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RDC : pour vaincre le terrorisme, l’armée doit changer en profondeur

décembre 10, 2021
Des soldats des FARDC stationnés à Béni, le 14 décembre 2018. © Goran Tomasevic/REUTERS

Sans une véritable force armée neutre et perçue comme protectrice, il sera impossible de sécuriser le Nord, le Sud-Kivu et l’Ituri.

La région des Grands lacs est traversée par de féroces antagonismes ethniques. Les affrontements et opérations d’influence menées par le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda ont largement contribué à la situation actuelle. L’ensemble de ces conflits sont en effet alimentés non seulement par les différends fonciers, mais aussi par la volonté de maîtriser les abondantes ressources minières ou agricoles régionales. C’est dans ce contexte que le risque terroriste jihadiste semble s’affirmer, porté par les Forces démocratiques alliées (AFD), un groupe armé adoubé en 2018 par l’État islamique (EI).

Épouvantail et paravent

Nés dans les années 1990, les ADF n’ont eu recours aux méthodes terroristes qu’à partir de 2013, sans pour autant se réclamer du jihad international. Jusqu’en 2018, leurs liens avec les réseaux jihadistes internationaux étaient clairement sujets à caution pour les experts de la région. De fait, le ralliement à l’EI, opportuniste, n’implique pas automatiquement des liens préalables. Et il semble avéré que le groupe a pu servir pendant plusieurs années d’épouvantail aux milieux politiques de Kinshasa (notamment kabilistes). Ou bien de paravent commode à des exactions perpétrées par les Forces armées de la RDC (FARDC), selon Thierry Vircoulon, chercheur à l’Institut français des relations internationales (Ifri).

DE FACTO, LES ADF SONT AUJOURD’HUI DEVENU UN VECTEUR DE PROPAGATION DU JIHADISME

Mais la montée en épingle du caractère islamiste des ADF a tout de même entraîné une stigmatisation croissante des musulmans de RDC (un peu plus de 10 % de la population). Une donne qui a probablement renforcé les potentialités de recrutement et d’expansion du groupe et sa réputation internationale. De facto, le groupe est aujourd’hui devenu un vecteur de propagation du jihadisme. Même si le contexte général semble bien rester de l’ordre des antagonismes politico-ethniques.

Stratégie plus volontariste

Cette donne n’a pas échappé à l’actuel gouvernement congolais, qui semble vouloir se doter d’une stratégie plus volontariste que sous l’ère du président Kabila. Pour Kinshasa, alerter sur le péril jihadiste pourrait permettre de redonner parallèlement une impulsion à la pacification générale du « piège à conflits » des Grands lacs. En effet, malgré le record de violences qu’ils affichent, les ADF n’usent pas de méthodes de terreur différentes de celles des groupes armés « classiques » (trafics illégaux, massacres de civils, torture, esclavagisme, enlèvements, enfants-soldats, etc.).

L’intervention du président Tshisekedi, également président de l’Union africaine (UA), à l’occasion de la 76e session ordinaire de l’assemblée générale des Nations-Unies, le 21 septembre 2021, est, de ce point vue, révélatrice. Le chef de l’État congolais y défendait sa décision d’instaurer l’état de siège et rappelait le devoir de soutien mutuel des pays de l’ONU face au terrorisme, tout en insistant sur le fait que le jihadisme n’est qu’un acteur parmi d’autres des violences qui touchent le nord-est de la RDC depuis les deux guerres du Congo (1996-2004).

TSHISEKEDI A IMPLICITEMENT SOLLICITÉ LES ÉTATS-UNIS ET LE FRANCE, ET PLUS EXPLICITEMENT LE TCHAD

Outre l’appel du pied en faveur du maintien de la Monusco, les puissances implicitement sollicitées par ce discours semblaient bien être les États-Unis, mais aussi la France, en pointe dans le contre-terrorisme africain. Le Tchad était plus explicitement mentionné. Ce qui ne doit rien au hasard, tant la réputation militaire [mérité] du pays, en matière de contre-guérilla, est ancrée sur le continent. Étant donné la forte tension opérationnelle des armées tchadiennes dans tout le Sahel, il est peu probable d’imaginer une projection dans la région des Grands lacs. Cependant, l’appel au Tchad, très actif dans la diplomatie militaire africaine – et proche partenaire de la France –, indique clairement l’alignement et le type de coopération que la RDC souhaite privilégier aujourd’hui.

Plus récemment, la RDC a poursuivi la construction de son nouveau réseau d’alliances grâce à une aide militaire des Émirats arabes unis. Outre une trentaine de blindés, Abu Dhabi a notamment mis à sa disposition immédiate un milliard de dollars, au titre de l’aide au développement dans l’Est congolais. La stratégie du gouvernement semble payer.

Réformer les FARDC

Mais elle restera lettre morte sans une réforme en profondeur, organique et opérationnelle, des FARDC. L’enjeu est d’autant plus grand que cette réforme conditionnera l’aide internationale. Les récentes déclarations en ce sens de l’ambassadeur américain en RDC, Mike Hammer, étaient claires ; comme celles, en 2020, du ministre des Affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian.

PEU FORMÉES ET MAL PAYÉES, LES FARDC SONT RÉDUITES À VIVRE SUR LE PAYS, EN S’ALIÉNANT LA POPULATION

Les FARDC souffrent de lacunes techniques et organiques importantes, malgré des réussites tactiques et opératives avérées. Peu formées et mal payées, elles sont régulièrement réduites à vivre sur le pays, en s’aliénant la population. De plus, des officiers et leurs unités se livrent régulièrement à des activités mafieuses, dont le trafic illégal de minerai. Ce qui contribue à entretenir les dynamiques conflictuelles locales, tout en décrédibilisant l’État. Le traitement des soldats est en cause (soldes insuffisantes, casernement sommaires, etc.), tout comme le manque de rotation régulière des unités.

Les effectifs sont majoritairement composés d’anciens groupes armés, intégrés à l’issue de processus DDR (Désarmement, démobilisation, réinsertion) bâclés. Une réalité d’ailleurs reconnue par Félix Tshisekedi : en juin dernier, il admettait ouvertement l’existence de « pratiques mafieuses » au sein des FARDC. Il en résulte un patchwork de milices peu disciplinées et peu opérationnelles qui nuisent à l’homogénéité générale. La nature ethnique (et mafieuse) de ces ex-milices, combinée au passif conflictuel régional, pourrait d’ailleurs être en partie à l’origine de certaines des exactions dont les FARDC sont accusées.

Depuis 2019, un nouveau processus DDR semble avoir été engagé. Ce qui constitue, en théorie, une nouvelle encourageante. Toutefois, son déploiement devra se faire avec une rigueur et un suivi solides, au risque de produire les mêmes vices. Ces réformes pourraient avoir un impact fort sur l’efficacité opérationnelle des FARDC et leur capacité à représenter le retour en force de l’État. Car ces dernières bénéficient tout de même d’une forme de légitimité auprès de populations lassées par les prédations des groupes armés, comme le montrait en 2019 une étude de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri).

Cercle vertueux

Sur le plan de la professionnalisation, notamment celle des cadres, les efforts semblent être au rendez-vous, avec une implication croissante de la France, via l’institut Themiis. Une étape incontournable pour doter une armée d’une administration et d’une chaîne de commandement efficace dans la durée. La coopération avait été initiée sous le président Kabila, et se trouve maintenue avec succès par le président Tshisekedi. Cependant, ce dernier semble vouloir élargir le spectre des coopérations avec les États-Unis et la Belgique, au détriment de la Russie.

AUCUN PROGRÈS NE SERA POSSIBLE DANS LE NORD, LE SUD-KIVU ET L’ITURI SANS UNE FORCE ARMÉE PERÇUE COMME PROTECTRICE

Le renouvellement des cadres généraux apparait également incontournable dans un état-major marqué par la corruption, la politisation et des soupçons de crimes de guerre. Ce processus est en revanche plus lent, du fait de sa haute sensibilité.

En tout état de cause, la réforme des FARDC sera longue. Mais aucun progrès ne sera possible dans la sécurisation du Nord et du Sud-Kivu, ainsi que de l’Ituri, sans une force armée neutre et perçue comme protectrice. Les réformes entreprises pourraient cependant aboutir à de premiers résultats. Et dès lors favoriser la coopération internationale, ce qui serait susceptible d’enclencher un cercle vertueux sur le long terme. Dans le cas contraire, l’état de siège proclamé par le président Tshisekedi et les nouvelles tactiques récemment annoncées (systèmes d’alertes, etc.) ne resteront que de l’ordre de la stratégie déclaratoire.

Pierre D'Herbès

Avec Jeune Afrique par Pierre D’Herbès

Journaliste indépendant spécialiste des questions de défense

Canada: L’armée en renfort en Colombie-Britannique

novembre 17, 2021

Plus de 900 personnes logent dans des refuges à Hope, alors que les routes qui entourent la municipalité sont coupées.

Une femme et des enfants naviguent dans une barque lors d'inondations en C.-B.

Une femme et des enfants naviguent dans une barque dans une partie inondée de la Ville d’Abbotsford, en Colombie-Britannique.

PHOTO : LA PRESSE CANADIENNE / DARRYL DYCK

Ottawa déploie les Forces armées canadiennes en Colombie-Britannique, en réponse aux inondations extrêmes dans le sud de la province.

Nous avons approuvé le déploiement de personnel de soutien aérien des Forces canadiennes pour aider aux efforts d’évacuation, soutenir les voies d’approvisionnement et protéger les résidents contre les inondations et les glissements de terrain, écrit le ministre de la Sécurité publique Bill Blair dans un gazouillis.

Le ministre dit avoir parlé à son homologue provincial Mike Farnworth pour lui faire savoir que nous sommes aux côtés des Britanno-Colombiens pendant cette période extrêmement difficile, et que nous travaillons sans relâche pour leur fournir le soutien dont ils ont besoin le plus rapidement possible.

La Colombie-Britannique pourrait déclarer l’état d’urgence

Par ailleurs, l’état d’urgence pourrait être déclaré en Colombie-Britannique, après des inondations qui ont fait au moins un mort et des milliers d’évacués. Une réunion du Cabinet doit se tenir mercredi à cet effet.

Les experts notent que les effets sont plus importants que ce à quoi on s’attendait, a expliqué mardi le ministre de la Sécurité publique, Mike Farnworth. Un état d’urgence à l’échelle provinciale sera tout à fait considéré.

Une vingtaine de centres de refuge sont ouverts dans l’intérieur de la province, notamment à Hope, Kamloops et Kelowna.

Plus au sud, dans les basses-terres de la vallée du fleuve Fraser, Abbotsford a ordonné mardi soir l’évacuation immédiate de tous les résidents de Sumas Prairie, durement touchée par la montée des eaux.

Un homme près de sa voiture arrêtée devant une route jonchés de troncs d'arbres.

Une route bloquée par des arbres arrachés par des glissements de terrain. Photo : Radio-Canada/Ben/Nelms/CBC

Près d’un millier de personnes réfugiées à Hope

Toutes les personnes qui se trouvaient à proximité des trois glissement de terrains majeurs sur des routes du sud de la province ont depuis été secourues et transportées vers les communautés avoisinantes, a affirmé le ministre. La GRCGendarmerie royale du Canada et les équipes d’urgence ont fouillé les environs afin de s’assurer que personne n’a été laissé derrière.

Plus de 900 personnes ont trouvé refuge à l’école secondaire et dans une église de Hope, affirme le ministre de la Sécurité publique Mike Farnworth.

Le service de gestion d’urgence de la Colombie-Britannique, Emergency Management BC, travaille de concert avec le service de lutte aux incendies afin de transporter de la nourriture, de l’eau et des couvertures par voie aérienne.

Des équipes tentent de débloquer les routes qui relient l’intérieur de la province au Grand Vancouver, assure le gouvernement.

Dans un rare moment d’émotion, le ministre Mike Farnworth a offert ses condoléances à la famille de la personne retrouvée morte dans un glissement de terrain près de Lillooet, dans l’intérieur de la province.

Avec Radio-Canada par Geneviève Lasalle

Guinée : purge à la tête de l’armée, Mamadi Doumbouya place ses hommes

octobre 13, 2021
Lors de l’investiture du colonel Mamadi Doumbouya, le 1er octobre 2021. © DR

Le président de la transition a mis à la retraite une quarantaine d’officiers généraux. Parmi eux, l’ancien président de la transition Sékouba Konaté et plusieurs anciens proches d’Alpha Condé.

Après avoir dissous le gouvernement, l’Assemblée nationale et la plupart des institutions dans la foulée de son arrivée au pouvoir par la force, le 5 septembre dernier, le colonel Mamadi Doumbouya a annoncé une importante purge au sein de l’armée. Le président de la transition a mis à la retraite d’office quarante généraux et deux amiraux. Une décision rendue publique par un décret lu à la télévision nationale, mardi 12 octobre.

Le général Sékouba Konaté, qui fut président de la transition par intérim en 2010, a fait les frais de ce coup de balai au sein de la Grande Muette. L’officier s’était pourtant publiquement réjoui du putsch qui a renversé Alpha Condé. Moussa Dadis Camara, qui fut son binôme à la tête de la transition entre décembre 2008 et décembre 2010, s’était pour sa part déjà « volontairement retiré » de l’armée en 2015, qu’il avait quittée avec le grade de capitaine, avant d’annoncer sa volonté de se présenter à l’élection présidentielle de la même année.

Plusieurs proches d’Alpha Condé ont été écartés. Parmi eux, le général Namory Traoré, qui était jusque-là chef d’état-major général des armées, a été remplacé à son poste par le colonel Sadiba Koulibaly, considéré par certains comme la deuxième personnalité de la junte au pouvoir – laquelle n’a, pour l’heure, pas publié de liste officielle de ses membres.

Mises à l’écart et promotions

Autre « retraité d’office », le général Ibrahima Baldé, qui a été débarqué de son poste de Haut commandant de la gendarmerie et directeur de la justice militaire. Nommé par Moussa Dadis Camara, il avait été maintenu à son poste par Alpha Condé. Ironie du sort, c’est l’un de ses subordonnés, avec lequel il avait des relations difficiles, qui prend sa suite : le colonel Balla Samoura, qui est également un proche et un ami personnel de Mamadi Doumbouya.

Deux anciens ministres d’Alpha Condé, qui avaient déjà fait les frais de la dissolution du gouvernement, ont également perdu leur poste au sein de l’armée : les généraux Bouréma Condé, ancien ministre de l’Administration du territoire, et Rémy Lamah, ancien ministre de la Santé.

Autre général mis au placard, le général Mathurin Bangoura, l’ancien gouverneur de la ville de Conakry, qui avait déjà été remplacé à ce poste par la générale de brigade à la retraite M’mahawa Sylla, première femme à occuper cette position. Également démis et retraité, le général de division Siba Lohalamou, qui occupait les mêmes fonctions de gouverneur à Boké, dans le nord-ouest du pays. Plusieurs généraux qui avaient été nommés à des postes d’attachés de défense dans les ambassades ont également été appelés à faire valoir leurs droits à la retraite : Boundouka Condé (Berlin), Aboubacar Biro Condé (Paris) et Bachir Diallo (Alger).

HUIT AFFIDÉS DE MAMADI DOUMBOUYA ONT ÉTÉ PROMUS GOUVERNEURS DANS LES HUIT RÉGIONS ADMINISTRATIVES DU PAYS

Cette mise à l’écart d’une partie de la haute hiérarchie militaire qui tenait les rênes de l’armée sous l’ère Alpha Condé s’est accompagnée d’une soudaine montée en grade de plusieurs affidés de Mamadi Doumbouya. Huit d’entre eux ont été promus gouverneurs dans les huit régions administratives du pays.

Les directions des trois grandes composantes de l’armée sont également renouvelées. Le colonel Balla Koïvogui, qui commandait jusque-là le bataillon spécial de Conakry, est nommé chef d’état-major de l’armée de terre ; le colonel Yacouba Touré, qui était en mission de maintien de la paix au Soudan du Sud, devient chef d’état-major de l’armée de l’air, et le capitaine de vaisseau Amadou Sow, chef d’état-major de l’armée de mer.

Lots de consolation

Vingt-huit des 42 « retraités » ont été nommés membres du Conseil supérieur de la défense nationale (CSDN), un organe créé en 2016 par Alpha Condé. Sous l’autorité directe du président de la République, le CSDN est supposé être « l’organe suprême qui traite de l’orientation stratégique des questions de défense et de sécurité ». Mais la nomination des officiers fraîchement retraités apparaît en réalité comme un lot de consolation, tant ce Conseil n’a « jamais réellement fonctionné », souligne une source de Jeune Afrique au sein du ministère de la Défense.

À noter enfin que le général Aboubacar Sidiki Camara – alias « Idi Amin » – , est également mis à la retraite, mais sans être nommé au CSDN. Réputé proche de Mamadi Doumbouya, dont il fait figure de mentor, le militaire semble être appelé à assumer dans les prochaines semaines un rôle plus important.

Pour Mamadi Doumouya, qui place ses hommes aux plus hautes fonctions militaires, il s’agit avant tout de consolider son pouvoir. Un grand jeu de chaises musicales qui peut néanmoins faire peser un risque sur la chaîne de commandement, en particulier en raison du vide laissé dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, tant les hommes du Groupement des forces spéciales sont désormais pour une large part accaparés par la gestion des affaires de l’État. « Le bataillon de sécurité présidentielle a été démantelé, ses éléments affectés à l’intérieur du pays. Ceux du groupement des forces spéciales assurent désormais la sécurité présidentielle, la police judiciaire et font des patrouilles. Toute chose qui ne relève pas de leur domaine », relève un cadre de l’ancien régime.

Avec Jeune Afrique par Diawo Barry

Madagascar-Recrudescence de l’insécurité : Des espions au sein de l’armée

octobre 2, 2021

Depuis quelques mois, l’insécurité a pris de l’ampleur partout à Madagascar. Les dahalo (bandits) défient les forces de l’ordre en se livrant à des attaques par centaine et en maltraitant des femmes et des enfants avant de s’emparer de plusieurs centaines, voire des milliers de zébus. Il y a de cela une semaine, les bandits ont attaqué  une cinquantaine de taxis-brousse en se déplaçant en cortège sur la RN7. Les pertes déclarées en objets de valeur et argent volé, ainsi que la destruction des véhicules, s’élèvent à plusieurs milliards d’ariary. Dans les grandes villes, notamment dans la capitale, les pickpockets et les voleurs à la tire sévissent davantage en opérant de plus en plus dans des zones classées autrefois comme sécurisées. Face à cette recrudescence alarmante de l’insécurité, force est de constater que les forces de l’ordre sont toujours dévancées par les malfaiteurs et n’arrivent à réagir qu’après le drame.

Un agent de l’armée a laissé s’échapper une information officieusement hier durant la pause d’un match de foot. D’après lui, « des espions au sein des corps des forces armées communiqueraient des informations sur la stratégie de défense, d’attaque et de riposte des forces de l’ordre. Cela aide les bandits à anticiper les actions des forces de l’ordre tout en sachant où et quand attaquer. ». Une information à ne pas prendre à la légère, car effectivement les bandits arrivent toujours à attaquer au moment où les agents des forces de l’ordre sont occupés ailleurs. En milieu rural comme en milieu urbain, dans la majorité des cas, les bandits ont toujours une longueur d’avance face aux forces de l’ordre. Rares sont les cas où les services de renseignement arrivent à intercepter, voire à déjouer une attaque. Cela s’explique par le fait que les bandits sont au courant de la stratégie des forces de l’ordre. Or, notons que seuls les hauts gradés sont au courant de ces stratégies à l’avance. Ce sont eux qui les préparent et les mets en place. De ce fait, ces fuites d’informations confidentielles proviennent des généraux et hauts gradés. Des dirigeants qui se vantent d’avoir étudier en écoles de guerre.

Cette complicité avec les malfaiteurs n’est pas un cas isolé. Dans le quotidien de la population, beaucoup échangent des informations avec les malfaiteurs pour que ces derniers s’en sortent indemne au cours de leurs attaques. Les receveurs de taxis-be aident les pickpockets à entrer dans les bus et à identifier les cibles faciles, les commerçants des grands marchés de la capitale connaissent les identités des bandits, mais omettent de les divulguer, les commerçants du marché de « petite vitesse » s’unissent avec les escrocs en s’attaquant aux acheteurs naïfs et les agents de sécurité des marchés sont en majorité composés de pickpockets et de voleurs à la tire. Une réalité qui offre un avantage aux malfaiteurs et les aide à agir en toute impunité. Malgré les efforts des forces de l’ordre à adopter de nouvelles stratégies de riposte, les malfaiteurs auront toujours une longueur d’avance si quelqu’un les aide à anticiper leurs attaques. C’est ce phénomène qu’il faut éradiquer en premier.

Avec La Gazette de La Grande Ile par T. B

Congo Brazzaville: un scénario à la tchadienne pour la succession de Sassou

septembre 5, 2021

Annoncé pour ce week-end, le retour du président congolais Denis Sassou Nguesso à Brazzaville après un séjour hospitalier en Suisse ne devrait pas mettre fin aux bagarres pour sa succession. Son fils Denis Christel pourrait lui succéder, comme l’a fait Mahamat Idriss Déby Itno en avril dernier au Tchad.  

Cette fois, l’alerte sur l’état de santé de Denis Sassou Nugesso, 78 ans dont 37 au pouvoir, qui connaitrait des sérieux moments d’absence, semble plus sérieuse que les précédentes. Le président congolais, qui séjourne à Montreux, en Suisse, pour « une batterie d’examens médicaux » n’est pas apparu en public depuis le 15 août, date de la fête de l’indépendance nationale. La première dame du Congo, Antoinette Sassou Nguesso, était attendue hier vendredi au chevet de son mari, après avoir subi des contrôles médicaux dans des hôpitaux parisiens. Pour rassurer l’opinion, l’entourage de Sassou a annoncé son retour, déjà reporté une première fois, pour ce week-end à Brazzaville.  

Mourir au pays 

Un fin connaisseur du Congo évoquait samedi matin l’hypothèse que le président congolais, que l’on savait souffrant depuis plusieurs années, ait choisi de revenir au pays pour sa fin de vie. Il ne veut surtout pas, selon lui, connaitre le sort de son gendre, le président gabonais Omar Bongo Ondimba, décédé en 2009 à Barcelone, en Espagne, après 41 ans au pouvoir. Dans l’hypothèse d’une disparition prématurée de Sassou, qui a été réélu en mars dernier pour un quatrième mandat, son fils Denis Christel tient aujourd’hui la corde pour lui succéder. Comme au Tchad, rien ne garantit à ce jour qu’au Congo le mécanisme constitutionnel, qui prévoit une période intérimaire suivie d’une présidentielle anticipée, sera respecté. Entré au gouvernement à la faveur du remaniement de mars, Denis Christel, naguère connu pour son appétence pour les revenus pétroliers, est super ministre de la Coopération internationale et des partenariats publics/privés. A 46 ans, « Kiki », de son petit nom, bénéficie d’un important réseau au sein du Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir) dont il est membre du bureau politique. 

Soutien de l’armée 

La clé de la succession de Sassou, en cas de disparition inattendue, devrait être entre les mains de l’armée congolaise. Ce qui devrait profiter à Denis Christel. En 37 années de pouvoir, Sassou, lui-même ancien supérieur officier, a façonné une armée entièrement dévouée à son clan et à son ethnie tant sur les plans du recrutement, de la formation et de la nomination aux postes stratégiques et sensibles. Pour la hiérarchie militaire, Denis Christel offrirait les garanties de la poursuite de la jouissance de ses privilèges mais surtout l’assurance de l’impunité pour les crimes commis lors des années de répression (1998-2005 ; 2016-2017) dans la région du Pool, sud du pays.  

Restera, après le soutien de l’armée et du PCT, à Denis Christel de faire passer la pilule de la succession dynastique à la communauté internationale.  A ce niveau, les exemples du Mali et du Tchad montrent que tout se joue au rapport de forces.  Si la communauté internationale s’est accommodée d’une transition militaire dirigée au Tchad le général Mahamat Idriss Déby, d’une autre transition militaire conduite au Mali par le colonel Assimi Goïta, elle pourrait, à priori, plus facilement s’en remettre à une transition militaro-civile dirigée au Congo par Denis Christel. En tout cas, ce n’est pas la moribonde Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) qui pourrait s’y opposer. A l’échelle internationale, Denis Christel pourra alors compter sur le soutien de la Chine, premier partenaire économique du Congo, et de la Russie dont son père s’est fortement rapproché ces dernières années. 

Avec Mondafrique par Francis Sahel

Terrorisme : les Américains aideront-ils plus la RDC que l’Afghanistan ?

août 17, 2021
Damien Glez

Après leur retrait d’Afghanistan, les États-Unis vont appuyer l’armée congolaise dans sa traque d’un groupe affilié à l’État islamique. Nouvelle intervention militaire périlleuse…

D’un pays à l’autre, les militaires américains savent bloquer les vilains suspectés de connivences avec les tenants du terrorisme international. Depuis le 7 octobre 2001, leurs troupes – 98 000 soldats au plus fort de leur présence – barraient la route du trône afghan aux talibans catalogués dans « l’axe du mal » responsable des attentats du 11 septembre.

Tenus à distance pendant deux décennies, les fondamentalistes islamistes n’en ont pas moins repris, à Kaboul, le contrôle du pouvoir central, à peine les Américains retirés d’Afghanistan… Il y a loin de la coupe du « blocage » aux lèvres de l’ »interception », y compris en Afrique. En avril 2017, après six ans d’intervention dans l’est de la Centrafrique, les forces spéciales américaines abandonnaient la traque de l’Ougandais Joseph Kony, leader macabre de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA).

Branche de Daesh

C’est désormais en RDC que des experts anti-terroristes venus des États-Unis vont aider à mettre hors d’état de nuire les Allied Democratic Forces (ADF ou ADF-Nalu), rébellion musulmane – elle aussi d’origine ougandaise­ – considérée par l’État islamique comme sa branche en Afrique centrale. En mars, Washington les a placés sur la liste des « organisations terroristes » affiliées à Daesh. Les massacres dont ils seraient responsables auraient tué, en RDC, plus de 6 000 civils depuis 2013.

TSHISEKEDI A AUTORISÉ LE DÉPLOIEMENT DES FORCES SPÉCIALES AMÉRICAINES DANS L’EST

Trois mois après sa décision de placer les provinces congolaises du Nord-Kivu et de l’Ituri en état de siège, le président congolais Félix Tshisekedi a donc autorisé le déploiement de ces forces spéciales américaines dans l’Est. Leur mission officielle est l’appui aux Forces armées de la RDC (FARDC) et aux gardiens des parcs nationaux des Virunga et de la Garamba, dans lesquels les terroristes se replient. Le cadre affiché est celui de la coalition mondiale contre Daech, via le partenariat privilégié pour la paix signé par la RDC et les États-Unis en 2019. La durée prévue de l’intervention, elle, se compterait en semaines.

Sanctuaires africains

Les « gros bras » américains seront-ils plus efficaces en RDC qu’en Centrafrique ou en Afghanistan ? Il y aura toujours les discours diplomatiques idoines pour enrober les résultats obtenus. Échec en RCA ? Le Commandement américain pour l’Afrique (Africom) soutenait, en 2017, que même si « le Messie sanglant » Joseph Kony restait dans la nature, son organisation était « vraiment en train de se battre pour sa survie ».

Échec en Afghanistan ? Jo Biden s’est justifié en affirmant que les États-Unis n’avaient pas vocation à imposer la démocratie à Kaboul, mais plutôt à traquer les sanctuaires terroristes aujourd’hui disséminés en Afrique ou dans la péninsule arabique. Rendez-vous dans quelques mois pour écouter quelque discours américain sur la RDC…

Avec Jeune Afrique par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Mozambique : face aux jihadistes, les troupes de la SADC peuvent-elles pallier l’échec de l’armée ?

juillet 7, 2021
Journée de distribution de nourriture, le 28 avril 2021, dans la région de Cabo Delgado, où 700 000 personnes ont été déplacées, à cause des attaques jihadistes.

Les chefs d’État de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) ont décidé d’intervenir militairement dans le pays. Cependant, ce soutien extérieur risque de ne pas suffire.

Fragilisé par la crise sécuritaire au Cabo Delgado, sa région d’origine, le président Filipe Nyusi a finalement changé d’avis. Bien que, depuis 2017, le nord-est du Mozambique fait figure de nouvelle brèche du jihadisme en Afrique, le président mozambicain avait toujours refusé la moindre intervention militaire étrangère. « Ce n’est pas une question de fierté, c’est une question de souveraineté », plastronnait-il encore début avril, quelques jours après la prise du très stratégique port de Palma par les jihadistes d’Al-Shabab, groupe affilié à l’État islamique. Pour répondre à la crise, Nyusi affirmait alors pouvoir s’appuyer sur ses propres forces armées – à la puissance pourtant limitée – et recourir aux services d’agences de sécurité paramilitaires.

Mais les mercenaires russes de Wagner et sud-africains de Dick Adisory Group, recrutés par Maputo, ne sont pas parvenus à empêcher la dégradation de la situation sécuritaire. En trois ans, le conflit a fait plus de 2 800 morts, et 800 000 déplacés, dont certains ont trouvé refuge en Tanzanie. Soumis à une très forte pression de la part de ses homologues, inquiets de voir se développer un nouveau point d’instabilité, le chef de l’État mozambicain a donc fini par céder. Le 23 juin, à l’issue du sommet extraordinaire de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) qui s’est tenu à Maputo, les chefs d’État ont « approuvé la mission de la force d’attente de la SADC pour soutenir le Mozambique dans son combat contre le terrorisme et les violences extrémistes au Cabo Delgado », a annoncé Stergomena Tax, la secrétaire exécutive de l’organisation. 

Pénuries de carburant et de munitions

Auparavant, Nyusi a tout fait pour éviter cette issue, sans succès. En acceptant notamment de nouer des partenariats militaires avec des puissances étrangères. Les États-Unis avaient annoncé l’envoi, dès la mi-mars, d’un contingent de formateurs, déployés pour une période de deux mois dans le cadre du programme Joint Combined Exchange Training. Objectif : former les fusiliers marins aux techniques de contre-guerilla pour tenter de reprendre le nord-est. 

« Le gouvernement a augmenté le budget de la défense ces dernières années, mais cet effort financier ne s’est pas encore concrétisé sur le terrain. L’armée est confrontée à des pénuries de carburant et de munitions, et le problème perdure », constate le Britannique Nathan Hayes, analyste pays au sein de The Economist Intelligence Unit, un organisme rattaché au célèbre magazine économique. « Résoudre ces problèmes prendra du temps. Un soutien extérieur est donc indispensable », juge l’analyste. 

La meilleure preuve de la nécessité de cette implication étrangère est venu le jour même de l’annonce de la SADC d’envoyer des troupes sur place. Lors d’un accrochage avec les milices jihadistes Al-Shabab, un hélicoptère de l’armée qui transportait des troupes sur une zone d’opération, a été victime d’une avarie technique qui l’a forcé à atterrir en urgence près du site d’Afungi, l’un des nombreux sites d’extraction offshore au large des côtes du Mozambique dont la richesse en gaz lui vaut le surnom de « Qatar de l’Afrique ».

« Le manque de moyens aériens – avions, hélicoptères et drones – est l’un des principaux problèmes auxquels est confronté l’armée mozambicaine », souligne Éric Morier-Genoud, professeur à la Queen’s University de Belfast et spécialiste du pays. Mais le chercheur insiste : il est loin d’être le seul. La riposte sécuritaire mozambicaine est aussi minée par les conflits au sein de la chaîne hiérarchique entre les différents acteurs présents sur le terrain.

« Les forces qui combattent au Cabo Delgado sont constituées de l’armée et de la police, cela complique les choses », explique Éric Morier-Genoud. D’autant que « les rivalités entre le ministère de l’Intérieur et la police, d’un côté, et le ministère de la Défense et l’armée, de l’autre, portent préjudice à la lutte contre les milices Al-Shabab », estime en écho Nathan Hayes. Dans ce contexte, Éric Morier-Genoud en vient même à défendre le recours de Maputo aux société militaires privées. « Elles présentent l’avantage d’être moins dépendantes des pouvoirs politiques et sont relativement discrètes », glisse le chercheur. 

Crainte d’un conflit sans fin

Mais le constat est là. Forte de quelque 12 000 hommes, l’armée mozambicaine, même soutenue par les supplétifs privés, n’est pas parvenue à mettre en échec les jihadistes d’Al-Shabab, qui comptent de 1 500 à 4 000 combattants, selon des estimations toujours difficiles à établir. L’appui militaire des pays de la région permettra-t-il de palier aux défaillances de l’armée mozambicaine ? Alors que les contours, l’ampleur et le calendrier du déploiement de la force d’attente promise par la SADC ne sont pour l’heure pas connus, le doute est permis. « Les membres de la SADC veulent une intervention, mais craignent de s’enliser dans un conflit sans fin. En face, les autorités mozambicaines vont faire leur possible pour cantonner le soutien de la coalition à la protection des installations gazières qui représentent une manne financière pour le pays », juge Nathan Hayes.

« Il faut trois ans pour lancer une guérilla et dix ans, au minimum, pour y mettre fin, tranche Eric Morier-Genoud. Et dans cette région, le terrain est extrêmement difficile, avec des forêts très denses. Il ne faut pas mettre trop d’espoir dans une résolution rapide grâce à l’intervention promise par la SADC. » Le chercheur est d’autant plus prudent que l’intervention sera de faible ampleur, « probablement moins de 3 000 hommes », estime-t-il.

Les interventions étrangères et les pressions de la communauté internationale ne sont également pas exemptes d’arrière-pensées. « Nyusi a fini par reconnaître qu’Al-Shabab représente une menace grave qu’après avoir rencontré le président Emmanuel Macron et le PDG de Total, Patrick Pouyanné », rappelle Nathan Hayes. Initialement prévue pour 2021, « la reprise des travaux sur le site Area 1 de Total est prévue pour 2023 », ajoute l’analyste. De là à considérer que la France s’est employée à ce que l’Union européenne envoie des formateurs militaires, comme cela a été annoncé le 30 juin, il n’y a qu’un pas. Quoiqu’il en soit, ce soutien supplémentaire ne sera pas de trop pour Maputo.

Avec Jeune Afrique par Achraf Tijani

Plus de 340 écoliers libérés au Nigeria six jours après leur enlèvement

décembre 17, 2020

PLUS DE 340 ÉCOLIERS LIBÉRÉS AU NIGERIA SIX JOURS APRÈS LEUR ENLÈVEMENT

© Reuters/AFOLABI SOTUNDE 

KATSINA, Nigeria (Reuters) – Les forces de sécurité nigérianes ont réussi à libérer plus de 340 adolescents enlevés vendredi soir dernier dans un établissement scolaire du nord du Nigeria et conduits dans une vaste forêt de la région, a annoncé le gouverneur de l’Etat de Katsina.

Les jeunes garçons, du nombre de 344 exactement, dont l’enlèvement avait été revendiqué mardi par le groupe djihadiste Boko Haram dans un message vocal, sont en route pour la ville de Katsina, a ajouté Aminu Bello Masari. Détenus dans la forêt pendant plusieurs jours, ils vont subir un examen médical et pourront retrouver leurs familles vendredi.

« Nous avons récupéré la plupart des garçons, pas tous », a précisé le gouverneur.

Lors de l’opération, les forces de sécurité ont encerclé la zone où les jeunes gens étaient détenus, avec pour instruction de ne pas tirer un seul coup de feu, a déclaré le gouverneur.

« Nous avions établi un contact indirect pour nous assurer que nous pourrions procéder à la libération sans faire de mal aux enfants », a-t-il dit.

Le rapt du 11 décembre a provoqué un choc au Nigeria et rappelé l’enlèvement de plus 270 lycéennes à Chibok en 2014.

Avec Reuters par (Afolabi Sotunde et Ismail Abba, version française Jean-Stéphane Brosse

Vaccin: les forces armées ont reçu l’ordre de se préparer la semaine dernière

décembre 3, 2020

OTTAWA — Les Forces armées canadiennes ont officiellement reçu la semaine dernière l’ordre de commencer à planifier la distribution de vaccins contre la COVID-19, bien que le chef d’état-major de la défense affirme que les préparatifs sont en cours depuis bien plus longtemps.

L’ordre est contenu dans une directive émise la semaine dernière par le chef d’état-major de la défense, le général Jonathan Vance. Le document détaille pour la première fois comment l’armée compte contribuer à la distribution des vaccins.

Il note la possibilité de devoir récupérer des doses aux États-Unis et en Europe dans de brefs délais, et soulève des préoccupations dans l’éventualité où l’armée serait appelée à répondre à des inondations ou à d’autres situations d’urgence en parallèle.

Cette directive fait surface au moment où les libéraux s’attendent à une journée difficile aux Communes, jeudi, alors que les conservateurs comptent exiger un plan détaillé de distribution des vaccins au pays.

Bien que ce plan soit piloté par l’Agence de la santé publique du Canada, les Forces armées canadiennes devraient jouer un rôle important dans sa mise en œuvre, comme l’indique la directive du 27 novembre établissant ce que l’on désigne comme l’opération Vector.

La directive a été obtenue par La Presse Canadienne et authentifiée par plusieurs sources, dont le général Vance lui-même.

Bien qu’il n’ait publié sa directive sur l’opération Vector que la semaine dernière, ce dernier souligne qu’Ottawa travaille depuis des mois à la planification du déploiement des vaccins. Ces plans sont maintenant «bien avancés», a-t-il indiqué en entrevue, et l’armée sera prête pour la première cargaison de doses.

En plus d’assurer leur transport «à court préavis» depuis l’Espagne, l’Allemagne, les États-Unis ou ailleurs dans le monde «vers des points de distribution désignés au Canada», les militaires devraient être appelés à participer à la distribution des doses dans les collectivités éloignées, nordiques et côtières du pays.

Santé Canada en est aux dernières étapes de l’examen des vaccins candidats des sociétés pharmaceutiques Pfizer et Moderna. Une décision sur leur autorisation est attendue d’ici la fin du mois. Les autorités fédérales s’attendent à ce que les vaccins commencent à être administrés au début de l’année prochaine.

Avec Lee Berthiaume, La Presse Canadienne

Tensions entre Tshisekedi et Kabila en RDC : l’armée appelle à ne pas « opposer les militaires les uns aux autres »

novembre 13, 2020

Des soldats des FARDC, à Béni, dans l'est du pays, en décembre 2018 (illustration).

Alors que la tension ne cesse de monter au sommet de l’État entre le président Félix Thsisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila, le porte-parole de l’armée a mis en garde les politiques et appelé les militaires à « ne pas se laisser influencer ».

Le message, le contexte, le ton. Tout, dans la sortie médiatique de l’armée congolaise, s’apparente à une stratégie de communication de crise, alors que les tensions politiques entre le président Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila ne cessent de s’accentuer à mesure que les jours passent.

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), « condamnent avec véhémence la campagne séditieuse concoctée dans des officines rétrogrades mieux identifiés et bientôt détruites, campagne dédiée à la démoralisation des forces armées dans le but d’opposer nos militaires les uns contre les autres », a lancé d’entrée le général Léon Richard Kasonga, porte-parole de l’armée congolaise, devant les journalistes qui avaient répondu à la convocation au quartier général de l’armée ce jeudi 12 novembre.

Si le ton est si offensif, voire alarmiste, c’est, à en croire une source militaire qui s’est confiée à Jeune Afrique, notamment en raison de la polémique qu’ont suscité sur les réseaux sociaux les propos tenus la veille par Augustin Kabuya, secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

La charge de Kabuya contre Sele Yalaghuli

Au cours de la « matinée politique » organisée le mardi 10 novembre au siège du parti présidentiel, Augustin Kabuya a notamment accusé le ministre des Finances, José Sele Yalaghuli, de bloquer des fonds destinés aux forces de sécurité. « Vous voulez retourner au pouvoir, mais il faut présenter un bilan. Vous avez commis plusieurs assassinats et crimes économiques. Vos noms sont cités dans les rapports des pillages de ce pays, a alors lancé Kabuya devant des cadres de son parti, dans une diatribe visant les cadres des partis pro-Kabila. Aujourd’hui, vous vous organisez avec le ministre des Finances pour bloquer les paiements en vue de dresser l’armée, la police et les fonctionnaires contre le chef de l’État. »

Alors qu’il évoquait le bras de fer qui oppose Cap pour le changement (Cach), la coalition de Tshisekedi, au Front commun pour le Congo (FCC), de Joseph Kabila, Augustin Kabuya continue sur sa lancée, se montrant même menaçant.  « Nous sommes prêts à les affronter, et certains d’entre eux vont prendre le chemin d’exil, martèle-t-il. Ils ont choisi cette voie sans se rendre compte que, sans l’UDPS, ils auraient subi le sort des Mobutistes le 17 mai 1997. »

José Sele Yalaghuli a, depuis, annoncé avoir saisi le procureur général près la cour d’appel de Kinshasa, auprès duquel il a porté plainte pour « diffamation » et « incitation à attenter à la vie d’autrui ».

« Ne jamais trahir le Congo »

Les propos de Kabuya n’en ont pas moins trouvé un fort écho sur les réseaux sociaux. « Les auteurs de l’appel à la révolte des militaires dans les réseaux sociaux doivent savoir que leur brouhaha ne passera pas », a prévenu le général Léon Richard Kasong, qui a également balayé les allégations portant sur le défaut de paiement de la solde de militaires, évoquée par l’inspection générale des finances dans un courrier adressé à Félix Tshisekedi le 6 novembre. Au contraire, le porte-parole des FARDC assure que « les militaires en opération tout comme ceux en cantonnement perçoivent leurs soldes et divers avantages pécuniaires. »

Appelant les militaires à « demeurer unis, disciplinés et vigilants derrière le commandant suprême », le général Kasonga insiste : « Les militaires ne doivent pas se laisser ni influencer, ni entraînés dans des polémiques qui n’ont aucun rapport avec [leurs] missions constitutionnelles ».

« La discipline impose aux militaires de n’exécuter que les ordres émanant de leur hiérarchie », a encore insisté le général, rappelant aux troupes qu’elles « doivent soumission et loyauté aux institutions légalement établies, car c’est le sens même de notre serment : ne jamais trahir le Congo ».

Quant aux « politiques de tous bords », le général leur a lancé un appel solennel à « s’abstenir d’épiloguer sur les forces armées et d’adresser des invectives au commandement des forces armées ».

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa