Posts Tagged ‘Village’

Burundi: au moins 23 morts dans une attaque contre un village

mai 12, 2018

Nairobi – Des inconnus armés ont tué au moins 23 personnes dans la nuit de vendredi à samedi lors d’une attaque contre un village dans le nord-ouest du Burundi, a indiqué samedi un responsable local.

« On a déjà décompté 23 personnes tuées dont des hommes, des femmes et des enfants, mais le bilan pourrait être plus lourd car on continue à chercher s’il n’y a pas d’autres victimes », a déclaré à l’AFP ce responsable qui a demandé à garder l’anonymat.

Selon des témoins, dix personnes ont en outre été blessées dans l’attaque menée par un groupe d’hommes armés de fusils et d’armes blanches qui ont également mis le feu à des édifices dans un village de la province de Cibitoke frontalière avec la République démocratique du Congo et le Rwanda.

« Ces criminels sont allés de maison à maison et ont commis un véritable carnage, certaines des victimes ont été égorgées, d’autres achevées au fusil, (…), il y a même toute une famille qui a été brûlée vive dans sa maison », a expliqué le responsable local.

On ignore pour l’instant les raisons de cette attaque et l’identité des assaillants qui ont, selon des habitants, gagné la RDC après l’attaque.

Cette attaque est survenue alors que le Burundi s’apprête à organiser le 17 mai un référendum constitutionnel contesté qui devrait permettre au président Pierre Nkurunziza de rester au pouvoir jusqu’en 2034.

Romandie.com avec(©AFP / 12 mai 2018 10h05)                                                                                                                

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Zimbabwe: Mugabe, jeune retraité « jovial », selon son neveu

novembre 26, 2017

Robert Mugabe, le 22 août 2013 à Harare / © AFP/Archives / ALEXANDER JOE

L’ex-président du Zimbabwe Robert Mugabe se porte bien et se réjouit, à 93 ans, de pouvoir profiter de sa retraite politique forcée, a affirmé dimanche son neveu quelques jours après la chute du plus vieux dirigeant en exercice de la planète.

« Il va bien. Je suis allé le voir, il est assez jovial », a déclaré à l’AFP Leo Mugabe, fils de Sabina, soeur défunte de M. Mugabe.

« En réalité, il se réjouit de sa nouvelle vie, de pouvoir s’occuper d’agriculture et de pouvoir rester dans sa maison à la campagne. Il a bien pris les choses », a-t-il poursuivi.

Au pouvoir depuis l’indépendance du Zimbabwe en 1980, Robert Mugabe a démissionné mardi après un coup de force de l’armée provoqué par le limogeage de son vice-président Emmerson Mnangagwa, qui lui a succédé vendredi.

Lâché par les militaires et son propre parti, la Zanu-PF, le « camarade Bob » a fini par céder sous la menace d’une procédure de destitution lancée au Parlement.

Depuis sa chute, la presse et la rue bruissent d’informations non confirmées sur les conditions de son départ, négocié avec l’armée.

Dans son édition dominicale, le quotidien zimbabwéen The Independant a affirmé que l’ex-chef de l’Etat avait obtenu une enveloppe de 10 millions de dollars, l’immunité contre toute poursuite judiciaire et l’assurance de garder ses biens.

Son neveu Leo Mugabe n’a pas souhaité commenter ces détails.

– ‘Dans la loi’ –

Interrogé par l’AFP, l’ancien porte-parole de Robert Mugabe, George Charamba, a lui aussi refusé de confirmer un tel accord mais a rappelé que « les conditions de la retraite du président sont définies dans la loi ».

« Ce n’est pas à l’ordre du jour à ce stade », a poursuivi M. Charamba. « Ce sera à la commission de la fonction publique de le préciser en vertu de la loi et en fonction du statut et du respect dus au père fondateur de la nation ».

Le proche de l’ancien président a démenti à plusieurs reprises qu’il avait négocié son immunité.

Les déclarations de son neveu confirment que Robert Mugabe et son épouse Grace ont, pour l’heure, écarté la piste d’un exil, évoquée ces derniers jours.

Lors d’une rencontre vendredi à son domicile de Harare, l’ancien chef de l’Etat a confié à l’ancien président Sam Nujoma et à l’actuel vice-président namibiens Hifikepunye Pohamba que « lui et sa famille n’ont pas l’intention de quitter le Zimbabwe », a affirmé le parti namibien au pouvoir (Swapo).

Le neveu de Robert Mugabe a par ailleurs indiqué que son épouse Grace avait l’intention de se consacrer désormais à la construction d’une université au nom de son époux.

« J’aime bien son état d’esprit, elle reste auprès de lui tout le temps », a déclaré à l’AFP Leo Mugabe.

– ‘Justice’ –

« C’est une personne formidable. Elle veut continuer à superviser la construction de l’université Robert Mugabe, de sorte qu’ils aient quelque chose à faire », a-t-il ajouté.

En août dernier, le gouvernement du Zimbabwe avait dévoilé un projet de construction d’une université à Mazone, à 35 km de la capitale Harare. Ce projet, d’un coût estimé à un milliard de dollars, avait suscité de vives critiques dans un pays ruiné, asphyxié financièrement et où le taux de chômage dépasse les 90%.

Détestée des Zimbabwéens à cause de ses extravagances et de son goût prononcé pour le luxe, Grace Mugabe a causé l’intervention des militaires en ordonnant l’éviction de M. Mnangagwa, qui lui barrait la route de la succession de son mari.

Inspirateur de la fronde antirégime qui a secoué le Zimbabwe l’an dernier, le pasteur Evan Mawarire a souhaité dimanche que Robert Mugabe et ses proches soient traduits en justice.

« De nombreux habitants de ce pays ont été abusés et opprimés, il est important qu’on leur rende justice », a-t-il déclaré à l’AFP.

Robert Mugabe a dirigé le Zimbabwe d’une poigne de fer, réprimant systématiquement toute voix dissonante. Des dizaines de milliers de personnes ont été torturées, tuées ou emprisonnées sur son ordre, selon les ONGs.

Son successeur, Emmerson Mnangagwa, a promis vendredi, lors de son discours d’investiture, d’engager le pays sur la voie de la démocratie. Mais son passé de fidèle du régime Mugabe sème le doute sur ses capacités à tenir cette promesse.

Romandie.com avec(©AFP / 26 novembre 2017 15h14)                

États-Unis: Facebook veut transformer son siège californien en « village »

juillet 7, 2017

San Francisco – Facebook a dévoilé vendredi un projet pour transformer le siège de la compagnie prés de San Francisco en Californie, au cœur de la Silicon Valley, en véritable « village » avec des centaines de logements abordables et des commerces pour ses employés.

Le « campus de Willow » doit permettre d’alléger les problèmes de logement et de transport en commun auxquels font face les employés de Facebook au siège de l’entreprise, a expliqué le vice-président pour les installations mondiales et l’immobilier, John Tenanes.

Le village, dont les plans doivent encore être élaborés avec la ville de Menlo Park, comprendra 11.600 mètres carrés de surface commerciale avec épiceries, pharmacies et autres commerces de quartier.

« En travaillant avec la communauté locale, notre but avec le campus de Willow est de créer un village intégré et mixte qui fournira des services plus que nécessaires, des logement et des moyens de transport ainsi que des bureaux », a poursuivi John Tenanes dans un communiqué publié sur un blog.

Le siège de Facebook est installé sur le site de l’ancien campus de Sun Microsystems, acquis en 2011.

Le géant de l’internet a déjà transformé cet espace de bureaux avec des allées entre les bâtiments qui donnent au campus des allures de petite ville.

Facebook a également acheté des terrains voisins et construit une extension conçue par l’architecte Frank Gehry.

A terme, 1.500 logements seront construits sur le campus de Willow, dont 15% seront proposés à des prix inférieurs au marché, selon M. Tenanes.

Facebook présentera son plan à la ville de Menlo Park dans le courant du mois de juillet. La phase préparatoire doit prendre environ deux ans et la première tranche de construction est prévue pour être complétée en 2021.

Romandie.com avec (©AFP / 07 juillet 2017 22h34)                                            

Kenya : Umoja, le village interdit aux hommes

mars 8, 2017

Danse traditionnelle d’accueil à Umoja. © Océane Lerouge pour J.A.

C’est un véritable « No Men’s Land ». À 300 km de Nairobi, le village d’Umoja est devenu un refuge pour les femmes du nord du Kenya victimes de mutilations génitales, de mariage forcé ou encore de viol. Alors que l’on célèbre ce 8 mars la Journée des droits des femmes, J.A. vous emmène à la découverte de cette société matriarcale qui tente de faire souche.

« Non, ça ce n’est pas bien, ce n’est pas bien ». « Une femme ne peut pas diriger. C’est aux hommes de le faire, ça a toujours été comme ça ». Aux alentours du village, il ne fait pas bon poser trop de questions sur Umoja. Pour certains hommes de l’ethnie Samburu, majoritaire dans la région, la petite communauté de femmes dérange.

À 800 mètres à peine d’Archer’s Post, la ville la plus proche, les huttes d’Umoja se dressent en cercle au milieu de la savane aride, entre buissons et acacias. « Dans la communauté Samburu, on a l’habitude de dire que les femmes sont le cou et les hommes la tête », explique doucement Naguei, une des fondatrices du village. « Une femme ne peut pas être debout quand un homme est assis. Elle ne peut pas prendre la parole avant lui. Et si son mari veut la tuer. Eh bien il peut le faire », continue-t-elle en puisant tranquillement de l’eau.

Il y a près de trente ans, elle a été à l’origine d’Umoja, avec une petite dizaine d’autres femmes. La plupart d’entre elles avaient été violées par des soldats britanniques dans les années 90. De retour au foyer, elles ont été battues et répudiées par leur mari pour avoir apporté la honte sur leur communauté. Depuis, Umoja est un lieu de refuge. Mariages précoces, violences conjugales, mutilations génitales, le village abrite aujourd’hui une quarantaine de femmes qui ont fui le domicile familial.

Naguei a été l’une des fondatrices d’Umoja. Elles est assise sur le banc de la place centrale du village. © Océane Lerouge pour J.A.

Une marche vers l’autonomie

C’est le cas de Saguia, récemment arrivée à Umoja. « Mon père a voulu me forcer à épouser un homme beaucoup plus âgé que moi. Il en avait 48, j’en avais 15 » se souvient la jeune fille en secouant nerveusement son collier de perles. « Ma belle-mère m’a aidée à préparer mes affaires et je suis partie en pleine nuit. » Depuis maintenant deux ans, elle accompagne les femmes d’Umoja dans les villages environnants pour sensibiliser les populations Samburu aux conséquences néfastes de l’excision et des mariages forcés. Les mutilations génitales sont interdites depuis 2011 au Kenya, mais dans la communauté Samburu, 80% des femmes sont encore excisées.

Dans la région, l’excision est l’une des conditions sine qua non pour espérer trouver un mari

Dans la région, cette pratique est l’une des conditions sine qua non pour espérer trouver un mari. À Umoja pourtant, on hausse les épaules en riant. « Pourquoi s’embarrasser d’un mari quand on est indépendante financièrement ? » En quelques années d’existences, le village a su conquérir les moyens de son autonomie. Grâce à des activités traditionnellement masculines, comme l’élevage, mais surtout grâce à l’artisanat puisque les femmes tirent l’essentiel de leurs revenus des bijoux qu’elles produisent et revendent aux touristes de passage. Des bénéfices qui ont ainsi permis la construction d’une école pour les enfants du village.

La plupart des femmes d’Umoja vivent de l’artisanat. Elles créent des bijoux qu’elles vendent aux touristes de passage. Des bénéfices qui ont notamment permis la construction d’une école. © Océane Lerouge pour J.A.

Car si les hommes n’ont pas droit de cité à Umoja, les relations charnelles ne sont pas pour autant proscrites. Chaque femme est libre d’entretenir une relation avec un homme à l’extérieur du cercle de la communauté. Une fois arrivé à l’âge adulte, les jeunes garçons issus de ces unions devront en revanche quitter d’eux-mêmes l’enceinte du village.

Un matriarcat en quête de modèles

En swahili, « Umoja » signifie « unité ». Pourtant, au sein d’un village exclusivement féminin, des dissensions ont inévitablement vu le jour. Dans la lignée d’Umoja, trois autres communautés de femmes ont été créées dans la région, entre continuité et rupture par rapport à leur premier modèle. Les hommes y sont ainsi parfois tolérés pour des travaux à l’intérieur du village, la répartition des tâches est asexuée ou inversée…

Si j’ai envie de garder les bêtes, c’est à mon mari de s’occuper des enfants à la maison

À environ 3 kilomètres d’Umoja, le village de Nang’ida a préféré le patronyme de « bonheur » à celui « d’unité ». Après la défection de leurs épouses, certains maris repentis ont pris le parti de supplier leurs femmes de revenir vivre avec eux. Un retour toléré… sous certaines conditions. Rose, la fondatrice de Nang’ida, reste inébranlable. « Ils peuvent revenir. Mais uniquement s’ils acceptent de vivre sous nos règles. Si j’ai envie de garder les bêtes, c’est à mon mari de s’occuper des enfants à la maison ». Derrière elle, son époux est en train de préparer le repas du soir près de la case. Une image presque impensable dans le système foncièrement patriarcal de l’ethnie Samburu.

Ces communautés de femmes posent-elles les bases d’un « féminisme » kényan ? Selon l’Agence des États-Unis pour le développement international, 45 % des Kényanes âgées de 15 à 49 ans ont déjà subi des violences physiques ou sexuelles.

Jeuneafrique.com par – à Umoja

RD Congo: 34 civils tués dans l’attaque d’un village hutu par des miliciens nande

novembre 27, 2016

Goma (RD Congo) – Trente-quatre civils ont été tués dimanche dans l’attaque d’un village hutu par des miliciens de l’ethnie nande dans l’Est de la République démocratique du Congo, selon un bilan officiel provisoire.

L’attaque a visé le village de Luhanga, dans le centre-est de la province du Nord-Kivu. Le bilan provisoire fait état de 34 civils tués, a déclaré à l’AFP Joy Bokele, administrateur du territoire de Lubero où s’est produite l’attaque.

Le village de Luhanga a été attaqué vers 5h00 du matin par des maï-maï Mazembe, a déclaré M. Bokele, joint par téléphone de Goma, la capitale du Nord-Kivu.

Ils ont commencé à attaquer la position des FARDC (l’armée congolaise). Pendant qu’ils attaquaient les FARDC, un autre groupe exécutait la population à l’arme blanche ou par balles, a-t-il ajouté.

Les maï-maï Mazembe sont un groupe d’autodéfense Nande. Un des assaillants a été tué, a encore déclaré M. Bokele.

Luhanga est situé dans le sud du territoire de Lubero, région où les tensions sont vives depuis un an entre d’un côté les Nande et les Kobo, et de l’autre les Hutu : des affrontements intercommunautaires liés à des querelles foncières y ont fait plusieurs dizaines de morts.

Romandie.com avec(©AFP / 27 novembre 2016 12h16)

Nigeria: 23 personnes décapitées dans le nord-est vendredi, veille des élections

mars 28, 2015

Kano (Nigeria) – Vingt-trois personnes ont été décapitées vendredi soir, quelques heures avant le début des élections présidentielle et parlementaires au Nigeria, lors de l’attaque d’un village du nord-est du pays attribuée à des islamistes de Boko Haram par un député de cette région samedi.

L’attaque, menée par des hommes armés soupçonnés d’être des insurgés, a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi, dans le village de Buratai, à près de 200 kilomètres de Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno, a rapporté le député Mohammed Adamu.

Ils ont décapité 23 personnes et incendié des maisons. Près de la moitié du village a été détruit a-t-il déclaré.

Une infirmière de l’hôpital de Biu, la grande bille la plus proche, a dit avoir reçu 32 blessés et elle a également mentionné que de nombreuses personnes avaient été décapitées.

Cette attaque, qui n’avait pas été revendiquée samedi après-midi, est similaire à de nombreux autres raids menés par Boko Haram dans l’Etat de Borno, où des civils ont été massacrés par dizaines à plusieurs reprises.

Le chef de Boko Haram Abubakar Shekau avait juré d’interrompre les élections présidentielle et législatives qui se tiennent ce week-end au Nigeria.

Samedi, sept personnes ont été tuées dans plusieurs autres attaques menées par des hommes armés autour de bureaux de vote dans l’Etat de Gombe, voisin de Borno.

Plusieurs témoins à Gombe ont affirmé que les assaillants cherchaient délibérément à montrer leur opposition au scrutin, des électeurs et un politicien ayant été visés, et du matériel électoral détruit.

Romandie.com avec(©AFP / 28 mars 2015 18h28)

Hommage au correcteur de Charlie Hebdo dans son village natal en Algérie

janvier 16, 2015

 Hommage au correcteur de Charlie Hebdo dans son village natal en Algérie

Hommage au correcteur de Charlie Hebdo dans son village natal en Algérie © AFP

Il voulait se faire oublier sur la colline qui l’a vu naître quatre mois avant le début de la guerre d’Algérie en 1954. Le correcteur de Charlie Hebdo, Mustapha Ourrad, tué le 7 janvier, est revenu en Kabylie à travers un hommage rendu selon les rites musulmans.

« Il voulait rester anonyme mais il a eu une mort qui l’a rendu célèbre. Il voulait être oublié mais nous ne l’oublierons plus jamais », observe son cousin Djafar qui a grandi avec lui.

Jeudi soir, il « est revenu parmi les siens » dans la commune de Beni-Yenni au sein d’une assemblée qui s’est réunie pour une veillée en hommage au jeune étudiant qui s’est exilé il y a plus de 30 ans, avec comme seul viatique sa gentillesse et son amour des livres.

Jeudi soir, il ne manquait que son corps à ensevelir dans la terre ingrate. Il sera inhumé vendredi au Père-Lachaise à Paris.

Dans la maison familiale où il n’y a plus que des cousins, les ikhwane (troupe de chants religieux) ont chanté les louanges d’Allah et du prophète de l’islam. Les femmes ont pleuré. Un repas a été servi aux dizaines de personnes qui se sont présentées. Exactement comme si Mustapha était mort parmi les siens. Une prière de l’absent a été célébrée à sa mémoire selon un rite musulman.

Jusqu’à son départ d’Algérie en 1981, Mustapha n’avait jamais exprimé la moindre défiance envers l’islam. « La religion était quelque chose de très sérieux en ce temps là. Une affaire d’adultes sages et savants. Mustapha avait la foi. Comme nous tous, il ne faisait pas la prière mais, très jeune, il avait commencé à observer le jeune du ramadan.  »

Aurait-il renoncé à sa foi après son arrivée en France ? Au village, personne n’a jamais rien entendu de tel. Mais personne ne peut le certifier parce qu’il avait quasiment rompu le contact avec les villageois.

« Pendant les quatre premières années de son exil, il a envoyé quelques lettres puis, plus rien », selon un proche.

– ‘Mustapha Baudelaire’ –

Orphelin de mère à deux ans et de père à sept ans, Mustapha a été élevé par ses grands-parents puis par des oncles. Il avait une soeur qui vit dans la région d’Alger.

Excellent écolier, il a fait ses études secondaires chez les Pères Blancs. D’abord dans son propre village où les missionnaires avaient érigé un collège puis à Alger dans un lycée fréquenté alors par les enfants de la nomenklatura.

Le bac obtenu avec mention, il suivit pendant deux années des études de médecine avant de s’exiler en France.

« Il préférait la littérature et la philosophie », se souviennent ses anciens camarades de classe qui lui donneront le surnom de Mustapha Baudelaire. Selon eux, sont goût pour la lecture s’était révélé dès son très jeune âge. « Il avait toujours un livre entre les mains même quand il gardait les vaches.  »

L’enfant né dans un village de bijoutiers aimait jouer de formules ciselées et de bons mots. Il aimait Georges Brassens et son équivalent kabyle Lounis Ait-Menguellet. A son fils âgé de 17 ans, il donnera d’ailleurs le prénom de Lounis et à sa fille, 22 ans, celui de Louiza, le titre d’une complainte amoureuse du même Ait-Menguellet.

Sous un ciel étoilé mais de glace, des jeunes habitants de tout âge portaient une pancarte. « Je suis Charlie, je suis Mustapha.  »

« Il était tellement habité par la paix qu’il ne s’est jamais bagarré », soupire un de ses cousins.

« Il a échappé à la décennie noire » de guerre civile en Algérie. « Elle l’a rattrapé en France », où il a été assassiné par des jeunes Français de parents algériens, pleure un autre.

Jeuneafrique.com avec AFP

L’armée irakienne a repris le village natal de Saddam Hussein

juillet 4, 2014

Les forces gouvernementales irakiennes ont réussi à chasser les insurgés sunnites du village natal de l’ancien dictateur Saddam Hussein près de Tikrit, rapportent les médias officiels et des habitants.

L’armée irakienne, appuyée par des miliciens chiites et des hélicoptères, a repris le village d’Al Aouja, à 13 km au sud de Tikrit. Les combats ont duré une heure et ont fait trois morts dans les rangs des insurgés, a précisé un policier du village.

L’armée, qui tente de reprendre un peu du territoire perdu le mois dernier lors de l’offensive des djihadistes de l’État islamique (ex-EIIL, État islamique en Irak et au Levant) et de leurs alliés sunnites, assure désormais contrôler totalement la route entre Tikrit et Samarra.

Les habitants majoritairement sunnites des villages de la région sont favorables aux insurgés.

L’armée « nettoie » le village

À Al Aouja, où Saddam Hussein a été inhumé après avoir été exécuté par pendaison en 2006, la maison d’un des principaux chefs de la tribu de l’ancien dictateur a été incendiée, a déclaré un témoin à Reuters. Il n’a pas précisé qui était responsable de cet incendie.

Selon Kassim Atta, porte-parole militaire du Premier ministre chiite Nouri al Maliki, cité par la télévision d’État, 30 insurgés sunnites ont été tués pendant le « nettoyage » du village par l’armée. Ce chiffre n’a cependant pas été confirmé.

Le village était en grande partie contrôlé depuis le mois dernier par l' »Armée de Naqshbandi », constituée d’ex-officiers de l’armée irakienne et d’anciens membres du parti Baas de Saddam Hussein dont l’alliance avec les djihadistes commence à se craqueler.

En revanche les combattants de l’État islamique et leurs alliés tenaient toujours la ville de Tikrit, après l’échec d’une opération de reconquête des forces gouvernementales la semaine dernière.

Romandie.com

Affaire Nafissatou: stupeur au village

juillet 11, 2011

TCHAKULÉ (GUINÉE), ENVOYÉ SPÉCIAL -La route cahoteuse de Conakry a laissé la place à une piste de latérite ravinée par les orages d’hivernage, puis à un fouillis de broussaille. Remonter le fil de la vie d’émigrée de Nafissatou Diallo, la jeune Guinéenne qui, à New York, accuse Dominique Strauss-Kahn, conduit à une prairie verdoyante où bondissent des singes sauvages. Là, après douze heures passées à ruser avec les ornières, le pick-up s’immobilise au cœur du Fouta Djallon, le pays peul. Le bout du monde ? Oui. Le « Cœur des ténèbres » africain ? Non : des collines luxuriantes dévorées par les manguiers, les bananiers et parsemées de villages aux cases coiffées de chaume. Nulle trace d’un drame.

Pourtant, au bout du sentier qui descend vers le minuscule village de Tchakulé, au creux d’un vallon, Mamoudou Diallo, le seul frère de la jeune femme vivant dans la maison familiale, est effondré. « Je n’ai aucune nouvelle de ma petite sœur. On ne me dit rien et le peu que j’apprends me tue à petit feu. Je souffre beaucoup », répète ce quinquagénaire en boubou caramel, brandissant des prescriptions contre l’hypertension. La maison de crépi ocre et vert, l’une des rares construites en dur, ne possède ni l’eau ni l’électricité, mais elle a fière allure avec sa balustrade à colonnettes. Mamoudou Diallo l’a financée grâce à ses revenus d’émigré, au Gabon et en Angola.

Le jour où « c’est » arrivé à New York, il était parti à Labé, la ville voisine, pour acheter des cadeaux de baptême : ses deux épouses venaient d’accoucher à quelques jours d’intervalle. Le « problème » de sa sœur, il ne l’a appris qu’une semaine plus tard, quand des journalistes de Conakry ont débarqué à Tchakulé. Depuis lors, Mamoudou Diallo sent « Nafi » en danger et souffre de vivre en retrait du monde. Il a « 19 de tension » et ne peut plus grimper sur la colline d’où il pouvait capter un signal pour son téléphone portable. D’ailleurs, les numéros de sa sœur ne répondent plus. La radio, il dit avoir cessé de l’écouter depuis qu’elle donne de « mauvaises nouvelles ».

FRÈRE BLESSÉ

« Je ne peux pas quitter mon village, alors que le problème me concerne et que je devrais assister au procès », se désespère-t-il. Que dirait-il aux juges américains ? Qu’il est « impossible » qu’un membre de sa famille ait perçu de l’argent de la drogue. Et que, « si [sa] sœur avait voulu de l’argent [de DSK], elle n’aurait rien dit ».

Blessé, il l’est d’abord en sa qualité de frère. Il s’était réjoui de son départ, en 2002, au point de contribuer aux « 2 millions de francs CFA » (3 000 euros) qui avaient permis de lui offrir un « vrai visa américain », explique-t-il sans donner plus de détails sur le filon utilisé, « connu de tous à l’époque ».

Surtout, il se sent responsable de la moralité de Nafissatou, qu’il avait initiée au Coran. « A chaque fois qu’elle changeait de travail, elle me demandait mon avis par téléphone. S’il ne s’agissait pas de vendre de l’alcool, je lui donnais mon feu vert. » Que sa sœur ait pu se remarier sans son consentement dépasse son entendement : « Chez nous, tu ne t’adresses pas à la fille pour l’épouser, mais à son père. Or il est mort et m’avait désigné pour lui succéder. »

Vu de Guinée, Mamoudou Diallo pourrait ne vivre qu’un drame classique de l’immigration où les cultures s’écartèlent au point que de proches parents ne se comprennent plus.

TOUR POLITIQUE

Mais l’affaire est en passe de prendre un tour politique. Car Nafissatou est issue de la communauté peule, qui a souvent servi de bouc émissaire, en particulier lors de l’élection présidentielle de novembre 2010. Après cinquante-deux ans de dictature, elle a été remportée par le vieil opposant Alpha Condé, au prix d’une campagne anti-peule d’une rare violence.

A Tchakulé, Mamoudou Diallo se sent abandonné par le gouvernement guinéen. « Personne ne m’a contacté », se lamente-t-il. Son cousin Tidiane Diallo lâche : « Si Nafissatou avait été malinké ou soussou, le président s’en serait occupé. » Les propos du président guinéen mettant sur le même plan sa « grande tristesse » pour DSK du fait de « l’appartenance de [son] parti à l’Internationale socialiste » et son émotion de voir « une compatriote » en difficulté, ont choqué nombre de Guinéens. Ils reprochent à M. Condé d’avoir jugé plus important d’afficher sa proximité avec un puissant, que de mettre en œuvre sa promesse d' »apporter son assistance » à Nafissatou.

« Les Peuls pensent que Nafissatou est une victime ; les Malinkés que c’est une menteuse, résume un journaliste guinéen. L’affaire ajoute une goutte d’eau dans le verre des querelles ethniques déjà plein. » Tant que la justice américaine semblait avoir pris le parti de la femme de chambre, l’opposition guinéenne (largement peule) n’a pas cru utile d’intervenir.

Elle pourrait changer d’avis. Nafissatou Diallo risque d' »être utilisée pour conforter les campagnes racistes qui font de la femme peule une fille facile, incapable d’engendrer un chef », prévient Oury Bah, numéro deux du principal parti d’opposition, alors que des législatives à haut risque sont prévues en novembre.

DÉBAT SUR LA CONDITION DE LA FEMME AFRICAINE

Nafissatou est désormais devenue un emblème. « Si par malheur elle a menti, on ne prendra plus jamais au sérieux une Africaine qui se plaint d’avoir été violée », s’inquiète Chantal Colle, femme d’affaires et égérie de l’ancien régime. Ce doute expliquerait aussi pourquoi, le jour des révélations du New York Times, Makalé Traoré, ancienne directrice de campagne d’Alpha Condé, a renoncé à rendre public l’appel à « soutenir Nafissatou Diallo, une compatriote qui traverse une épreuve difficile ».

L’affaire DSK, en révélant l’ampleur du fossé entre la condition de la femme africaine et celle de sa compatriote émigrée, a ouvert un débat inédit en Guinée. Tandis que des étudiantes revendiquent publiquement le droit des femmes à choisir leur partenaire, d’autres femmes, nettement plus nombreuses, manifestent leur incompréhension : « Coucher avec un homme riche est largement considéré comme une chance, témoigne un fin observateur de la société guinéenne. Une femme m’a dit : ‘Si j’avais eu la chance de tomber sur ce Strauss-Kahn, je ne l’aurais pas crié sur les toits : je lui aurais plutôt fait construire des routes pour désenclaver mon village’. »

L’incompréhension manifestée par Yayi (nom modifié), femme de chambre au Novotel de Conakry, est d’un autre ordre. « Des clients ont tenté avec moi, témoigne-t-elle dans sa combinaison orangée rehaussée de motifs africains. Mais si on ne veut pas, ça ne se fait pas. Quand je travaille, la porte est grande ouverte. Et je ne leur donne même pas le temps de la fermer. D’ailleurs je suis pressée de terminer. J’ai 14 à 16 chambres à faire chaque jour. »

Philippe Bernard
Envoyé spécial LeMonde.fr

RDC: plus de 100 victimes de viols et violences dans un village de l’est

juin 23, 2011

Plus d’une centaine de personnes d’un village de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) ont été victimes de viols et de violences entre le 10 et le 12 juin, a déclaré jeudi l’AFP l’ONG Médecins sans frontières (MSF).

« Nos équipes ont soigné depuis ce mardi plus de 100 personnes qui ont été victimes de viols ou de violences physiques entre le 10 et le 12 juin », dans la zone du village de Nyakiele (est), a déclaré à l’AFP Megan Hunter, chef de mission MSF Hollande dans la province du Sud-Kivu.

Selon le député provincial Jean-Marie Ngoma, interrogé par l’AFP, « plus de 60 femmes » de ce village ont été victimes de viols commis par des « militaires de l’armée congolaise » dirigés par un colonel, ancien milicien Maï Maï, qui se sont enfuis d’un centre militaire.

Jeuneafrique.com avec AFP