsa, la boue des plaines russes, elles reprenaient en hiver, lorsque les sols avaient à nouveau durci, expliquait l’historien Laurent Henninger dans la revue Défense nationale en 2015.

C’est avec l’arrivée de l’hiver 1941 que Hitler put lancer sa grande offensive – ratée – destinée à prendre Moscou, soulignait-il dans un article au sujet de l’impact du facteur climatique sur la guerre.

Dans le sens inverse, la raspoutitsa a freiné la contre-offensive soviétique en 1943.

Rappels historiques : le dégel engendre une saison des boues (raspoutitsa) qui dure 3-4 semaines, et remonte du sud (Crimée) vers le nord en quelques jours jusqu’au Bélarus. En 1942, elle a débuté vers le 21 mars. En 1943, le 18 mars. En 1944, le 17 mars, indique sur Twitter l’historien militaire Cédric Mas.

Le temps ne joue pas en faveur de Poutine, estimait-il dimanche, relevant, outre les sanctions et l’isolement diplomatique de la Russie, que la météo va se dégrader prochainement avec la raspoutitsa.

Le début du printemps est un mauvais moment pour envahir l’Ukraine, écrivait le professeur en stratégie de sécurité nationale Spencer Meredith dans un article publié à quelques jours du début de l’invasion par le Modern War Institute de la prestigieuse académie militaire américaine de West Point.

Normalement, à la mi-février, les routes sont recouvertes de couches de glace et de neige compactes, qui fondent ensuite pour révéler un champ de mines de nids-de-poule, soulignait-il.

Le climat, atout pour l’Ukraine

Cette année, selon les dernières prévisions, le phénomène devrait se manifester à partir de la mi-mars.

Pour les troupes russes, la situation va empirer à mesure que le temps se réchauffe et que les pluies commencent, confirme Mykola Beleskov. Elles vont se retrouver clouées au sol, poursuit-il.

La raspoutitsa, rendant les sols boueux, canalise les opérations sur le bitume des routes et des rues, relevait la semaine dernière l’historien militaire Michel Goya dans la revue Le Grand Continent. Une configuration qui contraint les forces d’invasion à progresser en colonnes sur les axes routiers, plus exposées aux problèmes logistiques ou aux attaques.

Le facteur climatique est un des principaux atouts de l’Ukraine face à la supériorité militaire russe, approuve Jason Lyall, spécialiste de la violence politique dans les guerres civiles et conventionnelles et enseignant à l’université américaine de Dartmouth.

Les quatre cavaliers de l’armée ukrainienne : le Javelin, le Stinger, la raspoutitsa et TikTok, résume-t-il sur Twitter, en référence aux lance-missiles antichars Javelin, aux missiles antiaériens Stinger et au réseau social largement utilisé pour rendre compte de la guerre.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

« Z » : le symbole de soutien à l’armée russe envahit l’espace public

mars 8, 2022
Une affiche arborant le symbole Z dans une ville russe.

Le « Z » se multiplie dans les lieux publics russes en guise d’appui aux troupes déployées en Ukraine. Photo : AFP via Getty Images / –

Depuis le début de l’intervention russe en Ukraine, la lettre « Z », inscrite sur les chars de Moscou, a fait son apparition dans l’espace public en Russie : sur les voitures, le torse d’un athlète et jusque sur le vernis à ongles des femmes.

Si plusieurs théories existent sur sa signification, une chose est certaine : il s’agit d’un symbole de soutien à l’armée russe, dont l’apparition cristallise les passions, pour ou contre.

Le Z, une lettre latine et non cyrillique, a d’abord fait surface en étant peint sur les blindés russes avançant vers l’Ukraine ou dans le pays, possiblement afin de les distinguer d’équipements ukrainiens semblables et éviter les tirs amis.

Mais le signe de reconnaissance est vite devenu un symbole, se propageant sur les voitures dans les rues de Moscou, sur les vêtements ou sur les profils des Russes sur les réseaux sociaux. Et les autorités semblent vouloir encourager le phénomène.

Sur ses pages Instagram et Telegram, le ministère russe de la Défense décline la lettre en plusieurs messages : Za Pobedu (pour la victoire), Za Mir (pour la paix), Za pravdu (pour la vérité), Za Rossiïou (pour la Russie).

Des médias locaux ont aussi publié une photo prise du ciel d’une soixantaine d’enfants malades, de leurs familles et de soignants formant un Z dans la cour enneigée de leur hospice situé à Kazan, au Tatarstan.

Quelques jours plus tard, le gymnaste russe Ivan Kuliak, 20 ans, est monté sur la troisième marche du podium de la Coupe du monde de gymnastique à Doha, au Qatar, avec un Z fixé sur la poitrine. À côté, sur la première marche, un athlète ukrainien.

La Fédération internationale de gymnastique a réagi en demandant l’ouverture d’une procédure disciplinaire contre Kuliak pour son comportement choquant.Un jeune gymnaste porte un uniforme bleu, blanc et rouge sur lequel on peut voir un z en ruban adhésif

Ivan Kuliak a affiché un Z sur son uniforme au Qatar Photo : Twitter

Le jeune athlète a pour sa part déclaré aux médias russes que si c’était à refaire je ferais la même chose.

Je l’ai vu porté par nos militaires et j’ai regardé ce que voulait dire le symbole. […] Je voulais montrer ma position. En tant qu’athlète, je me battrai toujours pour la victoire et je jouerai pour la paix.

Parmi les théories sur la signification du Z figure aussi la possibilité toute prosaïque qu’il s’agisse de la première lettre du mot zapad, qui veut dire ouest en russe, en référence aux forces armées du district occidental du pays.

Enfin, certains ont aussi relevé qu’il s’agissait de la première lettre du nom du président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

Quoi qu’il en soit, des politiciens aux célébrités, en passant par certains influenceurs, chacun veut s’afficher avec son Z, devenu un symbole d’allégeance au Kremlin.

Roskomnadzor, le gendarme des médias russes, a ainsi écrit en lettre majuscule le Z dans son nom sur Telegram.

Dans de nombreuses régions russes, y compris reculées, les flash mobs et autres manifestations de soutien se sont multipliées sous le slogan Nous n’abandonnons pas les nôtres, avec aussi des chorales de femmes chantant avec un Z sur la poitrine, des taxis affichant le Z à leurs fenêtres ou des voitures garées en forme de Z.Un combattant prorusse marche devant un camion arborant le Z blanc.

Les véhicules militaires russes arborent le « Z » peint en blanc depuis le début de l’invasion de l’Ukraine. Photo : Reuters/Alexander Ermochenko

Une habitante de Donetsk, ville dans l’est séparatiste prorusse de l’Ukraine, a aussi publié sur Instagram une photo de ses ongles peints en noir avec un Z blanc.

Et à Barnaoul (sud), un immense Z a été déplié sur la neige, aux couleurs orange et marron du ruban de saint Georges, symbole de valeur militaire.

Des esprits industrieux ont aussi flairé le bon filon et des t-shirts siglés Z sont désormais vendus en ligne.

Dans le camp des opposants à l’intervention militaire, les symboles sont moins visibles dans l’espace public, même si de petites manifestations ont lieu quotidiennement malgré l’interdiction.

Des slogans pacifistes sont parfois inscrits à la peinture sur des murs à Moscou. Mais ils sont rapidement effacés.

Avec Radio-Canada par Agence France-Presse

Mali : ce que l’on sait sur le charnier de Niono

mars 8, 2022
Patrouille de l’armée malienne entre Mopti et Djenne, en février 2020 © MICHELE CATTANI / AFP

Après la découverte d’au moins 35 corps calcinés près de Dogofry, au sud-ouest de Nampala, plusieurs sources locales accusent l’armée, qui mène des opérations avec les mercenaires russes de Wagner dans la région. Mais les Fama démentent.

Les images sont insoutenables. Au milieu de de la brousse, des corps calcinés, enchevêtrés, les mains parfois liées dans le dos. Plus loin, un autre corps, seul, lui aussi brûlé. L’homme qui filme avec son téléphone s’exprime en fulfulde puis en bambara. « Dieu est grand. C’est le travail de soldats. Ce sont des soldats qui sont responsables de ça. Dieu nous voit tous », souffle-t-il, horrifié.

Cette vidéo aurait été tournée le 2 mars dans la commune de Dogofry, à environ 80 km au sud-ouest de Nampala. En tout, 35 corps, brûlés la nuit précédente. La quasi-totalité de ceux qui ont été identifiés étaient des Peuls des environs. Un nouveau massacre contre cette communauté souvent assimilée par les Forces armées maliennes (Fama) aux groupes jihadistes qui écument le centre du pays.

« Montée de toutes pièces »

Dans un communiqué diffusé le 5 mars, l’état-major général des armées a évoqué une « vidéo montée de toutes pièces » circulant sur les réseaux sociaux et « faisant état d’une exécution sommaire collective des Fama sur des populations civiles dans le secteur de Diabaly dans la nuit du 1er mars au 2 mars ». « L’état-major général des armées se porte totalement en faux contre ces allégations qui sont de nature à jeter le discrédit sur les Fama, respectueuses des droits de l’homme et du droit international humanitaire. Les Fama ne sauraient être responsables d’une telle abjection et ces informations constituent de la désinformation », poursuit le texte.

C’ÉTAIT DIFFICILE DE LES IDENTIFIER. MAIS CERTAINS ONT PU RECONNAÎTRE LEURS PARENTS

Selon plusieurs sources locales jointes par JA, plusieurs individus qui revenaient d’une foire avaient été arrêtées le 20 février par les militaires maliens dans les environs de Niono. D’autres interpellations avaient aussi eu lieu dans des villages aux alentours de Nampala. Est-ce ces personnes qui ont été tuées dans la nuit du 1er au 2 mars ? « Plusieurs corps étaient ligotés. C’était difficile de les identifier, confie un habitant. Mais certains ont pu reconnaître leurs parents. Il y avait parmi eux des personnes qui avaient été arrêtées plus tôt à Niono. »

Ces derniers jours, plusieurs autres civils peuls ont été arrêtés dans deux autres villages proches de Nampala. Selon un habitant de la zone, au moins sept personnes y auraient été tuées.

Accompagnés par des Russes ?

Plusieurs associations locales tentent désormais d’identifier les victimes et ont établi des listes de personnes disparues ou arrêtées ces dernières semaines. Les habitants des environs, eux, voudraient les enterrer dès que possible. Mais les associations leur demandent d’attendre l’arrivée d’enquêteurs. L’armée malienne a annoncé qu’elle allait investiguer. La Minusma aussi. La mission de l’ONU au Mali s’est déjà emparée de l’affaire et devrait communiquer ses conclusions dans les semaines à venir.

Si les Fama sont clairement pointées du doigt, certains suspectent aussi leurs nouveaux alliés de Wagner d’être liés à ces exactions. Selon nos informations, des mercenaires de la nébuleuse russe mènent des opérations conjointes avec les militaires maliens dans le cercle de Niono depuis fin janvier. « Les Fama sont accompagnées par des Russes dans la zone. Nous les voyons patrouiller ensemble », confirme une source locale.

Avec Jeune Afrique

Mali : deuil national après une attaque jihadiste meurtrière contre l’armée

mars 5, 2022
Les Forces armées maliennes lors d’une formation avec les forces spéciales françaises, dans la base militaire de Menaka, au Mali, le 7 décembre 2021. © Thomas Coex, AFP

Menées, selon certaines sources, par plusieurs centaines de jihadistes, l’attaque a fait au moins 27 morts et de nombreux blessés au sein des Forces armées maliennes, au moment où la France a annoncé la fin de l’opération Barkhane. L’armée malienne ne cesse depuis des semaines de proclamer des succès contre les terroristes.

C’est l’attaque la plus meurtrière rapportée contre les Forces armées maliennes (Fama) depuis plusieurs mois. Le 4 mars, vers 05 h 30, au camp de Mondoro dans le centre du Mali, au moins 27 soldats ont été tués, 33 blessés, dont 21 graves, et 7 « portés disparus », a annoncé l’armée dans un communiqué.

Selon l’armée, 47 assaillants ont été « neutralisés » dans la matinée et 23 autres l’ont été à la suite d’un « ratissage sur les sanctuaires terroristes ». Un deuil national de trois jours à compter de samedi a été décrété par le gouvernement de transition d’Assimi Goïta.

Retrait militaire européen

Cette attaque survient en pleine reconfiguration militaire. Au cours des derniers mois sont arrivés au Mali de nombreux renforts présentés par les autorités maliennes comme des instructeurs russes et par les Occidentaux comme des mercenaires appartenant au groupe Wagner. La France, à travers l’opération Barkhane, et ses alliés européens au sein du regroupement de forces spéciales Takuba viennent, eux, d’annoncer leur retrait militaire du Mali. Sur fond de vives tensions diplomatiques entre la junte au pouvoir depuis 2020 et certains des partenaires du Mali, au premier rang desquels Paris, l’armée malienne ne cesse depuis des semaines de proclamer des succès contre les jihadistes, revendiquant la mort de dizaines de jihadistes ces derniers mois.

Un communiqué publié cette semaine assurait que « la peur [avait] changé de camp, l’ennemi est en fuite vers les frontières ou en dissimulation dans la population ». Ces informations sont difficilement vérifiables faute d’accès au terrain ou de sources pouvant s’exprimer.

Dans la jouréne du 4 mars, plusieurs sources au Mali avaient indiqué qu’une attaque avait fait de nombreux morts à Mondoro. Une source militaire française sous couvert de l’anonymat avait indiqué que le bilan de cette attaque menée par plusieurs centaines de jihadistes avait fait entre 40 et 50 morts. La source affirmait que 21 véhicules avaient été saisis par les jihadistes, dont plusieurs blindés. En outre, selon cette même source, « les Fama n’ont pas demandé l’appui de Barkhane ».

Situation de blocus

Proche de la frontière avec le Burkina Faso, le camp de Mondoro a été à plusieurs reprises par le passé la cible d’attaques de groupes jihadistes qui opèrent dans la zone depuis plusieurs années. Les habitants dénoncent une situation de blocus imposé par les jihadistes, malgré la présence de l’armée. Une opération contre le camp et celui de Boulkessi, proche, avait fait une cinquantaine de morts parmi les soldats en septembre 2019. Depuis 2019, le village de Mondoro est isolé et les télécommunications sont des plus aléatoires. Le camp se trouve dans l’un des principaux foyers de la violence qui, partie du nord du Mali avec des insurrections indépendantiste et jihadiste en 2012, s’est étendue au centre et au Burkina et au Niger voisins.

Deux tiers du territoire malien échappent au contrôle de l’État. La propagation jihadiste, sous affiliation d’Al-Qaïda ou de l’organisation État islamique, commence à toucher plus au sud, la Côte d’Ivoire ou le Bénin par exemple, menaçant de gagner le golfe de Guinée.

Les agissements jihadistes, conjugués aux violences intercommunautaires, aux actes crapuleux mais aussi aux exactions de l’armée, ont fait des milliers de morts, civils et militaires, et des centaines de milliers de déplacés. Plus de 30 soldats avaient été tués en mars 2021 à Tessit dans une telle opération, revendiquée par l’organisation État islamique. Toutefois, au cours des derniers mois, les pertes humaines effectivement rapportées dans les rangs de l’armée avaient diminué. Mais une chose est sûre, l’insécurité contribue à l’instabilité politique dans la région.

Avec Jeune Afrique par AFP

La Russie « frustrée » par la ferme résistance de l’Ukraine, selon le Pentagone

février 27, 2022

La Russie, qui vient d’annoncer l’élargissement de son offensive contre l’Ukraine, apparaît « de plus en plus frustrée » par la ferme résistance de l’armée ukrainienne, selon le Pentagone qui s’apprête à fournir des armements supplémentaires à l’armée ukrainienne.

« Nous estimons que plus de 50 % de la force que (le président russe Vladimir) Poutine a massée contre l’Ukraine (…) est engagée » dans le pays, a dit samedi un haut responsable du ministère américain de la Défense ayant requis l’anonymat.

Il s’exprimait quelques minutes avant une annonce du ministère russe de la Défense selon laquelle « toutes les unités ont reçu l’ordre d’élargir l’offensive dans toutes les directions ».

Au moins 198 civils, dont trois enfants, ont été tués et 1.115 personnes blessées depuis jeudi, selon le ministre ukrainien de la Santé, Viktor Liachko.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est félicité de la résistance de son pays: « Les occupants voulaient bloquer le centre de notre Etat et y placer leurs marionnettes, comme à Donetsk. Nous avons cassé leur plan », a-t-il déclaré samedi, assurant que l’armée russe n’avait « obtenu aucun avantage ».

Le Pentagone estime que depuis que la Russie a lancé son offensive militaire jeudi à l’aube, ses forces massées au nord, à l’est et au sud de l’Ukraine — plus de 150.000 soldats équipés de chars lourds, de bombardiers, de missiles — n’ont pas avancé aussi vite que Moscou l’espérait.

« Nous continuons aussi à voir des signes d’une résistance ukrainienne viable », a déclaré le haut responsable américain. « Nous pensons que les Russes sont de plus en plus frustrés par leur perte d’élan au cours des dernières 24 heures, notamment dans le nord de l’Ukraine ».

C’est au nord de Kiev et autour de Kharkiv, dans l’est du pays, que la résistance est la plus forte, selon les estimations du Pentagone.

Samedi, les forces russes n’avaient encore pris le contrôle d’aucune ville ukrainienne et n’avaient toujours pas gagné le contrôle de l’espace aérien ukrainien, a ajouté ce responsable.

« La défense aérienne de l’Ukraine, y compris ses avions, reste opérationnelle et continue de lutter et d’interdire l’accès aux avions russes dans certaines zones du pays », a-t-il souligné.

Les forces russes restaient bloquées à une trentaine de kilomètres au nord de Kiev samedi, a-t-il noté, soulignant cependant que la situation pouvait évoluer rapidement.

Aide militaire

Les forces russes « sont frustrées par (…) une résistance ukrainienne très déterminée qui les a ralenties », a-t-il insisté. « Sur la base de nos observations, cette résistance est supérieure à ce que les Russes anticipaient ».

Les Occidentaux, et notamment les Etats-Unis, continuent de fournir une assistance à l’Ukraine, notamment en armement et munitions, a-t-il noté.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a annoncé samedi une nouvelle aide militaire à l’Ukraine d’un montant de 350 millions de dollars, pour aider Kiev à combattre l’invasion russe.

« Cette aide comprendra de nouveaux moyens militaires défensifs qui permettront à l’Ukraine de combattre les menaces blindées, aéroportées et autres auxquelles elle fait face aujourd’hui », a affirmé M. Blinken dans un communiqué.

Il s’agit notamment de missiles antichars, d’armes légères, de munitions et de gilets pare-balles destinés aux combattants ukrainiens sur la ligne de front, a précisé à la presse le porte-parole du Pentagone, John Kirby.

Selon le haut responsable du Pentagone, les envois d’aide militaire à l’Ukraine n’ont pas cessé avec le début de l’offensive russe.

« Je peux vous confirmer qu’ils ont reçu une aide militaire de notre part ces derniers jours », a-t-il dit, précisant que le lot annoncé samedi comprendrait notamment des missiles antichars Javelin, un armement avancé utilisé par l’armée américaine.

Par Le Point avec AFP