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Plus de 340 écoliers libérés au Nigeria six jours après leur enlèvement

décembre 17, 2020

PLUS DE 340 ÉCOLIERS LIBÉRÉS AU NIGERIA SIX JOURS APRÈS LEUR ENLÈVEMENT

© Reuters/AFOLABI SOTUNDE 

KATSINA, Nigeria (Reuters) – Les forces de sécurité nigérianes ont réussi à libérer plus de 340 adolescents enlevés vendredi soir dernier dans un établissement scolaire du nord du Nigeria et conduits dans une vaste forêt de la région, a annoncé le gouverneur de l’Etat de Katsina.

Les jeunes garçons, du nombre de 344 exactement, dont l’enlèvement avait été revendiqué mardi par le groupe djihadiste Boko Haram dans un message vocal, sont en route pour la ville de Katsina, a ajouté Aminu Bello Masari. Détenus dans la forêt pendant plusieurs jours, ils vont subir un examen médical et pourront retrouver leurs familles vendredi.

« Nous avons récupéré la plupart des garçons, pas tous », a précisé le gouverneur.

Lors de l’opération, les forces de sécurité ont encerclé la zone où les jeunes gens étaient détenus, avec pour instruction de ne pas tirer un seul coup de feu, a déclaré le gouverneur.

« Nous avions établi un contact indirect pour nous assurer que nous pourrions procéder à la libération sans faire de mal aux enfants », a-t-il dit.

Le rapt du 11 décembre a provoqué un choc au Nigeria et rappelé l’enlèvement de plus 270 lycéennes à Chibok en 2014.

Avec Reuters par (Afolabi Sotunde et Ismail Abba, version française Jean-Stéphane Brosse

Vaccin: les forces armées ont reçu l’ordre de se préparer la semaine dernière

décembre 3, 2020

OTTAWA — Les Forces armées canadiennes ont officiellement reçu la semaine dernière l’ordre de commencer à planifier la distribution de vaccins contre la COVID-19, bien que le chef d’état-major de la défense affirme que les préparatifs sont en cours depuis bien plus longtemps.

L’ordre est contenu dans une directive émise la semaine dernière par le chef d’état-major de la défense, le général Jonathan Vance. Le document détaille pour la première fois comment l’armée compte contribuer à la distribution des vaccins.

Il note la possibilité de devoir récupérer des doses aux États-Unis et en Europe dans de brefs délais, et soulève des préoccupations dans l’éventualité où l’armée serait appelée à répondre à des inondations ou à d’autres situations d’urgence en parallèle.

Cette directive fait surface au moment où les libéraux s’attendent à une journée difficile aux Communes, jeudi, alors que les conservateurs comptent exiger un plan détaillé de distribution des vaccins au pays.

Bien que ce plan soit piloté par l’Agence de la santé publique du Canada, les Forces armées canadiennes devraient jouer un rôle important dans sa mise en œuvre, comme l’indique la directive du 27 novembre établissant ce que l’on désigne comme l’opération Vector.

La directive a été obtenue par La Presse Canadienne et authentifiée par plusieurs sources, dont le général Vance lui-même.

Bien qu’il n’ait publié sa directive sur l’opération Vector que la semaine dernière, ce dernier souligne qu’Ottawa travaille depuis des mois à la planification du déploiement des vaccins. Ces plans sont maintenant «bien avancés», a-t-il indiqué en entrevue, et l’armée sera prête pour la première cargaison de doses.

En plus d’assurer leur transport «à court préavis» depuis l’Espagne, l’Allemagne, les États-Unis ou ailleurs dans le monde «vers des points de distribution désignés au Canada», les militaires devraient être appelés à participer à la distribution des doses dans les collectivités éloignées, nordiques et côtières du pays.

Santé Canada en est aux dernières étapes de l’examen des vaccins candidats des sociétés pharmaceutiques Pfizer et Moderna. Une décision sur leur autorisation est attendue d’ici la fin du mois. Les autorités fédérales s’attendent à ce que les vaccins commencent à être administrés au début de l’année prochaine.

Avec Lee Berthiaume, La Presse Canadienne

Tensions entre Tshisekedi et Kabila en RDC : l’armée appelle à ne pas « opposer les militaires les uns aux autres »

novembre 13, 2020

Des soldats des FARDC, à Béni, dans l'est du pays, en décembre 2018 (illustration).

Alors que la tension ne cesse de monter au sommet de l’État entre le président Félix Thsisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila, le porte-parole de l’armée a mis en garde les politiques et appelé les militaires à « ne pas se laisser influencer ».

Le message, le contexte, le ton. Tout, dans la sortie médiatique de l’armée congolaise, s’apparente à une stratégie de communication de crise, alors que les tensions politiques entre le président Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila ne cessent de s’accentuer à mesure que les jours passent.

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), « condamnent avec véhémence la campagne séditieuse concoctée dans des officines rétrogrades mieux identifiés et bientôt détruites, campagne dédiée à la démoralisation des forces armées dans le but d’opposer nos militaires les uns contre les autres », a lancé d’entrée le général Léon Richard Kasonga, porte-parole de l’armée congolaise, devant les journalistes qui avaient répondu à la convocation au quartier général de l’armée ce jeudi 12 novembre.

Si le ton est si offensif, voire alarmiste, c’est, à en croire une source militaire qui s’est confiée à Jeune Afrique, notamment en raison de la polémique qu’ont suscité sur les réseaux sociaux les propos tenus la veille par Augustin Kabuya, secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

La charge de Kabuya contre Sele Yalaghuli

Au cours de la « matinée politique » organisée le mardi 10 novembre au siège du parti présidentiel, Augustin Kabuya a notamment accusé le ministre des Finances, José Sele Yalaghuli, de bloquer des fonds destinés aux forces de sécurité. « Vous voulez retourner au pouvoir, mais il faut présenter un bilan. Vous avez commis plusieurs assassinats et crimes économiques. Vos noms sont cités dans les rapports des pillages de ce pays, a alors lancé Kabuya devant des cadres de son parti, dans une diatribe visant les cadres des partis pro-Kabila. Aujourd’hui, vous vous organisez avec le ministre des Finances pour bloquer les paiements en vue de dresser l’armée, la police et les fonctionnaires contre le chef de l’État. »

Alors qu’il évoquait le bras de fer qui oppose Cap pour le changement (Cach), la coalition de Tshisekedi, au Front commun pour le Congo (FCC), de Joseph Kabila, Augustin Kabuya continue sur sa lancée, se montrant même menaçant.  « Nous sommes prêts à les affronter, et certains d’entre eux vont prendre le chemin d’exil, martèle-t-il. Ils ont choisi cette voie sans se rendre compte que, sans l’UDPS, ils auraient subi le sort des Mobutistes le 17 mai 1997. »

José Sele Yalaghuli a, depuis, annoncé avoir saisi le procureur général près la cour d’appel de Kinshasa, auprès duquel il a porté plainte pour « diffamation » et « incitation à attenter à la vie d’autrui ».

« Ne jamais trahir le Congo »

Les propos de Kabuya n’en ont pas moins trouvé un fort écho sur les réseaux sociaux. « Les auteurs de l’appel à la révolte des militaires dans les réseaux sociaux doivent savoir que leur brouhaha ne passera pas », a prévenu le général Léon Richard Kasong, qui a également balayé les allégations portant sur le défaut de paiement de la solde de militaires, évoquée par l’inspection générale des finances dans un courrier adressé à Félix Tshisekedi le 6 novembre. Au contraire, le porte-parole des FARDC assure que « les militaires en opération tout comme ceux en cantonnement perçoivent leurs soldes et divers avantages pécuniaires. »

Appelant les militaires à « demeurer unis, disciplinés et vigilants derrière le commandant suprême », le général Kasonga insiste : « Les militaires ne doivent pas se laisser ni influencer, ni entraînés dans des polémiques qui n’ont aucun rapport avec [leurs] missions constitutionnelles ».

« La discipline impose aux militaires de n’exécuter que les ordres émanant de leur hiérarchie », a encore insisté le général, rappelant aux troupes qu’elles « doivent soumission et loyauté aux institutions légalement établies, car c’est le sens même de notre serment : ne jamais trahir le Congo ».

Quant aux « politiques de tous bords », le général leur a lancé un appel solennel à « s’abstenir d’épiloguer sur les forces armées et d’adresser des invectives au commandement des forces armées ».

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa

Côte d’Ivoire : Guillaume Soro appelle l’armée à « agir » face à Alassane Ouattara

novembre 5, 2020
Guillaume Soro, ici lors d'une conférence de presse à Paris, le 17 septembre 2020.

Dans une déclaration retransmise sur les réseaux sociaux, l’ancien président de l’Assemblée nationale appelle à la mise en place d’une transition et demande aux forces de défense et de sécurité de faire barrage à Alassane Ouattara.

En privé, Alassane Ouattara ne s’en cache pas. Parmi les différents opposants qui conteste sa réélection à un troisième mandat, il en est un dont il se méfie tout particulièrement et dont il aurait aimé ne plus entendre parler : Guillaume Soro.

Ce mercredi soir, son ancien allié, en exil depuis leur séparation violente en 2019, a sûrement irrité encore un peu plus le chef de l’État ivoirien. Dans une adresse à la nation publiée sur sa page Facebook, suivie en direct par environ 50 000 personnes, Guillaume Soro a sévèrement chargé celui qu’il appelle « l’ex-président », cet homme qui, selon lui, est « installé dans le schéma mental de tous les dictateurs tropicaux ».

« Vacance du pouvoir présidentiel »

« Devant la violation flagrante de notre Constitution, le sang de nos compatriotes qui est versé chaque jour et le parjure déshonorant dont s’est rendu coupable l’ex-président, j’ai décidé de m’assumer et de prendre la parole », entame Soro, posant en costume complet bleu marine devant un drapeau ivoirien.

Le leader de Générations et peuples solidaires (GPS), qui a vu sa candidature à la présidentielle du 31 octobre recalée par le Conseil constitutionnel, poursuit en saluant la « mobilisation exemplaire » de ses compatriotes « qui a permis de faire échec à la pire farce électorale de notre nation, orchestrée piteusement par Alassane Ouattara engagé dans son aventure effrénée et périlleuse de s’éterniser au pouvoir ».

Refusant toute légitimité au président sortant et considérant que son pays se trouve désormais dans une situation de « vacance du pouvoir présidentiel », Soro dénonce ensuite la « répression brutale » qui vise les différents leaders de l’opposition qui ont annoncé, lundi, leur adhésion à un « Conseil national de transition » présidé par l’ancien président Henri Konan Bédié.

Mardi après-midi, la police et la gendarmerie ont arrêté une vingtaine de proches du leader du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) à son domicile d’Abidjan – domicile depuis placé en résidence surveillée comme ceux de plusieurs autres opposants.

« Vu la traque contre les principaux dirigeants du CNT, je décide en toute responsabilité de m’inscrire dans la continuité de l’oeuvre entamée en contribuant à la mise en place effective des organes de la transition, affirme Soro. Avec l’ensemble des forces vives de notre nation, nous conduirons la transition démocratique en vue d’élections libres, inclusives et transparentes dans les meilleurs délais. »

Appel à l’arméePuis l’ex-chef de la rébellion des Forces nouvelles (FN), que Ouattara et son premier cercle accusent depuis des mois de tentatives de déstabilisation, se montre encore plus offensif, en s’adressant directement aux forces de défense et de sécurité pour leur demander de faire barrage à Alassane Ouattara.

« Vous me connaissez, chers soldats […]. Je voudrais vous dire que nous ne pouvons pas, nous ne devons pas, par peur et par poltronnerie, laisser s’installer durablement la dictature clanique d’Alassane Ouattara […]. C’est pourquoi, je demande à vous soldats, sous-officiers, officiers, officiers supérieurs, et officiers généraux de notre armée de vous regarder dans le miroir de votre âme et de votre conscience et d’agir pour stopper les tueries, agir pour préserver notre pays de pogroms intercommunautaires, agir pour rétablir la paix et la concorde, agir pour redonner à notre Constitution ses lettres de noblesse. »

Affirmant que Ouattara a « épuisé son deuxième et dernier mandat » et qu’il « ne peut plus exercer les charges et la fonction de chef de l’État », Soro conclut en leur demandant, « dans l’honneur et la dignité », « de mettre un terme au spectre de la guerre civile qui menace tous les jours notre pays ».

Des propos bellicistes qui ne manqueront pas de faire réagir sur les bords de la lagune Ébrié et dans les couloirs du palais présidentiel.

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger

Mali : l’armée française ne déviera «pas de sa ligne» face aux djihadistes

octobre 14, 2020

Le chef d’état-major des armées françaises a martelé mercredi 14 octobre que les djihadistes qui ont libéré plusieurs otages au Mali, dont la Française Sophie Pétronin, étaient des «groupes terroristes» que l’armée française continuerait à combattre «avec la dernière détermination».

«Il y a des propos qui ont été tenus au moment de la libération de Sophie Pétronin qui, me semble-t-il, risquent de fausser l’appréciation qu’on doit avoir de la situation au Mali, de l’engagement des armées françaises», a déclaré le général François Lecointre devant la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat.

Après sa libération, Sophie Pétronin s’est gardé de parler de ses gardiens comme de «djihadistes». «Appelez-les comme vous voulez, moi je dirais que ce sont des groupes d’opposition armés au régime», a-t-elle dit. Pour le général Lecointre, «il s’agit bien d’une organisation terroriste et de groupes terroristes qui ont fait allégeance à Al-Qaida».

Il faisait notamment référence au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). On ne peut absolument pas imaginer que ce groupe puisse être désigné comme un groupe armé d’opposition au régime malien», a-t-il ajouté.

«Nous continuerons à combattre »

«Il doit être très clair pour l’ensemble des familles qui ont perdu des leurs dans le combat que nous menons au Mali depuis des années que nous ne dévions pas de ligne, que notre combat reste le même et qu’il est tout aussi légitime qu’il l’était», a-t-il encore souligné.

«En ce concerne cette libération d’otages, je confirme que la France n’a en rien été impliquée dans des négociations d’aucune sorte avec ce groupe terroriste que nous continuerons à combattre avec la dernière détermination», a-t-il ajouté.

Sophie Pétronin, dernière otage française dans le monde, a recouvré la liberté au Mali en même temps qu’un prêtre et un jeune italiens ainsi que l’homme politique malien Soumaïla Cissé, après des mois voire des années de détention aux mains présumées des djihadistes.

Par Le Figaro avec AFP

RDC-Zambie: l’armée zambienne sommée de quitter le territoire congolais

juillet 27, 2020

 

L’échéance de la communauté de développement d’Afrique australe (Sadc) court jusqu’au 1er août 2020.

La récente descente sur le terrain des experts de la Sadc s’est avérée concluante pour la République démocratique du Congo dont le conflit frontalier avec la Zambie n’a cessé de faire couler beaucoup d’encre. Les réactions de satisfaction enregistrées notamment dans les provinces de l’ex-Katanga sont éloquentes quant aux attentes des politiques et des communautés directement concernées par l’occupation des localités de Kibanga et Kalubamba.

La réaction de la Sadc est consécutive au rapport de sa délégation envoyée dans la province du Tanganyika en date du 22 juillet après avoir été saisie par la RDC du litige frontalier qui l’opposait à la Zambie. Après examen du contentieux frontalier, la Sadc a décidé que les localités de Kibanga et de Kalubamba font partie de la RDC et a exigé le retrait des troupes zambiennes du territoire congolais.

Le gouvernement provincial du Tanganyika s’est réjoui de la tournure heureuse des événements et a rappelé l’harmonie qui a toujours caractérisée les relations entre la RDC et le Zambie. Le porte-parole du gouvernement provincial affirme, par ailleurs, ne pas comprendre les raisons de l’agression de l’armée zambienne. « Ce fut une véritable agression que notre pays a semblé minimiser car, depuis plusieurs décennies, la RDC et la Zambie vivent dans une parfaite harmonie coopérative », a-t-il déclaré.

Selon des sources concordantes, les armées de la RDC et de la Zambie s’étaient affrontées dans le village de Kibanga, dans le territoire de Moba, en mars dernier. Les militaires zambiens, appuyés par leur aviation, avaient même investi depuis le 15 mars ce village et y avaient hissé leur drapeau après avoir descendu celui de la RDC. Cependant, les autorités congolaises et zambiennes avaient opté pour une solution pacifique.

Avec Adiac-Congo par Jules Tambwe Itagali

L’armée rend hommage au soldat français tué au Mali lundi aux Invalides

juillet 26, 2020

Le décès du brigadier Tojohasina Razafintsalama porte à 43 le nombre de soldats français morts au combat dans les opérations «Serval» et «Barkhane».

Le soldat français d’origine malgache tué jeudi 23 juillet au Mali par un véhicule suicide recevra un dernier hommage lundi 27 juillet aux Invalides, à Paris, a indiqué l’armée de Terre.

«RDV demain à 16h30 sur le pont Alexandre III à Paris, ou virtuellement sur nos réseaux sociaux, pour saluer la mémoire du brigadier Tojohasina Razafintsalama», indique un tweet de l’état-major.

Le soldat, qui appartenait au 1er régiment de hussards parachutistes (RHP) de Tarbes, traversera le pont avant l’hommage aux Invalides. Une seconde cérémonie est prévue dans la semaine à Tarbes, où est basé le 1er RHP, à une date qui n’a pas encore été précisée.

Tojohasina Razafintsalama était né le 20 octobre 1994 à Mahazarivo, à Madagascar. Ce célibataire sans enfant s’était engagé avec le 1er RHP en 2018 et avait été envoyé au Mali le 14 juillet dernier.

«Neutralisation» de plusieurs dizaines de djihadistes

Son décès porte à 43 le nombre de soldats français morts au combat dans les opérations «Serval» (2013) et «Barkhane» (depuis 2014), selon l’état-major. Il intervient après celui, début mai, de deux légionnaires de la force française «Barkhane» au Sahel, qui compte quelque 5000 soldats. En novembre 2019, la France avait perdu 13 soldats dans un accident entre deux hélicoptères en opération au Mali.

Ces derniers mois, l’armée française et celles des pays du G5 Sahel ont multiplié les offensives dans la région, en particulier dans la zone dite des «trois frontières» entre Mali, Niger et Burkina Faso.

Elles ont revendiqué la «neutralisation» de plusieurs dizaines de djihadistes, dont en juin l’émir d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), l’Algérien Abdelmalek Droukdel, figure du djihadisme dans la région depuis 20 ans.

Par Le Figaro avec AFP

RDC-Réforme de l’armée : vive controverse autour du remaniement

juillet 23, 2020

Les dernières nominations opérées dans l’armée et dans la magistrature ont, comme il fallait s’y attendre, crispé davantage les rapports entre les deux partenaires de la coalition au pouvoir, à savoir le Front commun pour le Congo (FCC) et le Cap pour le changement (Cach). La tension est montée d’un cran dans les deux camps sur fond d’une controverse autour de la légalité desdites ordonnances présidentielles rendues publiques le 17 juillet.

 

Félix Tshisekedi et les hauts gradés des FARDC

Le débat juridique enfle dans l’opinion quant à sa portée légale et les arguments se déterminent curieusement selon les appartenances politiques. Ce qui est sûr, c’est que Félix Tshisekedi a frappé fort jusqu’à coiffer au poteau ses partenaires du FCC plutôt surpris par sa détermination à faire bouger les lignes. Son engagement à professionnaliser l’armée s’est traduit par des changements notables à la tête de quelques commandements militaires au grand dam de la « Kabilie » dont certains officiers aux ordres se sont vu délester de leurs postes à l’image du célébrissime John Numbi.

Tout ceci n’était pas du goût du FCC qui a vite enfourché la trompette de la contestation. C’est non sans raison que Sylvestre Ilunkamba a piqué une sainte colère estimant avoir été floué dans un dossier dont il ne maîtrisait ni les tenants, ni les aboutissants. En déclarant à partir de la capitale cuprifère où il était en mission officielle n’être pas au courant de ces nominations prises à son insu et sans son contreseing, le Premier ministre a, du coup, jeté l’opprobre sur « son » gouvernement en mettant à nu son dysfonctionnement. En tant que Premier collaborateur du chef de l’Etat tenu par des devoirs de réserve, l’homme aurait du recourir à d’autres canaux que les médias pour manifester sa désapprobation, fait-on observer. Qu’il ait appris comme « monsieur tout le monde » lesdites nominations, cela dépasse tout entendement et suscite bien d’interrogations sur les ressorts de celui qui est censé être informé, en temps réel, de toutes les tractations impliquant son institution.

Pour de nombreux analystes, les arguments qu’évoque le Premier ministre pour récuser les ordonnances présidentielles, notamment le caractère particulier du contreseing qui relèverait, d’après lui, de sa « compétence exclusive » attachée à sa qualité de Premier ministre, ne tiennent pas la route. D’aucuns estiment que le vice-Premier ministre (VPM) de l’Intérieur, Sécurité et Affaires coutumières, Gilbert Kankonde, était bien dans son rôle en tant que ministre préséant en contresignant ces ordonnances, d’autant plus qu’il  assurait l’intérim de son titulaire en déplacement. De la sorte, argue-t-on, il avait les pleins pouvoirs d’agir conformément à cette qualité circonstancielle qui ne pouvait se limiter, sauf mauvaise foi, à l’expédition des affaires courantes, ou encore à la seule réception des courriers adressés au Premier ministre. En tant qu’intérimaire, le VPM Gilbert Kakonde est resté dans les limites de ses prérogatives sans empiéter sur celles du Premier ministre. Il n’a pas posé un acte de disposition engageant l’institution, ni nommé ou investi une quelconque personne, auquel cas il ferait ombrage à son titulaire, soutiennent non sans raison ses défenseurs.

De nombreux juristes interrogés à ce sujet s’étonnent de l’agitation qui s’observe, particulièrement dans le camp du FCC, autour du contreseing qui n’a pour valeur juridique que d’authentifier la signature précédente et d’endosser éventuellement la responsabilité et l’exécution de l’acte posé. Sous le sceau de l’anonymat, un praticien de droit lève l’équivoque en ces termes : « Le contre signataire n’est pas co-auteur de l’acte contresigné. La présence sur un acte même d’un contreseing qui n’était pas requis n’affecte pas la légalité de cet acte ». Autrement dit, le contreseing d’un VPM qui assume l’intérim du Premier ministre en toute légalité ne viole aucune disposition ni légale, ni constitutionnelle. Autant dire que l’alinéa 2 de l’article 90 de la Constitution a été bel et bien respecté. C’est ici le lieu de rappeler que des cas de jurisprudence sous la gestion de Joseph Kabila existent. Les VPM She Okitundu et José Makila ont eu, sous leurs mandats, à contresigner des ordonnances présidentielles alors qu’ils assumaient l’intérim du Premier ministre Bruno Tshibala, sans que cela n’émeuve personne.

Le contreseing n’étant, en somme, qu’une simple formalité, la polémique actuelle ne se justifie donc pas. A moins que le FCC ait un autre agenda politique. Si non, la meilleure des choses, pour cette plate-forme politique, serait de saisir le Conseil d’Etat pour abus de pouvoir, ou encore la Cour constitutionnelle pour inconstitutionnalité.

 

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

RDC : sous pression des États-Unis, Félix Tshisekedi procède à un prudent remaniement dans l’armée

juillet 19, 2020

Le président congolais Félix Tshisekedi préside le Conseil des ministres, en juin 2020.

Le président congolais Félix Tshisekedi préside le Conseil des ministres, en juin 2020. © Présidence RDC

 

Le chef de l’État congolais, Félix Tshisekedi, a procédé à un large mais prudent remaniement au sein de l’armée. Alors que le très controversé général John Numbi a été mis à l’écart, d’autres officiers sous sanctions ont été replacés à des postes de choix.

L’information la plus significative ressortant des nombreux changements opérés par le président congolais dans l’appareil militaire est la mise à l’écart du général John Numbi. Jusque-là inspecteur général des FARDC, les forces armées congolaises, ce très proche de Joseph Kabila avait été placé sous sanctions américaines et européennes depuis 2016. Son absence à la récente réunion du haut commandement élargi de l’armée, le 11 juillet, avait alimenté les rumeurs qui circulaient depuis quelques semaines dans certains milieux diplomatiques.

Numbi est notamment suspecté d’avoir joué un rôle dans l’assassinat, en juin 2010, du défenseur des droits de l’homme Floribert Chebeya, l’ancien président de l’ONG La Voix des sans voix, ainsi que de son chauffeur Fidèle Bazana. À la suite de ce scandale qui avait pris une ampleur internationale, il avait été démis de ses fonctions de chef de la police, avant de revenir dans la lumière en 2017, décoré de l’Ordre des héros nationaux Kabila-Lumumba.

Régulièrement soupçonné d’entretenir l’insécurité dans l’ex-Katanga, province dont il est originaire, il a été remplacé au poste d’inspecteur général des Forces armées de la République démocratique du Congo par Gabriel Amisi, dit « Tango Four », un autre officier sous sanctions américaines et européennes pour « entraves au processus électoral en RDC et violations des droits de l’homme ».

Chaises musicales

Lui aussi collaborateur de longue date de l’ancien président, il était jusqu’à présent chef-d’état major adjoint en charge des renseignements. Sa nouvelle fonction le tiendra donc écarté de la gestion des opérations militaires, mais « Tango Four » a néanmoins été promu au grade de « général d’armée ».

Pour le seconder à l’inspection générale des FARDC, Gabriel Amisi pourra compter sur un autre nom bien connu de l’appareil sécuritaire congolais : le général Charles Akili, dit « Mundos », commandant de la 33e région militaire (Sud-Kivu et Maniema), également sous sanctions et cité dans plusieurs rapports du groupe d’experts de l’ONU pour son rôle présumé dans l’insécurité qui règne dans la région de Beni. Lui aussi sera tenu éloigné des opérations sur le terrain.

Parmi les autres mouvements significatifs, la nomination de Jean-Claude Yav, ex-chef de la maison militaire, au poste de chef d’état-major adjoint aux côtés de Célestin Mbala, qui est lui maintenu à son poste de chef d’état major général, est à souligner. Comme celle du général Fall Sikabwe Asinda, soupçonné de graves violations des droits de l’homme, à la fonction de chef d’état-major de l’armée de terre. Au mois de mars, ce dernier était passé en conseil de discipline pour des suspicions de détournement de primes. Sur le terrain également, le général Philémon Yav, surnommé le Tigre, quitte le Katanga pour le Nord-Est et les Kivus.

Félix Tshisekedi a par ailleurs nommé le général Franck Ntumba comme nouveau chef de la maison militaire du chef de l’état, tandis que dans les renseignements militaires, c’est le général Michel Mandiangu qui prendra la place de Delphin Kahimbi, décédé en février dans des circonstances troubles.

L’ombre de Joseph Kabila

Attendu depuis plusieurs mois, le chambardement opéré par Félix Tshisekedi avait été retardé par la pandémie de coronavirus, mais aussi par le besoin d’affiner le choix des profils et de conserver un certain équilibre dans un secteur réputé pour être toujours sous l’influence de son partenaire de coalition, Joseph Kabila.

Ce remaniement consacre une certaine continuité dans l’appareil militaire, malgré de nombreux changements de postes. L’ombre de Joseph Kabila est toujours visible, au regard des fonctions attribuées à plusieurs généraux qui lui sont réputés fidèles.

La mise à l’écart de John Numbi a toutefois été saluée par les autorités américaines, qui ont sous-entendu à plusieurs reprises qu’ils soutenaient le départ des nombreux officiers sous sanctions encore en poste, afin de faciliter leur coopération avec la nouvelle administration.

Cette réorganisation vient également sanctionner la dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est. Cette nouvelle mise en place, qui affecte les zones de défense, les régions militaires, les grandes unités, les bases et écoles militaires, de même que le ministère de la Défense, où un secrétaire général a été désigné, suffira-t-elle à impulser une nouvelle gouvernance en matière de défense nationale ? C’est en tout cas l’un des grands enjeux de ce remaniement.

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa

 

Premier affrontement militaire meurtrier entre l’Inde et la Chine en 45 ans

juin 16, 2020

Au moins vingt soldats indiens ont péri dans une confrontation avec l’armée chinoise dans la nuit de lundi à mardi sur la frontière disputée au Ladakh, dans le nord de l’Inde.

Vingt soldats indiens ont péri dans une confrontation avec l’armée chinoise dans la nuit de lundi à mardi sur la frontière disputée au Ladakh, dans le nord de l’Inde, premier accrochage militaire meurtrier en 45 ans entre les deux géants asiatiques. L’armée indienne a d’abord annoncé mardi la mort d’un officier et de deux soldats, évoquant des morts «des deux côtés». En soirée, elle a fait état de 17 autres «grièvement blessés au champ d’honneur» qui avaient «succombé à leurs blessures». La Chine a de son côté évoqué des «morts et blessés», sans toutefois préciser dans quel camp, et accusé l’Inde d’être responsable de l’incident. Un militaire indien basé dans la région a assuré à l’AFP qu’il n’y avait pas eu d’échange de tirs. «Aucune arme à feu n’a été utilisée. Il y a eu de violents corps-à-corps», a déclaré cette source, qui a requis l’anonymat car elle n’est pas autorisée à parler à la presse.

Le ministère indien des Affaires étrangères a répliqué par la voix de son porte-parole Anurag Srivastava, attribuant la responsabilité de l’affrontement à la Chine à travers «une tentative de changer unilatéralement le statu quo» à la frontière. Des troupes des deux puissances nucléaires se sont engagées depuis début mai dans plusieurs face-à-face tendus le long de leur frontière commune, principalement au Ladakh, et ont acheminé des milliers de soldats en renforts. Une crise que les parties affirment cependant vouloir résoudre par la voie diplomatique.

À la suite de pourparlers entre des généraux des deux armées il y a une dizaine de jours, un processus de désengagement militaire avait été enclenché dans certaines des zones disputées de la région en haute altitude du Ladakh. «Durant le processus de désescalade en cours dans la vallée de Galwan, une confrontation violente s’est produite la nuit dernière et a fait des victimes des deux côtés», a déclaré mardi un porte-parole de l’armée indienne. Pour sa part, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a accusé les troupes indiennes d’avoir «franchi la frontière à deux reprises, avant de se livrer à des activités illégales et de provoquer et d’attaquer des soldats chinois, avec pour résultat une grave confrontation physique».

L’Onu appelle à la retenue

Un porte-parole de l’armée chinoise, Zhang Shuili, a ajouté dans un communiqué publié par le ministère de la Défense que l’incident a entraîné des «morts et blessés». Il n’a précisé ni leur nombre ni leur nationalité. La dernière altercation meurtrière entre militaires indiens et chinois datait de 1975, lorsque quatre soldats indiens avaient perdu la vie en Arunachal Pradesh (est). Aucune balle n’a été tirée au-dessus de la frontière indo-chinoise depuis. Des haut gradés des deux bords s’entretiennent actuellement sur place pour désamorcer la situation, selon le communiqué de l’armée indienne.

Les États-Unis ont dit mardi espérer que l’Inde et la Chine parviennent à régler pacifiquement leurs différends. «L’Inde et la Chine ont toutes les deux exprimé leur volonté d’un apaisement, et nous soutenons une solution pacifique à la situation actuelle», a déclaré un porte-parole du département d’Etat américain. À New York, une porte-parole de l’Onu a fait part de la préoccupation de l’Organisation. «Nous exhortons les deux parties à observer le maximum de retenue», a déclaré aux médias Eri Kaneko, en se félicitant des informations faisant état d’un engagement des deux pays à calmer la situation. Début mai, des affrontements à coups de poing, pierres et bâtons avaient notamment opposé des militaires des deux pays dans la région du Sikkim (est de l’Inde), faisant plusieurs blessés. Les troupes chinoises avaient aussi avancé dans des zones considérées par l’Inde comme situées sur son territoire au Ladakh, poussant New Delhi à dépêcher des renforts dans la région.

Si la situation «n’est pas correctement gérée, cela pourrait dégénérer en quelque chose de beaucoup plus gros que ce que nous imaginions au départ», a déclaré à l’AFP Harsh V Pant, analyste à l’Observer Research Foundation de New Delhi. «La Chine, avec ses meilleures infrastructures, ses capacités militaires supérieures, pense peut-être que c’est le moment de pousser l’Inde, pour voir jusqu’où ira l’Inde», a-t-il avancé. Les deux pays ont plusieurs litiges territoriaux de longue date, dans les secteurs du Ladakh et de l’Arunachal Pradesh.

Les confrontations dans des zones montagneuses entre armées indienne et chinoise sont devenues plus fréquentes ces dernières années, ce que l’administration Trump interprète comme le signe d’une agressivité chinoise croissante en Asie. En 2017, soldats indiens et chinois ont passé plus de deux mois à se faire face sur un plateau himalayen stratégique dans la région du Bhoutan. Des pourparlers avaient mené à un désengagement militaire des deux parties. Le dernier conflit ouvert entre les deux nations les plus peuplées de la planète remonte à la guerre éclair de 1962, qui avait vu les troupes indiennes rapidement défaites par l’armée chinoise.

Par Le Figaro avec AFP