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L’armée ukrainienne est entrée dans Lyman, dans une des régions annexées par Moscou

octobre 1, 2022
Un drapeau ukrainien est affiché devant une maison détruite près d'Izioum, dans l'est de l'Ukraine, le 1er octobre 2022.

Un drapeau ukrainien est affiché devant une maison détruite près d’Izioum, dans l’est de l’Ukraine, le 1er octobre 2022. Photo: AFP via Getty Images/Juan Barreto

Les forces armées ukrainiennes sont entrées dans la ville de Lyman, dans une des régions annexées par Moscou, a affirmé la Défense ukrainienne.

La victoire serait la plus importante enregistrée par Kiev depuis le lancement de sa contre-offensive éclair dans la région de Kharkiv le mois dernier.

Les forces d’assaut aériennes ukrainiennes entrent dans Lyman, dans la région de Donetsk, a indiqué sur Twitter le ministère ukrainien de la Défense.

L’armée avait plus tôt affirmé avoir encerclé plusieurs milliers de soldats russes dans cette ville de la région de Donetsk.

Peu de temps après, la Russie a annoncé que ses troupes – qu’elle qualifie d’alliées aux forces séparatistes pro-russe – avaient quitté Lyman.

« En raison de la menace d’encerclement, les troupes alliées ont été retirées de [Lyman] pour être placées sur de meilleures positions. »— Une citation de  Le ministère de la Défense de la Russie, cité par des agences de presse russes

Le ministère a déclaré dans un communiqué que la Russie avait infligé des pertes sérieuses aux forces ukrainiennes en lançant des frappes de feu massives contre elles. Il n’a pas fourni de preuves et cette affirmation n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante.

Malgré les pertes subies, l’ennemi, disposant d’une importante supériorité en forces et en moyens, a introduit des réserves et a poursuivi l’offensive dans cette direction, a-t-il ajouté.

Le ministère de la Défense russe affirme avoir tués plus de 200 soldats ukrainiens et détruit 14 véhicules blindés dans les dernières 24 heures.

Dans une vidéo diffusée samedi par le directeur de cabinet du président ukrainien, deux soldats accrochent le drapeau national bleu et jaune à un panneau indiquant Lyman à l’entrée de la ville, située dans le nord de la province de Donetsk.

1er octobre. Nous déployons notre drapeau national et nous le posons sur notre terre. Lyman sera l’Ukraine, dit l’un des soldats dans cette vidéo, debout sur un véhicule militaire, selon la traduction de Reuters.

De 5000 à 5500 soldats encerclés

Les forces russes sont encerclées à Lyman, a déclaré à la télévision ukrainienne un porte-parole de l’armée ukrainienne, Serguiï Tcherevatiï.

Selon lui, environ 5000 à 5500 Russes étaient retranchés dans et autour de Lyman ces derniers jours. Mais les derniers combats ont [depuis] réduit leurs effectifs, a-t-il ajouté.

Un soldat ukrainien sort sa tête d'un tank.

Des milliers de soldats russes seraient encerclés par les forces ukrainiennes à Lyman. dans la région de Donetsk. Photo : Reuters/Jorge Silva

D’après Serguiï Gaïdaï, le gouverneur de la région voisine de Louhansk, les soldats russes présents dans le chaudron de Lyman ont trois options : s’enfuir, mourir tous ensemble ou se rendre, a-t-il affirmé sur les réseaux sociaux.

Les troupes russes ont essayé en vain de mener des opérations militaires pour briser l’encerclement, dit un porte-parole des forces armées ukrainiennes.

« Certains se rendent, ils ont beaucoup de tués et de blessés, mais l’opération n’est pas terminée. »— Une citation de  Serguiï Tcherevatiï, porte-parole de l’armée ukrainienne

Le gouverneur de Louhansk, en exil, a déclaré de son côté que des soldats russes avaient sollicité le droit de quitter en sécurité la zone encerclée, mais que leur demande avait été rejetée. L’état-major général ukrainien a déclaré à Reuters ne pas disposer de cette information.

Vers 8 h, plusieurs commentateurs militaires russes avaient déjà publié des messages sur leurs chaînes Telegram annonçant que l’armée ukrainienne avait capturé [des soldats] ou, au minimum, pénétré dans Lyman, rapporte la BBC.

L'épave d'un avion de combat russe abattu par les forces armées ukrainiennes est visible dans un champ près de la ville d'Izioum.

L’épave d’un avion de combat russe abattu par les forces armées ukrainiennes est visible dans un champ près de la ville d’Izioum, à environ 70 km de Lyman. Photo : Reuters/Stringer

Importance stratégique

Depuis la prise de Lyman à la fin mai, les troupes russes ont transformé la ville de la région de Donetsk en une importante plateforme logistique pour le déploiement des troupes et l’approvisionnement en munitions.

La ville est également un centre ferroviaire clé, reliant les régions de Donetsk, Louhansk et Kharkiv, dans l’est et le nord-est de l’Ukraine.

Selon le porte-parole de l’armée ukrainienne, la prise de Lyman permettrait d’avancer dans la région de Louhansk, que Moscou avait annoncé, début juillet, contrôler en totalité.

Lyman est importante parce qu’il s’agit de la prochaine étape vers la libération du Donbass ukrainien. C’est une occasion pour avancer vers Kreminna et Sievierodonetsk, et c’est très important psychologiquement, a-t-il ajouté.

Vladimir Poutine est projeté sur un écran géant, devant une foule, sur la place Rouge, en Russie.

Vladimir Poutine s’adresse à la foule réunie sur la place Rouge, à Moscou, après avoir officiellement annexé quatre régions ukrainiennes. Photo : AFP via Getty Images/Alexxander Nemenov

Vendredi soir, Volodymyr Zelensky, s’était félicité des résultats majeurs de la contre-offensive de ses troupes dans l’Est, poussant les Russes à se retirer de nombreux territoires conquis.

Au même moment, Vladimir Poutine, avait de son côté conclu une journée de cérémonies pour l’annexion des territoires ukrainiens. La victoire sera à nous, a-t-il lancé, micro en main, devant plusieurs milliers de personnes réunies pour un concert festif sur la place Rouge, à Moscou.

Menace nucléaire

Ramzan Kadyrov, le chef de la région russe de Tchétchénie, a déclaré samedi que Moscou devrait envisager l’utilisation d’une arme nucléaire à faible puissance en Ukraine, dans un contexte de nouveaux revirements sur le champ de bataille.

Dans un message sur Telegram critiquant les commandants russes pour avoir abandonné la ville de Lyman, samedi, M. Kadyrov a écrit : À mon avis personnel, des mesures plus drastiques devraient être prises, jusqu’à la déclaration de la loi martiale dans les zones frontalières et l’utilisation d’armes nucléaires à faible rendement.

Un char d'assaut russe brûlé se trouve dans un champ de tournesols près d'Izioum, dans l'est de l'Ukraine, le 1er octobre 2022, à environ 70 kilomètres de Lyman.

Un char d’assaut russe brûlé se trouve dans un champ de tournesols près d’Izioum, dans l’est de l’Ukraine, le 1er octobre 2022, à environ 70 kilomètres de Lyman. Photo : AFP via Getty Images/Juan Barreto

La Russie possède le plus grand arsenal atomique du monde qui compte des armes nucléaires tactiques à faible puissance.

D’autres grands soutiens de Vladimir Poutine, dont l’ancien président Dmitri Medvedev, ont laissé entendre que la Russie pourrait avoir besoin de recourir aux armes nucléaires, mais l’appel de Kadirov est à ce jour le plus explicite.

Arrestation du directeur de la centrale de Zaporijia

Une patrouille russe a arrêté le directeur de la centrale nucléaire de Zaporijia, a annoncé samedi Energoatom, l’entreprise publique chargée de l’exploitation du site, une information confirmée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Igor Mourachov a été interpellé alors qu’il se rendait de la centrale à la ville de Enerhodar vendredi vers 16 h, heure locale, a précisé le président d’Energoatom, Petro Kotine.

« Il a été sorti de la voiture, on lui a bandé les yeux et il a été emmené en voiture pour une destination inconnue. »— Une citation de  Petro Kotine, président d’Energoatom, sur Telegram

La Russie n’a fait aucune déclaration publique sur le sujet.

Petro Kotine a précisé en avoir appelé au directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, pour qu’il prenne toutes les mesures immédiates possibles pour obtenir d’urgence la remise en liberté d’Igor Mourachov.

Interrogé par Reuters, un porte-parole de l’AIEA a déclaré : Nous avons contacté les autorités russes et nous leur avons demandé des explications. Quelques heures plus tard, l’AIEA a annoncé avoir été informée par les autorités russes du fait qu’Igor Mourachov était détenu en vue d’un interrogatoire.

Un véhicule blindé marqué d'un « Z », symbole de soutien au président Vladimir Poutine et à l'invasion qu'il mène en Ukraine, devant la centrale nucléaire de Zaporijia.

Un véhicule blindé marqué d’un « Z », symbole de soutien au président Vladimir Poutine et à l’invasion qu’il mène en Ukraine. Photo : Reuters/Alexander Ermochenko

M. Mourashov était opposé à la cession de la centrale de Zaporijia à la Russie, mais les porte-paroles d’Energoatom n’ont pas pu confirmer que c’était la raison de son enlèvement.

La centrale de Zaporijia est devenue l’un des enjeux clés du conflit en Ukraine, Kiev et Moscou s’accusant mutuellement de bombarder le site au risque de déclencher une catastrophe nucléaire.

Dans sa déclaration sur Telegram, Petro Kotine assure qu’Igor Mourachov assume la responsabilité exclusive de la sûreté nucléaire et radioactive du site et que son arrestation compromet la sûreté des activités de la plus grande centrale nucléaire d’Ukraine et d’Europe.

Il appelle les troupes russes à cesser immédiatement les actes de terrorisme nucléaire visant la direction et le personnel du site et à relâcher Igor Mourachov.

La centrale est un trophée stratégique pour la Russie et a suscité l’inquiétude du monde entier en tant que seule centrale nucléaire prise dans une guerre moderne.

Des porte-paroles d’Energoatom ont confié à l’Associated Press samedi que les employés de la centrale de Zaporijia étaient contraints de soumettre une demande de transfert vers la société d’État russe qui s’occupe de la gestion des centrales en Russie, Rosatom.

Les combats actifs à proximité signifient qu’il est peu probable qu’elle recommence à produire de l’électricité de sitôt, même si la Russie installe son propre système de gestion.

Un convoi de civils tués découvert

Selon le Service de sécurité ukrainien (SBU), les troupes russes ont tiré sur un convoi de sept véhicules et tué ainsi 24 personnes. On dénombre 13 enfants et une femme enceinte parmi les victimes.

Selon le gouverneur de la région de Kharkiv, Oleg Synegoubov, les occupants [russes] ont attaqué ces civils qui tentaient d’échapper aux bombardements. Ils ont tiré à bout portant, a-t-il ajouté.

Un convoi de voitures détruites sur le bord de la route avec des cadavres carbonisés à travers les débris.

Les troupes russes ont tiré sur un convoi de sept véhicules et tué ainsi au moins 20 personnes. Photo : via Reuters/Security Service of Ukraine

Deux voitures ont brûlé complètement, il y avait des enfants avec leurs parents: ils ont brûlé vifs, a-t-il précisé dans un communiqué.

Le porte-parole du bureau du procureur de la région de Kharkiv, Dmytro Chubenko, a déclaré dans une interview à une chaîne de télévision que l’emplacement du site du massacre sur la ligne de front, dans une zone grise, entravait l’enquête.

Le contrôle de l’armée ukrainienne sur ce territoire n’est pas permanent, a-t-il déclaré. Il est parfois sous notre contrôle, puis passe sous celui de la Russie, et nous ne pouvons donc pas mener à bien toutes les actions d’enquête.

M. Synegoubov et le service de sécurité ukrainien SBU avaient précédemment déclaré qu’au moins 20 personnes étaient mortes, sans donner la date exacte de l’attaque.

Maintenant, M. Synegoubov affirme que cela s’est passé le 25 septembre vers 9 h (heure locale), citant la police locale. Les détails n’ont pas été vérifiés de manière indépendante.

L’attaque a eu lieu dans la zone grise entre les villes de Koupianks, libérée récemment, et de Svatove, toujours sous occupation russe.

Le chef par intérim du SBU, Vasyl Maliuk, aurait déclaré que l’attaque brutale contre des civils a été menée par un groupe de sabotage et de reconnaissance.

« L’ennemi a prouvé une fois de plus que son objectif est la destruction de tous les Ukrainiens, quels que soient leur âge et leur sexe. »— Une citation de  Vasyl Maliuk, chef par intérim du SBU

Mais ils n’échapperont pas à la punition. Nous trouverons tout le monde et les ferons répondre des atrocités commises, a-t-il déclaré.

Le gouverneur de la région de Kharkiv, où les corps ont été découverts, a mentionné que des policiers et des experts se sont rendus sur place et qu’une enquête est en cours.

Des cadavres dans des sacs de plastique sur le bord d'un chemin de fer.

Selon le gouverneur de la région de Kharkiv, Oleg Synegoubov, les occupants russes ont attaqué des civils qui tentaient d’échapper aux bombardements. Photo : Reuters/Stringer

Le vendredi 30 septembre, une équipe de l’AFP avait vu au moins 11 corps de civils, tués par balles dans leurs voitures, sur une route abandonnée par les Russes dans leur retrait de la région la semaine dernière.

Le lieu où la dizaine de civils ont été retrouvés est situé à un endroit où des combats entre Ukrainiens et Russes ont eu lieu récemment, les forces de Kiev menant une contre-offensive d’ampleur dans la région.

Vendredi, une frappe contre un convoi humanitaire avait fait une trentaine de morts.

Radio-Canada par Nicolas Bourcier avec les informations de Agence France-Presse, REUTER et BBC

Retraités, malades : la Russie admet des « erreurs » pendant la mobilisation

septembre 25, 2022
Le président Vladimir Poutine parle à la télévision, dans une salle montrant des drapeaux.

Le président russe, Vladimir Poutine, veut mobiliser 300 000 hommes pour reprendre l’avantage face aux forces ukrainiennes. Photo: AP

Les autorités russes ont promis de réparer les « erreurs » commises dans le cadre de la mobilisation décrétée par le président, Vladimir Poutine, après la convocation de personnes censées être exemptées qui a suscité un tollé.

En annonçant mercredi cette mobilisation partielle des réservistes pour aller en Ukraine, M. Poutine avait souligné que seules les personnes ayant une expérience militaire ou des compétences pertinentes seraient appelées.

Mais plusieurs cas de personnes ayant dépassé l’âge de combattre, malades ou exemptées pour d’autres raisons, ont provoqué des réactions indignées sur les réseaux sociaux, suscitant l’embarras et l’inquiétude des autorités.

Dans la région de Volgograd, c’est un militaire à la retraite de 63 ans, souffrant d’un diabète lourd et de problèmes cérébraux, qui a été renvoyé du centre d’entraînement où il avait été convoqué, selon les autorités.

Dans la même région, le directeur d’une petite école rurale, Alexandre Faltine, âgé de 58 ans, a reçu un ordre de mobilisation alors qu’il n’avait pas servi dans l’armée. Après la publication d’une vidéo de sa fille sur les réseaux sociaux, où elle a été très partagée, il a pu rentrer chez lui.

Colonel général Mikhaïl Mizintsev.

Le remplacement du général d’armée Dmitri Boulgakov par le colonel général Mikhaïl Mizintsev a lieu au moment où l’offensive en Ukraine montre des difficultés en matière d’organisation. Photo : AP/ Alexander Zemlianichenko

Dans une admission inhabituelle de dysfonctionnements, la présidente de la chambre haute du Parlement, Valentina Matvienko, a sèchement réprimandé les autorités régionales, qui supervisent la mobilisation.

Des cas impropres de mobilisation […] suscitent des discussions animées dans la société et sur les réseaux sociaux, a-t-elle déploré dans un communiqué publié sur Telegram.

Certains jugent, semble-t-il, qu’il est plus important de présenter leur rapport rapidement que de remplir correctement une mission importante pour l’État. De tels excès sont absolument inacceptables, a-t-elle ajouté.

« Faites en sorte que la mobilisation partielle soit faite dans le respect total des critères annoncés. Et sans commettre une seule erreur! »— Une citation de  Valentina Matvienko, présidente de la chambre haute du Parlement

Des difficultés d’organisation régulières

Ces dérives sont un nouvel exemple des difficultés d’organisation qui accompagnent depuis le début l’offensive de la Russie contre l’Ukraine.

Samedi, le ministère de la Défense a annoncé le remplacement du plus haut gradé chargé des questions logistiques par le général Mikhaïl Mizintsev, un poids lourd de l’état-major.

Même si les autorités présentent la mobilisation de personnes censées être exemptées comme des cas isolés, leurs déclarations expriment une forme d’inquiétude face à la réaction indignée d’une partie de la population.

Samedi, le président du Conseil des droits de l’homme auprès du Kremlin, Valéri Fadeïev, a exhorté le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, à résoudre de façon urgente les problèmes constatés depuis le début de la mobilisation afin de ne pas saper la confiance de la population.

Des policiers russes détiennent un manifestant.

Des policiers russes arrêtent un manifestant pendant un rassemblement à Moscou contre la mobilisation des réservistes ordonnée par le président Vladimir Poutine. Photo: AFP via Getty Images

Il a cité en exemples les 70 pères de familles nombreuses mobilisés dans la république russe de Bouriatie, en Sibérie orientale, ainsi que des infirmières et des sages-femmes sans aucune expérience militaire de la région de Sverdlovsk (Oural) convoquées sous la menace de poursuites judiciaires en cas de refus.

M. Fadeïev a aussi critiqué ceux qui remettent les ordres de mobilisation à deux heures du matin, comme s’ils nous prenaient tous pour des [déserteurs]. Cette méthode crée du mécontentement, a-t-il mis en garde.

Les gouverneurs chargés de rectifier le tir

Face à cette situation, les gouverneurs des régions de Vladimir, près de Moscou, et de Leningrad (nord-ouest) ont promis que les personnes mobilisées par erreur rentreraient chez elles.

Le gouverneur de Leningrad, Alexandre Drozdenko, a demandé dimanche aux chefs des districts de sa région de prendre personnellement en main les requêtes des habitants et de s’occuper de chaque dossier.

Plusieurs étudiants ont aussi affirmé avoir été convoqués alors que les autorités avaient promis qu’ils seraient dispensés.

Samedi soir, M. Poutine a signé un décret prévoyant une exemption pour ceux qui étudient dans des universités ou des écoles de formation professionnelle de l’État.

Une autre situation controversée concerne le cas de manifestants contre l’offensive en Ukraine qui ont reçu un ordre de mobilisation pendant leur garde à vue. Là, le Kremlin a indiqué qu’il ne voyait rien d’illégal.

Radio-Canada avec Agence France-Presse

Ukraine : des cartes russes montrent un retrait important de la région de Kharkiv

septembre 11, 2022
Des chars détruits au milieu de la route à Balakliya, dans la région de Kharkiv.

L’armée ukrainienne a fait des avancées importantes dans les derniers jours dans la région de Kharkiv. Ci-dessus, des chars détruits au milieu de la route à Balakliya. Photo : Getty Images/AFP/Juan Barreto

La carte de la région ukrainienne de Kharkiv, présentée dimanche par le ministère russe de la Défense lors de son point de presse quotidien, a montré un retrait d’ampleur de l’armée russe de cette région, théâtre d’une vaste contre-offensive ukrainienne.

Selon cette carte présentée dans la vidéo du point de presse, l’armée russe ne contrôlait plus dimanche qu’une petite partie du territoire dans l’est de la région de Kharkiv, derrière la rivière d’Oskol.

Lors du point de presse précédent, samedi, la carte utilisée par le ministère montrait que l’armée russe occupait en ce moment-là des territoires bien plus vastes de cette région où le régime de Kiev a annoncé ces deux derniers jours d’importants gains territoriaux face aux forces russes.

Samedi, l’armée russe a annoncé avoir retiré ses forces présentes dans les zones de Balakliïa et d’Izioum, dans l’est ukrainien où Kiev fait état d’avancées dans sa contre-offensive, afin de les regrouper près de Donetsk, l’une des capitales des séparatistes prorusses, plus au sud.

Au début du mois, l’armée ukrainienne a d’abord annoncé une contre-offensive dans le Sud, avant de réaliser au cours de la semaine écoulée une percée surprise et éclair des lignes russes dans le Nord-Est, dans la région de Kharkiv.

Au total, depuis début septembre, plus de 3000 kilomètres carrés sont revenus sous contrôle ukrainien, a déclaré dans un communiqué le général Valeri Zaloujny, commandant en chef de l’armée ukrainienne, au 200e jour du conflit.

Front autour de Kharkiv

Autour de Kharkiv, nous avons commencé à avancer non seulement au sud et à l’est, mais également vers le nord. Nous sommes à 50 kilomètres de la frontière, a-t-il ajouté.

Le gouverneur russe de la région russe de Belgorod, frontalière de l’Ukraine, a assuré que des milliers de personnes avaient fui la région de Kharkiv pour la Russie.

Ce n’était pas la nuit la plus facile, ce n’était pas la matinée la plus facile. Au cours des dernières 24 heures, des milliers de personnes ont traversé la frontière, a déclaré Viatcheslav Gladkov dans une adresse vidéo, publiée sur sa chaîne Telegram.

Des soldats ukrainiens sont assis sur un véhicule militaire blindé dans la ville de Severodonetsk.

Des soldats ukrainiens. Photo: Getty Images/AFP/Fadel Senna

Un peu plus tôt, l’état-major ukrainien avait annoncé que la libération de portions de territoire dans les districts de Koupiansk et Izioum dans la région de Kharkiv était en cours.

La veille, Kiev avait annoncé que ses forces étaient entrées dans Koupiansk, qui se trouve sur des itinéraires d’approvisionnement des troupes russes.

Selon l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), basé à Washington, les forces ukrainiennes ont progressé par endroits sur une profondeur de 70 km et ont repris en cinq jours plus de territoires que les Russes n’en ont conquis dans toutes leurs opérations depuis avril.

Zelensky savoure sa victoire, Zaporijia à l’arrêt

Dans un message vidéo, le président Volodymyr Zelensky s’est réjoui que le magnifique drapeau ukrainien flotte de nouveau sur Tchkalovske, dans la région de Kharkiv.

Il en sera de même partout. Nous chasserons les occupants de chaque ville et de chaque village d’Ukraine, a-t-il assuré.

Des armes, des armes, des armes : c’est à notre ordre du jour depuis le printemps. Je suis reconnaissant aux partenaires qui ont répondu à notre appel : ils ont part avec nous aux succès de l’Ukraine sur le champ de bataille, a écrit sur Twitter le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmitro Kouleba, appelant à la poursuite des livraisons, principalement occidentales.

Un soldat devant la centrale nucléaire Zaporijia.

Des experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ont inspecté la centrale nucléaire Zaporijia, au sud de l’Ukraine. Photo : Getty Images/Andrey Borodulin

À la centrale nucléaire de Zaporijia, le réacteur numéro 6 a été déconnecté du réseau électrique dimanche avant l’aube, et des préparatifs sont en cours pour son refroidissement, a indiqué l’opérateur ukrainien Energoatom.

Depuis trois jours, ce réacteur restait le seul à produire l’électricité nécessaire au refroidissement du combustible nucléaire et à la sécurité du site.

Selon Energoatom, la décision de le mettre à l’arrêt a été prise après le rétablissement, samedi soir, de l’approvisionnement électrique extérieur du site avec l’une des lignes de transmission. La situation de la centrale reste néanmoins encore précaire.

En cas de nouveau dommage pour les lignes de transmission reliant le site au système électrique – dont le risque reste élevé – les besoins internes [du site] devront être assurés par des générateurs fonctionnant avec du diesel, a prévenu Energoatom, en renouvelant son appel à l’établissement d’une zone démilitarisée autour de la centrale, seul moyen selon lui d’en assurer la sécurité.

Situation difficile pour les forces russes

Sur le plan militaire, la nouvelle progression des troupes de Kiev au sud de Kharkiv pourrait entraver fortement la capacité de la Russie à ravitailler ses forces dans l’est de l’Ukraine et à leur apporter un soutien logistique efficace.

Dans des zones reprises par Kiev, des journalistes de l’AFP ont vu samedi des camions et des blindés russes carbonisés, dont certains encore frappés de la lettre Z, le symbole de l’invasion de l’Ukraine entamée le 24 février.

Des soldats ukrainiens patrouillaient dans Balakliïa, où flottait le drapeau ukrainien, hissé en présence du commandant des forces terrestres ukrainiennes, Oleksandre Syrski.

Nous achevons aujourd’hui la libération de Balakliïa, la première grande ville de notre offensive, et je suis sûr que ce n’est pas la dernière […]. Et devant encore, Izioum et beaucoup d’autres, a-t-il déclaré à cette occasion.

Le chef de l’administration d’occupation russe de la région d’Izioum, Vladislav Sokolov, a de son côté admis que la situation y était difficile.

Ces deux dernières semaines, la ville est visée par des bombardements des forces ukrainiennes, notamment avec des munitions de type Himars […] ce qui provoque de graves destructions et fait beaucoup de morts et de blessés, a-t-il déclaré.

Les Himars sont des lance-roquettes multiples fournis à Kiev par Washington.

Deux soldats discutent ensemble devant des ruines.

Les soldats russes sont en train de perdre du terrain en Ukraine. Photo : AFP via Getty Images/Yuri Kadobnov

Le ministère de la Défense russe a ensuite annoncé avoir retiré ses forces présentes dans les régions de Balakliïa et d’Izioum, afin de renforcer son dispositif plus au sud, autour de Donetsk, l’une des capitales des séparatistes prorusses.

À Lyman, une ville tombée fin mai aux mains des Russes, la situation reste assez difficile, tout comme dans d’autres localités du nord de la République populaire de Donetsk, a reconnu samedi son chef, Denis Pouchiline.

Dans le village de Grakové, tout juste repris par les forces ukrainiennes, les journalistes de l’AFP ont vu des destructions témoignant de la violence de combats, pylônes électriques abattus et câbles étalés sur le sol.

C’était effrayant, il y avait des bombardements et des explosions partout, a raconté Anatoli Vassiliev, 61 ans.

Iryna Stepanenko, 52 ans, a profité pour sa part de pouvoir sortir à bicyclette pour la première fois après s’être terrée dans sa cave pendant trois mois .

C’était terrifiant, dit-elle à propos de cette vie souterraine dans le bruit des explosions. Soulagée du retour des forces ukrainiennes, elle dit néanmoins craindre pour la suite.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

L’armée est « terrorisée » : un soldat russe dénonce la guerre en Ukraine

août 30, 2022
Un soldat marche dans les ruines de l'usine.

Un soldat russe patrouille sur le site de l’usine sidérurgique Azovstal, à Marioupol, dans le sud de l’Ukraine, le 13 juin 2022. (Archives) Photo : AFP via Getty Images/Yuri Kadobnov

Il a brisé la loi du silence et s’est enfui de la Russie : Pavel Filatiev, un militaire qui a combattu deux mois en Ukraine avant de dénoncer l’offensive du Kremlin dans un long récit publié sur Internet, demande maintenant l’asile politique en France.

Âgé de 34 ans, le soldat est arrivé dimanche à l’aéroport de Roissy, à Paris, via la Tunisie et a rencontré des agents de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) lundi.

Début août, le parachutiste, qui s’était réengagé l’an dernier dans le 56e régiment des troupes aéroportées basé en Crimée après avoir quitté quelque temps les rangs de l’armée, a publié sur le réseau social Vkontakte un récit de 141 pages dénonçant l’état des troupes russes et la guerre en Ukraine.

Portrait de Pavel Filiatiev.

Pavel Filiatiev faisait partie du 56e régiment des troupes aéroportées basé en Crimée lorsqu’il a publié son récit de 141 pages dénonçant l’armée russe. Photo: Getty Images/AFP/ Eleonore Dermy

Quand j’ai appris que le commandement demandait à ce que je sois condamné à 15 ans de prison pour informations mensongères [contre l’armée russe], j’ai compris que je n’arriverais à rien ici et que mes avocats ne pourraient rien pour moi en Russie, raconte Pavel Filatiev à l’AFP, qui l’a rencontré lundi dans la zone d’attente des demandeurs d’asile à Roissy.

Son texte, intitulé ZOV – qui signifie appel en russe et rappelle dans le même temps les lettres peintes sur les blindés russes en Ukraine –, critique l’invasion russe lancée le 24 février.

Nous n’avions pas le droit moral d’attaquer un autre pays, qui plus est le peuple qui nous est le plus proche, écrit dans ce récit le soldat, lui-même fils d’un militaire qui avait servi dans ce même 56e régiment.

Désordre et corruption

Il y dépeint une armée russe en lambeaux, à peine équipée et manquant de formation, dans le même état que ce qu’est devenue la Russie ces dernières années.

D’année en année, le bazar et la corruption deviennent de plus en plus prégnants, explique Pavel Filatiev. La corruption, le désordre, le je-m’en-foutisme ont dépassé les limites de l’acceptable, ajoute-t-il en racontant avoir très vite déchanté après avoir signé son contrat.

« Les premiers mois, j’étais sous le choc. Je me disais  »ce n’est pas possible » et, à la fin de l’année, j’ai compris que je ne voulais pas servir dans une telle armée. »— Une citation de  Pavel Filatiev

Pour autant, il ne démissionne pas et se retrouve sur le front une fois que ce que le Kremlin appelle l’opération spéciale est lancée. Avec son régiment, il va d’abord à Kherson, puis à Mykolaïv, deux villes sur les bords de la mer Noire.

Si l’armée était en temps de paix déjà en bazar, corrompue et je-m’en-foutiste, il est évident qu’en temps de guerre, de combats, cela va apparaître encore plus et le manque de professionnalisme devenir encore plus visible, dit-il, estimant que le gouvernement russe avait joué un rôle majeur pour détruire l’armée héritée de l’URSS.

Après deux mois de combats au cours desquels il assure que son régiment n’a pris part à aucune exaction contre des civils ou des prisonniers, Pavel Filatiev est évacué en raison d’une infection à l’œil droit et hospitalisé à Sébastopol, en Crimée.

L’armé est « terrorisée »

Il tente de démissionner pour raisons de santé, mais sa hiérarchie lui demande de retourner au front, le menaçant d’ouvrir une enquête à son encontre s’il ne le faisait pas.

Début août, il quitte la Crimée et publie sur Internet son journal. Après avoir erré de ville en ville en Russie pour éviter d’être repéré, il finit par quitter le pays.

Pourquoi je raconte tout cela en détail? Je veux que les gens en Russie et dans le monde comprennent comment cette guerre est arrivée, pourquoi des gens continuent de la faire, explique Pavel Filatiev.

« Ce n’est pas parce qu’ils ont envie de combattre, c’est parce qu’ils se trouvent dans de telles conditions qu’il leur est très difficile de partir. »— Une citation de  Pavel Filatiev

L’armée, tout comme la société russe, est terrorisée, affirme-t-il, estimant à seulement 10 % la proportion de militaires soutenant la guerre, la majorité des soldats craignant à l’inverse de parler ouvertement. Ceux qui sont contre la guerre ont peur de le dire, de partir, ont peur des conséquences.

S’il obtient le statut de réfugié, il dit vouloir agir pour faire en sorte que cette guerre se termine.

Je veux que le moins possible de jeunes hommes russes y aillent et soient mêlés à cela, qu’ils sachent ce qui se passe là-bas.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

L’Ukraine tente de reprendre Kherson, ville occupée par la Russie

août 29, 2022

Les militaires ont lancé une contre-offensive pour repousser les Russes. Les Ukrainiens assurent avancer sur leur objectif, sans que cela puisse être vérifié.

L'Ukraine affirme avoir repris Kherson des mains des forces russes, dans le sud du pays.
L’Ukraine affirme avoir repris Kherson des mains des forces russes, dans le sud du pays. © OLEG PETRASYUK / EPA / EFE

Les forces ukrainiennes ont lancé une contre-offensive dans le Sud, destinée à repousser les troupes russes de l’autre côté du fleuve Dniepr et à reprendre la ville occupée de Kherson, ont annoncé lundi les autorités locales.

« Aujourd’hui, il y a eu de puissantes attaques d’artillerie sur les positions ennemies […] sur l’ensemble du territoire de la région occupée de Kherson. C’est l’annonce de ce que nous attendions depuis le printemps : c’est le début de la fin de l’occupation de la région de Kherson », a annoncé à la télévision ukrainienne Serguiï Khlan, député local et conseiller du gouverneur régional. Il a assuré que les forces ukrainiennes avaient « l’avantage » sur le front sud après plusieurs frappes ces dernières semaines ayant visé des ponts dans la région de Kherson et destinées à gêner la logistique de l’armée russe.

Des médias ukrainiens avaient plus tôt cité la porte-parole du commandement « sud » de l’armée ukrainienne, Natalia Goumeniouk, affirmant que les forces de Kiev attaquaient « dans de nombreuses directions » sur ce front. Le groupement militaire ukrainien « Kakhovka » a, lui, assuré sur Facebook observer la retraite d’une unité de combattants séparatistes prorusses de leurs positions dans la région.

Une région stratégique

Les troupes russes s’étaient emparées dès le début de l’invasion de l’Ukraine de Kherson, ville de 280 000 habitants située sur le fleuve Dniepr. Essentielle pour l’agriculture ukrainienne, cette région est aussi stratégique, car limitrophe de la péninsule de Crimée, annexée par Moscou en mars 2014. Depuis plusieurs semaines, les forces ukrainiennes disaient préparer une contre-offensive pour reprendre Kherson, mais n’avaient jusqu’à présent rapporté que la conquête de plusieurs dizaines de villages.

Par Le Point avec AFP

États-Unis: Joe Biden officialise une aide militaire colossale en faveur de l’Ukraine

août 24, 2022

Le président américain a annoncé mercredi que les États-Unis vont débloquer près de trois milliards de dollars pour aider l’armée ukrainienne.

Joe Biden a annonce mercredi une nouvelle aide militaire a l'Ukraine de pres de trois milliards de dollars.
Joe Biden a annoncé mercredi une nouvelle aide militaire à l’Ukraine de près de trois milliards de dollars.© MANDEL NGAN / AFP

L’annonce était fortement pressentie, elle est désormais officielle. Le président américain Joe Biden a annoncé mercredi 24 août une nouvelle aide militaire à l’Ukraine de près de trois milliards de dollars au moment où le pays, qui combat depuis six mois l’invasion russe, marque le jour de son indépendance.

« Les États-Unis d’Amérique sont déterminés à soutenir le peuple ukrainien au moment où il continue la lutte pour défendre sa souveraineté. Dans le cadre de cet engagement, je suis fier d’annoncer notre plus grande tranche d’assistance sécuritaire à ce jour : environ 2,98 milliards de dollars d’armes et d’équipement », a affirmé Joe Biden dans un communiqué.

Il s’agit de la plus grosse enveloppe d’aide militaire américaine depuis le début de la guerre et permettra à Kiev d’acquérir de nouvelles armes ou de financer des formations ou opérations. L’argent provient d’un fonds du Pentagone qui peut être utilisé pour des opérations immédiates ou pour l’acquisition d’armements. Cette enveloppe est différente d’un autre fonds qui permet au président Joe Biden d’ordonner le transfert immédiat à l’Ukraine d’armes, matériel et équipements à partir des stocks existants.

Vendredi dernier, le Pentagone avait annoncé une tranche d’aide militaire à l’Ukraine provenant de ce fonds, pour un montant de 775 millions de dollars. Cette nouvelle tranche d’aide comprenait notamment des missiles supplémentaires pour les systèmes américains d’artillerie de précision Himars, qui ont « changé la donne sur le champ de bataille », avait indiqué une haute responsable du ministère américain de la Défense.

Par Le point avec AFP

Centrafrique : pourquoi une partie de l’opinion veut voir l’armée rwandaise quitter le pays

août 12, 2022

Des opposants à Faustin-Archange Touadéra et des organisations de la société civile ont prévu d’organiser des manifestations. Ils estiment que les hommes envoyés par Paul Kagame contribuent à pousser le président dans sa volonté de conserver le pouvoir.

Des casques bleus rwandais de la Minusca et des soldats rwandais sécurisent les lieux lors de l’élection présidentielle à Bangui, en République centrafricaine, le 27 décembre 2020. © Nacer Talel / Manadolu Agency via AFP.

Des voix émanant d’une partie de l’opposition et de la société civile centrafricaine s’élèvent depuis quelques jours afin de protester contre la présence rwandaise en Centrafrique. Certaines organisations prévoient même de manifester, notamment devant l’ambassade du Rwanda à Paris, dans le but de faire entendre cette revendication et de réclamer le départ des troupes de Paul Kagame du territoire centrafricain.

En tête de ce mouvement figurent des opposants tel que Crépin Mboli-Goumba et l’ancienne ministre de l’Éducation Gisèle Bedan. Le Groupe d’action des organisations de la société civile pour la défense de la Constitution du 30 mars 2016 (G16), dont le dirigeant est installé en France, donne aussi de la voix.

Pourquoi cette opposition ? Les manifestants estiment que le Rwanda apporte, via son aide militaire, un soutien de taille au président Faustin-Archange Touadéra dans sa quête actuelle de modifier la Constitution et, ce faisant, d’obtenir un troisième mandat, aujourd’hui interdit par les textes. Depuis la fin de 2019 et la visite officielle du président rwandais Paul Kagame en Centrafrique, les relations entre Bangui et Kigali n’ont en effet jamais cessé de s’améliorer.

Forces spéciales

Des émissaires du président Touadéra font régulièrement le voyage de Kigali, tandis que ceux du président rwandais viennent constamment à Bangui. Des accords politique, économique et militaire ont été signés pour couronner ce rapprochement. Kigali était surtout venu à la rescousse de Bangui lorsque, à la fin de 2020 et au début de 2021, les rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) étaient aux portes de Bangui et menaçaient de prendre le pouvoir.

Les forces spéciales rwandaises, ainsi que les mercenaires russes du groupe Wagner, avaient alors contribué à desserrer l’étau autour de la capitale. Depuis, les militaires rwandais, déployés spécifiquement pour assurer la protection du président Touadéra, ont également mené des offensives contre les poches de résistance de la rébellion à l’intérieur du pays. En outre, sur le plan économique, dans le cadre de l’accord entre les deux pays, plusieurs hommes d’affaires rwandais se sont installés à Bangui.

D’après une source à la présidence centrafricaine, « le désir de voir le Rwanda se retirer de la Centrafrique provient essentiellement des opposants qui soutiennent la rébellion de la CPC, car leur projet de coup d’État ne pourra jamais réussir si nous disposons d’un allié comme le Rwanda. Il faut donc les faire partir. Le raisonnement d’ingérence rwandaise n’est que pure distraction ». Notre source accuse même des opposants centrafricains de financer une campagne contre la présence rwandaise.

Obtenir le soutien de la RDC

Les manifestants ont-ils un autre objectif ? En attaquant Kigali, cette frange de l’opposition pourrait en tout cas s’attirer les faveurs de la RDC, actuellement en conflit avec la Centrafrique. « L’opposition veut surfer sur cette vague pour prouver aux autorités congolaises qu’elles peuvent compter sur les opposants, afin d’obtenir du soutien politique et financier chez le voisin direct de Bangui », renchérit un membre du gouvernement centrafricain qui a requis l’anonymat.

Des soldats rwandais lors de l'élection présidentielle centrafricaine, à Bangui, le 27 décembre 2020. © Nacer Talel / Manadolu Agency via AFP.
Des soldats rwandais lors de l’élection présidentielle centrafricaine, à Bangui, le 27 décembre 2020. © Nacer Talel / Manadolu Agency via AFP.

Kigali n’entend en tout cas pas se laisser intimider. « L’intervention du Rwanda en République centrafricaine est destinée au gouvernement et à ses institutions, et non à un individu. Le Rwanda ne peut en aucun cas être impliqué dans la politique intérieure de la Centrafrique, encore moins dans le projet de modification de la Constitution de ce pays », a ainsi récemment déclaré aux médias Vincent Biruta, ministre rwandais des Affaires étrangères. D’après nos informations, le président rwandais Paul Kagame compte augmenter son effectif militaire en Centrafrique.

Avec Jeune Afrique par Pacôme Pabandji

Les ports ukrainiens fonctionnent à nouveau, un pont clef frappé par l’armée de Kiev dans le sud

juillet 27, 2022
Les ports ukrainiens fonctionnent a nouveau, un pont clef frappe par l'armee de Kiev dans le sud
Les ports ukrainiens fonctionnent à nouveau, un pont clef frappé par l’armée de Kiev dans le sud© UKRAINIAN EMERGENCY SERVICE/AFP/STR

Les trois ports ukrainiens désignés pour les exportations de céréales ont recommencé mercredi à fonctionner, tandis que l’armée ukrainienne a en partie détruit un pont d’importance stratégique dans la région méridionale de Kherson occupée par les Russes et que les forces de Kiev cherchent à reprendre.

Le gouvernement ukrainien s’attend à ce que les premiers chargements puissent quitter « dès cette semaine » les ports de la mer Noire où ils étaient bloqués depuis le début de l’invasion russe le 24 février, sur fond de flambée des prix des denrées alimentaires à travers le monde.

En application là aussi des accords signés pour quatre mois le 22 juillet à Istanbul, le Centre de coordination conjointe (CCC) chargé du contrôle du transport via la mer Noire des grains ukrainiens a été officiellement inauguré le même jour dans cette métropole turque.

Autre conséquence de l’offensive russe, le gazoduc Nord Stream 1 entre la Russie et l’Allemagne n’est désormais plus en service, comme cela était prévu, qu’à environ un cinquième de sa capacité, renforçant les risques de pénuries cet hiver en Europe.

Des convois pour transporter les céréales

« Les ports d’Odessa, de Tchornomorsk et de Ioujny (Pivdenny, ndlr) ont repris le travail », a annoncé mercredi la marine ukrainienne.

« La sortie et l’entrée des navires dans les ports maritimes se feront par la formation d’un convoi qui accompagnera le navire de tête », a-t-elle poursuivi.

Kiev et Moscou se sont mis d’accord à Istanbul, via une médiation de la Turquie et sous l’égide de l’ONU, pour permettre la livraison à l’étranger des quelque 25 millions de tonnes de céréales coincées dans les ports ukrainiens.

Les responsables ukrainiens ont toutefois dit à plusieurs reprises ne pas faire confiance à Moscou pour assurer la sécurité des convois et rappellent les tirs de missiles russes samedi sur le port d’Odessa.

Le Kremlin a pour sa part déclaré ne pas voir d’obstacles à la reprise des exportations, également entravées par la présence de mines marines déposées par les forces ukrainiennes pour se prémunir d’un assaut amphibie russe.

Le déminage n’aura lieu que « dans le couloir nécessaire aux exportations », a souligné Kiev.

Pont « très endommagé »

Enjambant le Dniepr en banlieue de Kherson, le pont Antonovski, clef pour le ravitaillement, a été partiellement mis hors d’état mercredi par une attaque ukrainienne.

Cet ouvrage « est très endommagé » et « les Russes n’ont pas les spécialistes et l’équipement pour le réparer à court terme », a commenté le chef adjoint du conseil régional, Iouri Sobolevski, affirmant que « le pont ne pourra pas être utilisé pour faire traverser des équipements militaires lourds ».

« Ceux qui ont tiré sur le pont ont juste rendu la vie un peu plus difficile à la population », a relativisé Kirill Stremooussov, un haut représentant des autorités d’occupation russes.

Kherson est située à quelques kilomètres du front sud où les forces ukrainiennes ont déclenché une contre-offensive afin de reconquérir ces territoires perdus dans les premiers jours de l’assaut russe contre l’Ukraine.

Essentielle pour l’agriculture ukrainienne, la région est aussi stratégique car limitrophe de la péninsule de Crimée, annexée par Moscou en 2014.

Dans l’est de l’Ukraine, le bassin minier du Donbass a été le théâtre d’intenses combats.

Deux personnes ont été tuées et cinq blessées dans le bombardement d’un hôtel à Bakhmout, ont annoncé les services d’urgence ukrainiens.

Des journalistes de l’AFP présents dans cette cité, l’une des dernières du Donbass à rester sous contrôle ukrainien, ont entendu des tirs d’artillerie sporadiques et vu une maison touchée par un obus russe.

« J’étais dans la grange et j’allais sortir. J’ai entendu un sifflement. Et je ne me souviens plus de rien. Ça a explosé et j’ai été projeté dans la grange » par le souffle, a raconté à l’AFP Roman, 51 ans.

Moins de gaz russe livré à l’Europe

Dans le contexte du bras de fer énergétique entre Moscou et les Occidentaux depuis le début du conflit, l’arrivée de gaz en provenance de Russie en Allemagne était mercredi de quelque 14,4 gigawattheures (GWh), contre près de 29 GWh en moyenne ces derniers jours, a déploré l’opérateur allemand Gascade, qui gère le réseau sur le territoire allemand.

L’approvisionnement de l’Allemagne – particulièrement dépendante du gaz russe – mais aussi d’autres pays européens via ce tuyau installé au fond de la mer Baltique avait déjà été réduit à 40 % de la normale mi-juin, avant un arrêt complet pour une maintenance annuelle entre les 11 et 21 juillet.

Lundi, Gazprom a fait savoir qu’il allait encore diviser par deux ses livraisons quotidiennes via Nord Stream, invoquant une opération d’entretien sur une turbine.

Un porte-parole du Kremlin a affirmé mardi que la réduction de débit s’expliquait par les sanctions occidentales prises contre la Russie.

Mais les Européens accusent Moscou d’utiliser le gaz en tant qu’arme économique et politique.

Face à des risques de pénurie, les prix du gaz ont continué à monter. Mercredi matin le TTF néerlandais, la référence du gaz naturel en Europe, avait progressé de plus de 9 %. Depuis le début de la semaine, le TTF a bondi de 35 %.

Mercredi soir, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a par ailleurs assuré que son pays s’apprêtait à augmenter ses exportations d’électricité vers l’Union européenne pour aider l’Europe à « résister à la pression énergétique » de Moscou.

« Nous allons augmenter nos exportations d’électricité aux consommateurs de l’Union européenne », a déclaré M. Zelensky dans son adresse vidéo quotidienne.

« Nos exportations nous permettent non seulement d’augmenter nos revenus en devises, mais aussi d’aider nos partenaires à résister à la pression énergétique russe. Nous allons progressivement faire de l’Ukraine un pays garant de la sécurité énergétique de l’Europe », a-t-il dit.

Par Le Point avec AFP

Coups d’État : l’armée, une institution « démocratique » ? 

juillet 21, 2022

En Afrique de l’Ouest, les militaires ont ravivé le souvenir de leur rôle politique. Si la prise du pouvoir peut conduire à l’instauration d’un régime autoritaire, la junte peut aussi permettre l’ouverture du champ politique à toutes les forces.

Le lieutenant-colonel Amadou Toumani Toure (au c.), le 26 mars 1991 à Bamako. © François Rojon/AFP

L’histoire récente de l’Afrique nous enseigne que l’action politique de l’armée mène à deux situations : instituer la démocratie ou rectifier le processus de démocratisation en cours. Le coup d’État d’Amadou Toumani Touré en 1991 au Mali appartient à la première catégorie. À l’inverse, les immixtions de Daouda Malam Wanké en 1999 et de Salou Djibo en 2010, au Niger, illustrent l’option rectificative, c’est-à-dire, la mission que se donne l’armée de rétablir une compétition politique ouverte et équitable pour tous les acteurs.À LIRECoups d’État : ces putschistes qui ne quittent plus leur fauteuil

Arrivés au pouvoir et manquant de légitimité, les militaires appliquent le schéma suivant : rassurer, édicter, partager, s’effacer. D’abord, ils rassurent sur leurs intentions et promettent la tenue rapide d’élections libres et l’ouverture de concertations. Ensuite, pour inscrire le régime dans la légalité, ils édictent et adoptent une charte de transition censée éviter la rupture de l’ordre constitutionnel. Puis, ils partagent le pouvoir avec les civils en nommant un Premier ministre et un gouvernement. Cela permet d’offrir au régime les attributs d’une démocratie, le caractère bicéphale de l’exécutif donnant l’illusion d’un partage du pouvoir, à la différence du régime autoritaire. Enfin, ils s’effacent après la transition, en rendant le pouvoir aux civils.

Garantir la sécurité du peuple

Le Mali et le Burkina Faso symbolisent une nouvelle forme d’interventionnisme de l’armée. En effet, dans ces pays, le président en exercice au moment du putsch (respectivement Ibrahim Boubacar Keïta et Roch Marc Christian Kaboré) a été désigné à la suite d’un processus électoral globalement ouvert et compétitif. Si le chef de l’État est contesté, le jeu politique n’a pas atteint un niveau de paralysie tel que la seule issue soit le coup d’État militaire. L’intervention de l’armée ne correspond donc pas à l’alternative évoquée précédemment, c’est-à-dire instituer la démocratie ou rectifier le processus de démocratisation en cours. Elle est plutôt motivée par l’incapacité du régime civil à venir à bout de la violence jihadiste.

Leurs justifications sont donc corporatistes. Les militaires ne prennent plus le pouvoir pour instaurer ou sauver la démocratie, ils le font pour garantir la sécurité des populations ainsi que l’intégrité du territoire national. Cependant, les nouveaux dirigeants du Mali (Assimi Goïta) et du Burkina Faso (Paul-Henri Sandaogo Damiba) adoptent les éléments de la figure : rassurer, édicter, partager. Mais s’effaceront-ils ?

Pas de soumission au pouvoir civil

Le discours de légitimation de l’action des putschistes est en décalage avec leur soumission aux figures traditionnelles du régime de transition. En adhérant au dit schéma, ils devraient œuvrer à rendre rapidement le pouvoir aux civils. Néanmoins, ils ne semblent pas privilégier cette option. La rhétorique adoptée et les causes de leur intervention illustrent l’absence de croyance de ces militaires en la soumission de l’armée à un pouvoir civil, ce qui accentue l’idée que le salut de la nation ne peut être que l’œuvre de l’armée.

Mais si l’on tolère qu’une transition de quelques mois se mette en place et conduise à des élections libres au sortir d’un régime politique fermé, on l’accepte moins quand c’est un président élu qui est renversé et que ses vainqueurs se donnent pour mission de refonder l’État (ou de lutter contre le terrorisme), sans mandat électoral et pour une période non déterminée. Il apparaît que les motivations des militaires sont en grande partie responsables de la résistance accrue qu’ils rencontrent. Ces transitions dans la démocratie, qui voient s’arrêter un processus globalement compétitif et s’établir une nouvelle forme de régime de salut public, représentent une nouveauté.

Avec Jeune Afrique

Guy-Fabrice Holo

Par Guy-Fabrice Holo

Titulaire d’un doctorat de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, enseignant à l’université d’Abomey-Calavi au Bénin. Il a publié sa thèse en deux volumes aux éditions L’Harmattan, sous le titre « Les régimes de transition en Afrique subsaharienne francophone ».

Au Soudan, lacrymogènes et défilés contre l’armée et les violences tribales

juillet 17, 2022
Au Soudan, lacrymogenes et defiles contre l'armee et les violences tribales
Au Soudan, lacrymogènes et défilés contre l’armée et les violences tribales© AFP/-

Les prodémocratie au Soudan ont essuyé dimanche des tirs de grenades lacrymogènes lors de manifestations dédiées aux dizaines de victimes d’un nouveau conflit tribal, illustrant selon eux l’incapacité du pouvoir militaire à gérer le pays, l’un des plus pauvres au monde.

Dans le centre de Khartoum, des centaines de manifestants hostiles au pouvoir installé après le coup d’Etat mené en octobre par le général Abdel Fattah al-Burhane ont tenté d’approcher du palais présidentiel.

Dans un ballet hebdomadaire depuis neuf mois, les forces de sécurité ont tiré des grenades lacrymogènes pour les repousser, avant que la vague de protestataires ne revienne, comme à chaque défilé, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Ces échauffourées dégénèrent régulièrement en violences meurtrières et la répression a fait depuis octobre 114 morts et des milliers de blessés, selon des médecins prodémocratie.

Cette journée de mobilisation est un test.

Le front anti-armée s’était lancé début juillet dans un bras de fer avec le pouvoir au lendemain de la journée de répression la plus sanglante de l’année –neuf manifestants tués le 30 juin. Il avait toutefois ensuite levé des sit-in qu’il promettait « illimités » au moment de la fête musulmane de l’Aïd al-Adha la semaine passée.

Don de sang collectif

Face aux manifestants, les forces de l’ordre avaient installé dès l’aube des blocs de béton en travers des ponts reliant la capitale à ses banlieues, ainsi que des principales artères menant au QG de l’armée, habituel lieu de manifestation.

Si à chaque fois des portraits des manifestants tués sont brandis, ce dimanche, ce sont d’autres morts que les manifestants ont décidé de mettre à l’honneur: les 60 victimes, selon le dernier bilan du ministre de la Santé du Nil Bleu, d’un conflit tribal déclenché lundi dernier près d’al-Damazine, chef-lieu de cet Etat frontalier de l’Ethiopie.

« Al-Damazine saigne », pouvait-on lire sur une pancarte brandie dans le centre de Khartoum.

D’autres manifestants criaient des slogans comme « Non au racisme, non au tribalisme ».

A Wad Madani, à 200 kilomètres plus au sud, les manifestants ont défilé vers l’hôpital « pour donner du sang à nos frères blessés dans les affrontements au Nil Bleu », a rapporté à l’AFP l’un des organisateurs de ce cortège, Ammar Mohammed.

Car dans le Nil Bleu, comme dans la plupart des Etats du Soudan, les médecins, les médicaments, les lits d’hôpitaux et les équipements manquent cruellement. Et avec 163 blessés, toujours selon le ministre de la Santé, « tous les équipements de premiers soins ont été épuisés », prévenaient dès samedi les médecins.

Violence tribale, gains politiques

Les affrontements entre les tribus Barti et Haoussa, ont éclaté lundi après que la tribu Barti a rejeté la demande des Haoussas de créer une « autorité civile chargée de superviser l’accès aux terres », selon un membre éminent des Haoussas.

Mais selon un membre important des Bartis, la tribu répondait à une « violation » de ses terres par les Haoussas.

Des dizaines de Haoussas ont bloqué l’entrée ouest de la ville de Kassala (est) avec des pneus enflammés et des pierres « en solidarité avec notre peuple dans le Nil (bleu), pour arrêter leur meurtre et leur déplacement », a rapporté Mohammed Abkar.

Dimanche, selon des témoins sur place, des troupes envoyées en renfort par Khartoum maintenaient le calme à al-Damazine et ses environs.

Mais pour les anti-putsch, la clé du problème tribal –qui a fait des centaines de morts, notamment au Darfour (ouest) ces derniers mois– est entre les mains des généraux et de leurs alliés ex-rebelles à Khartoum qui, accusent-ils, exacerbent les tensions ethniques et tribales pour leurs gains personnels.

Samedi, des dizaines de familles –majoritairement des femmes et des enfants– avaient fui leur maison par peur des balles perdues à al-Damazine.

« La violence n’est jamais une solution », a répondu l’Unicef alors que deux enfants sont déjà morts de malnutrition cette année dans le pays où, selon l’ONU, d’ici septembre un Soudanais sur deux connaîtra la faim.

Le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (MPLS-N), principale faction armée du Nil Bleu, a nié dimanche toute implication dans les affrontements.

Ajoutant à la détresse des plus vulnérables, la saison des pluies a également fait son lot de victimes dans ce vaste pays d’Afrique de l’Est. Les autorités ont annoncé dimanche que 12 personnes avaient été tuées vendredi et 30 maisons emportées au Darfour-Sud.

Avec Jeune Afrique